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Les procureurs de retour sur les bancs d’école

Les avocats vont parfaire leur art à l’École des poursuivants

École des poursuivants
Photo Chantal Poirier Me Annick Murphy, la grande patronne du Directeur des poursuites criminelles et pénales [DPCP], a participé à la formation d’une centaine de procureurs qui sont venus compléter leurs connaissances récemment à l’École des poursuivants à Nicolet.

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NICOLET | Même s’ils font condamner les pires criminels de la province à longueur d’année, des centaines de procureurs sont retournés dans les salles de classe ces derniers jours afin de parfaire leur expérience.

« À l’École des poursuivants, nos procureurs suivent des cours intensifs, ça leur permet de gagner de l’expérience, mais aussi de partager leurs expertises », explique Me Annick Murphy, la grande patronne du Directeur des poursuites criminelles et pénales [DPCP].

Ainsi, comme à chaque année depuis 15 ans, des procureurs de la Couronne se déplacent à l’École nationale de police du Québec à Nicolet, qui est prêtée aux procureurs pour l’occasion.

Pendant deux semaines, ils dorment sur place et mangent à la cafétéria, comme dans un camp de vacances.

Affronter un jury

Mais les programmes ne sont pas une partie de plaisir, prévient Me Murphy. Les classes commencent à 8 h 30, et se poursuivent jusqu’à 17 h. Les soirées sont réservées aux échanges entre les procureurs de tous les districts judiciaires

Les nouveaux procureurs de la Couronne ont une formation obligatoire, tandis que ceux d’expérience assistent plutôt à des cours spécialisés.

La semaine dernière, lors de la visite du Journal, une douzaine de procureurs expérimentés suivaient un cours sur les procès devant jury.

Parmi les formateurs figuraient Me Louis Bouthillier, qui avait fait condamner Luka Rocco Magnotta en 2014, ainsi que Me René Verret, qui a contribué à la condamnation de l’ex-cardiologue Guy Turcotte pour le meurtre de ses enfants.

« La plupart des procureurs dans cette classe n’ont jamais procédé devant jury, explique Me Murphy. Il y a des exercices pratiques, c’est du sérieux et ils doivent arriver préparés. »

Dans les autres salles de classe, les procureurs suivent des cours sur la contrefaçon, les crimes économiques ou encore la preuve par experts. Des formations sur la gestion des projets d’envergure et sur la divulgation de la preuve sont aussi données.

Il y a quelques jours, un juge a d’ailleurs sermonné la Couronne pour « la communication de preuve tardive et ardue » dans un dossier. Ce n’était pas la première fois que des procureurs faisaient face à la critique, entre autres dans le procès SharQc aux dépens des Hells, et qui a fini en queue de poisson.

Pour les victimes

Et dans toutes les formations, un accent particulier est mis sur l’accompagnement des victimes dans le processus judiciaire, tient à souligner Me Murphy.

« C’est un aspect extrêmement important, et c’est une de nos obligations en tant que procureurs », conclut-elle.

 

Exemples de formations

  • Infractions d’agression et d’exploitation sexuelle
  • Poursuites relatives à la conduite automobile sous l’effet de l’alcool ou de la drogue
  • Contrefaçon de billets de banque : détection et considérations juridiques
  • Techniques de plaidoirie et de contre-interrogatoire