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Il veut légaliser la chasse à l’écureuil au Québec

Martin Poirier, un étudiant de l’Université de Montréal, est surtout un adepte de la chasse au chevreuil et à l’orignal.
Photo courtoisie Martin Poirier, un étudiant de l’Université de Montréal, est surtout un adepte de la chasse au chevreuil et à l’orignal.

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Un jeune chasseur revendique la légalisation de la chasse à l’écureuil au Québec en faisant valoir que la viande de cette espèce populeuse est hautement nutritive.

« On peut déjà chasser le lièvre, le lapin, la perdrix... mais je vois des écureuils partout et on ne peut pas les chasser ! » s’insurge Martin Poirier.

Plus abordable

Cet étudiant en sciences politiques à l’Université de Montréal vient de lancer une pétition sur le site de l’Assemblée nationale pour exhorter le gouvernement du Québec à légaliser la chasse à l’écureuil.

Son initiative est parrainée par le député caquiste de Masson, Mathieu Lemay, aussi porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’environnement, de développement durable, de faune et de parcs. Ce dernier précise toutefois que cet appui ne signifie rien quant à la position de la CAQ.

Selon Martin Poirier, ce changement de règlement permettrait aux amateurs de chasse de pratiquer leur passe-temps de façon plus simple et abordable.

« La chasse à l’orignal, au chevreuil ou à l’ours, ça prend beaucoup d’argent, de temps et de préparation, constate l’homme de 21 ans. Tandis que pour l’écureuil, je pourrais prendre ma petite carabine, faire 45 minutes de route et me faire une sortie de chasse d’une après-midi dans le bois. »

Le jeune homme de Mascouche explique que, selon ses recherches, aucune raison n’explique l’interdiction de chasser ce petit gibier à la reproduction prolifique, dont la viande est comestible.

« Au Royaume-Uni, l’écureuil est un mets de gourmet, note-t-il. Et aux États-Unis, il y a aussi beaucoup de grands restaurants qui le mettent à leur menu. »

Au Canada, cinq provinces autorisent déjà la chasse à l’écureuil.

L’Ontario accepte que cinq rongeurs soient tués par jour par personne, alors qu’au Manitoba, à l’Île-du-Prince-Édouard, en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse la réglementation ne fixe aucune limite.

M. Poirier ajoute que si le gouvernement acceptait sa proposition, des experts seraient assurément consultés afin de déterminer dans quelles zones et à quels moments de l’année cette chasse serait permise pour ne pas nuire à l’écosystème.

« On ne va pas commencer à tirer des écureuils dans les parcs à Montréal ! » assure-t-il.

Viande protéinée

La microbiologiste alimentaire Hélène Thiboutot confirme que la viande d’écureuil est « tout à fait comestible », en plus d’être particulièrement protéinée et faible en gras.

« Évidemment, ça dépend toujours de ce que mange l’animal, précise-t-elle. Si vous me dites que vous avez abattu un écureuil dans votre ruelle, au coin de Sainte-Catherine, je n’en mangerai pas. Mais dans la nature sauvage, je n’aurais aucun problème. »

Mme Thiboutot mentionne que l’écureuil peut être porteur de maladies, mais que c’est aussi le cas de tous les autres rongeurs.

« Les chasseurs savent reconnaître si un animal a des maladies ou des anomalies », souligne-t-elle.

« L’équilibre écologique »

La microbiologiste estime que la chasse à l’écureuil serait probablement bénéfique pour l’« équilibre écologique » puisque cette espèce est très nombreuse dans la province.

« Plus il y a d’animaux présents par kilomètre carré, plus le risque de maladie est élevé puisque la nature va faire une certaine sélection naturelle, indique-t-elle. Au Québec, on n’a pas assez de coyotes ni de loups pour gérer la population d’écureuils, donc je peux comprendre qu’on veuille faire un certain élagage. »

Une viande nutritive

Calories (kCal)

Bœuf:  209
Poulet: 222
Écureuil: 102


Protéines (g)

Bœuf:  31
Poulet: 18
Écureuil: 22


Lipides (g)

Bœuf:  9
Poulet: 4
Écureuil: 0,7