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«Pieuvres thérapeutiques» pour prématurés

Imprégnées de l’odeur des parents, elles rassurent les bébés incubés à l’Unité néonatale du CHUL de Québec

Julien Regnière, âgé de deux semaines, né le 29 mai au Centre hospitalier de Trois-Rivières à 34 semaines.
Photo courtoisie Julien Regnière, âgé de deux semaines, né le 29 mai au Centre hospitalier de Trois-Rivières à 34 semaines.

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Âgés d’à peine quelques semaines, les bébés prématurés de l’Unité néonatale du CHUL de Québec peuvent maintenant « s’accrocher » à des petites « pieuvres thérapeutiques » imprégnées de l’odeur de leurs parents et qui rappellent le cordon ombilical.

« Les tentacules permettent au bébé de s’y accrocher, lorsque les infirmières doivent donner des soins stressants comme l’intubation pour un gavage ou un prélèvement de sang », indique Isabelle Taquet, infirmière et instigatrice du groupe de bénévoles qui les fabrique à Québec. « Nous faisons des tentacules de différentes grosseurs pour que le bébé reconnaisse le diamètre du cordon ombilical. Ça rassure le bébé quand le parent n’est pas là », ajoute-t-elle.

Présentement à l’essai, le nouveau projet du groupe appelé « Les amis de Rosalie » gagne en popularité au sein de l’Unité néonatale du CHUL.

150 pieuvres

Lancé en mars, le groupe notamment composé de jeunes mamans et de retraités rejoint maintenant près de 400 membres, qui confectionnent ces petites bêtes au crochet, à leurs frais, question d’apporter un peu de réconfort aux « bébés plumes » dans leur incubateur.

À l’échelle de la province, un autre groupe de plus de 1600 personnes, Petites pieuvres Québec, s’adonne aussi à la fabrication de ces pieuvres, distribuées également au CHUL de Québec, en plus des centres hospitaliers de Sept-Îles, Saint-Jean-sur-Richelieu et Gatineau.

« Nous avons fabriqué plus de 150 pieuvres jusqu’à maintenant, mais nous sommes en ajustement, selon les commentaires des infirmières et des parents », soutient Mme Taquet, précisant que les pieuvres ont été préalablement approuvées et testées par le département de néonatologie.

Selon elle, chaque pieuvre nécessite au moins cinq heures de travail. Si un parent désire en faire l’essai, il doit se soumettre à quelques règles d’hygiène.

Pour Nadia Pettigrew, nouvelle maman des jumeaux Coralie et William, qui est né avec un important retard de croissance, la petite pieuvre a été bénéfique lors de son hospitalisation de près de quatre mois, durant laquelle il a dû subir une opération.

William, né à 31 semaines au CHUL de Québec le 23 février, ne pesait que 2 lb à sa naissance. Sa mère estime que la pieuvre a aidé à le calmer lors des interventions en incubateur.
Photo courtoisie
William, né à 31 semaines au CHUL de Québec le 23 février, ne pesait que 2 lb à sa naissance. Sa mère estime que la pieuvre a aidé à le calmer lors des interventions en incubateur.

« C’est encore méconnu, mais il la prenait chaque fois qu’on la mettait dans l’incubateur », raconte-t-elle, en parlant de son poupon, qui ne pesait que 2 lb à la naissance. « William avait beaucoup de fils sur lui et ça évitait qu’il tire dessus. En plus, on nous conseillait de dormir avec quelques jours avant pour que ça prenne notre odeur », raconte-t-elle.

C’est en surfant sur les réseaux sociaux que l’infirmière a pris connaissance de cette initiative déjà populaire en Europe.