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Minecraft, un jeu vidéo à l’énorme potentiel éducatif

Une nouvelle étude québécoise révèle une vingtaine d’avantages pédagogiques

Minecraft école
Photo courtoisie Deux élèves de l’école primaire Paul-Jarry, à Montréal, ont réalisé une réplique du Titanic à l’aide du jeu vidéo Minecraft.

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Le jeu vidéo Minecraft est un « outil à potentiel éducatif exceptionnel » qui pourrait carrément transformer la petite école, selon une nouvelle étude.

«On a découvert presque 25 avantages éducatifs à Minecraft. On est assez impressionnés», indique Thierry Karsenti, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication en éducation.

Motivation

Deuxième jeu le plus populaire de tous les temps après Tetris, Minecraft permet à ses utilisateurs de construire tout ce qu’ils souhaitent à partir de cubes pixélisés, de la même manière qu’avec des Lego.

Ayant vu le jour à la fin de l’année 2016, une version adaptée à l’école, Minecraft Education, est utilisée notamment aux États-Unis et en Suède pour enseigner la science, la planification urbaine ou une nouvelle langue.

Tout au long de la dernière année scolaire, 118 élèves de la 3e à la 6e année du primaire, provenant de deux écoles défavorisées de Montréal, ont utilisé Minecraft en classe dans le cadre d’une étude exploratoire menée par le professeur Karsenti et le chercheur postdoctorant Julien Bugmann.

Les enfants suivaient un programme scolaire comprenant 30 tâches à réaliser, regroupées en 10 niveaux de difficulté. Ils devaient par exemple construire une maison, apprivoiser un animal et recréer une sculpture existante.

«En plus de générer beaucoup d’enthousiasme de la part des élèves, le jeu leur a permis de développer toutes sortes de compétences, transposables dans l’ensemble des matières scolaires», mentionne M. Karsenti.

Parmi ces compétences, on compte notamment une plus grande créativité, une meilleure capacité en résolution de problèmes et des habiletés accrues en mathématiques, en histoire et en anglais.

Thierry Karsenti, <i>chercheur</i>
Photo courtoisie
Thierry Karsenti, chercheur

«On s’est aussi rendu compte que le fait de jouer à Minecraft rendait les jeunes plus intéressés à l’école de façon globale, note Thierry Karsenti. Quand on regarde le taux de décrochage scolaire au Québec, on peut penser qu’un jeu comme celui-là pourrait peut-être aider les jeunes à rester plus longtemps sur les bancs d’école.»

Avant que Thierry Karsenti entre en contact avec la directrice de l’école primaire Paul-Jarry, Christine Jost, cette dernière ne connaissait rien de ce jeu vidéo. Elle a tout de même accepté de lancer une activité parascolaire pour que des élèves de son école puissent prendre part à l’étude du professeur de l’Université de Montréal.

Succès

«M. Karsenti nous avait dit que ce serait très vendeur auprès des élèves et il avait raison! dit Mme Jost. On a démarré un premier groupe parascolaire à la fin de l’automne, et les inscriptions ont été très nombreuses. Les enfants se sont rués vers cette activité-là ! Presque tout de suite, on a ouvert un deuxième groupe, puis un troisième, pour un total d’une soixantaine d’élèves.»

Le projet a été un succès sur toute la ligne, si bien que, l’an prochain, des licences Minecraft pour les 320 élèves de l’école primaire seront mises à la disposition des enseignants.

«Les élèves ont réalisé qu’en collaborant, ils étaient capables de bâtir plus de choses, fait valoir Christine Jost. Je vois là-dedans un impact sur le travail en communauté, une compétence importante au 21e siècle.»