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Un rêve de jeunesse pour Luc Besson

Les aventures de Valérian et Laureline, une bande dessinée, a marqué son imaginaire dans les années 1970

Valérian et la cité des mille planètes est le film le plus ambitieux du cinéaste français Luc Besson.
Photo Courtoisie JESSICA FORDE Valérian et la cité des mille planètes est le film le plus ambitieux du cinéaste français Luc Besson.

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C’est le projet d’une vie pour Luc Besson. Le célèbre cinéaste français rêvait depuis une vingtaine d’années de porter au grand écran les aventures de Valérian et Laureline, une série de bandes dessinées de science-fiction qui a marqué sa jeunesse. Et il a pris les grands moyens pour le faire en réalisant le film le plus coûteux de l’histoire du cinéma européen.

Luc Besson (Lucy, Le Cinquième Élément, Nikita) poussera certainement un soupir de soulagement quand son Valérian et la cité des mille planètes prendra l’affiche aux quatre coins de la planète le 21 juillet prochain. Tourné avec un budget de 197 millions d’euros (soit environ 290 millions de dollars canadiens), ce film très ambitieux représente, pour lui, de nombreuses années de réflexion et de travail acharné.

Si Besson a grandi en lisant les aventures de Valérian et Laureline (une série d’albums de science-fiction très populaire dans les années 1970 et 1980), ce n’est qu’il y a 20 ans qu’il a eu l’idée d’en faire un film.

« Le premier à m’avoir parlé de cette idée a été le dessinateur de Valérian, Jean-Claude Mézières, avec qui j’avais travaillé sur le plateau de mon film Le Cinquième Élément (en 1997), évoque Besson, rencontré le mois dernier lors d’une visite éclair à Montréal.

« Jean-Claude m’avait dit : pourquoi t’es en train de faire ce film pourri et tu ne fais pas Valérian à la place. Il est le premier à m’avoir mis la puce à l’oreille. Je n’y avais jamais pensé avant parce que Valérian faisait partie de mon enfance et que c’était en moi. Puis, en me replongeant dans les bandes dessinées, je me suis dit que c’était impossible à faire à ce moment-là parce que la technologie ne le permettait pas. Il a vraiment fallu attendre près de 10 ans pour me dire : peut-être que ce sera possible dans cinq ans, alors commençons à écrire. »

Les acteurs Dane DeHaan et Cara Delevingne incarnent les agents spatiotemporels Valérian et Laureline dans le film de science-fiction 
Valérian et la cité des mille planètes.
Photo courtoisie
Les acteurs Dane DeHaan et Cara Delevingne incarnent les agents spatiotemporels Valérian et Laureline dans le film de science-fiction Valérian et la cité des mille planètes.

 

L’effet Avatar

En 2009, Luc Besson avait réussi à accoucher d’un scénario de Valérian qui lui plaisait. Mais en découvrant ce qu’avait accompli James Cameron avec Avatar, le cinéaste français a de nouveau tout remis en question.

« J’ai décidé de changer tout mon scénario après avoir vu Avatar, confie-t-il. Parce que James Cameron a ouvert des portes. Avant la sortie d’Avatar, on ne savait pas que c’était possible d’aller jusque-là sur le plan technologique. Il a ouvert les champs de possibilités pour la technologie des effets visuels, comme George Lucas l’avait fait il y a 40 ans avec Star Wars. C’est bien d’être le petit frère des autres qui profite des avancées de ses aînés ! »

L’intrigue de Valérian et la cité des mille planètes se déroule au 28e siècle. On y suit les aventures des agents spatiotemporels Valérian (Dane DeHaan) et Laureline (Cara Delevingne) qui ont pour mission de protéger la cité intergalactique Alpha, une mégalopole constituée de milliers d’espèces différentes issues des quatre coins de l’univers.

Pour le scénario de son film, Besson s’est inspiré de l’intrigue du sixième album de la série, L’ambassadeur des ombres, paru en 1975.

« J’ai choisi précisément cet album pour son histoire, explique Besson. Elle a une dimension humaine et écologique très intéressante. Ça parle beaucoup de l’humanité et des êtres humains. Au 28e siècle, quand on est confronté à des races différentes d’extraterrestres, on s’aperçoit que les êtres humains ne sont pas forcément les meilleurs. »

Une scène du film.
Photo courtoisie
Une scène du film.

 

2734 plans truqués !

Même s’il a souvent été aux commandes de grosses productions dotées de budgets très importants, Valérian est le projet le plus ambitieux de Luc Besson à ce jour. « Et de loin ! » souligne le réalisateur en riant.

« Le Cinquième Élément était aussi très ambitieux à l’époque. Mais il y avait 188 plans truqués dans Le Cinquième Élément. En comparaison, dans Valérian, il y en a 2734 ! Ça donne un peu une idée de la taille des deux. Je crois que je n’aurais pas pu faire Valérian plus tôt dans ma carrière, même avant Lucy. Parce que dans Lucy, il y a quand même 500 plans d’effets visuels. Ça m’a permis de me familiariser avec cette façon de faire du cinéma. »


Valérian et la cité des mille planètes prendra l’affiche au Québec le 21 juillet.

Besson encense le studio Rodéo FX

Le studio québécois Rodéo FX fait partie des trois compagnies d’effets visuels qui ont été recrutées par Luc Besson pour signer les nombreux effets spéciaux du film Valérian et la cité des mille planètes.

Rodéo FX sera en très bonne compagnie au générique du film puisque les deux autres entreprises choisies par Besson sont les réputées Weta Digital (la compagnie d’effets visuels de Peter Jackson) et Industrial Light & Magic (la firme de George Lucas) 

Les meilleurs au monde

Luc Besson dit avoir voulu faire affaire avec ces trois compagnies parce qu’il les considère comme les meilleures au monde. En entrevue au Journal, il a d’ailleurs vanté les mérites de Rodéo FX.

« J’avais déjà travaillé avec Rodéo sur Lucy et ça s’était très bien passé, a-t-il rappelé. Ils avaient notamment fait la poursuite de voitures dans Paris et je trouve qu’ils avaient fait un travail remarquable. Il y a plus de 2700 plans dans le film, alors une seule compagnie d’effets visuels ne pouvait pas tout faire. On a essayé de partager le travail en fonction des spécialités de chacun. Rodéo est très bon dans tout ce qui est mécanique, donc je leur ai confié tous les vaisseaux spatiaux et la station Alpha. Et ils ont fait un super travail. »

À propos de Valérian :

  • Le budget de Valérian et la cité des mille planètes est de 197 millions d’euros, soit environ 290 millions de dollars canadiens. Il s’agit du plus gros budget de l’histoire du cinéma européen.
  • Le tournage du film s’est échelonné sur près de huit mois. Il a eu lieu à la Cité du cinéma de Saint-Denis, à Paris. Plus de 950 techniciens ont travaillé sur le plateau de tournage et environ 900 personnes ont travaillé ensuite sur les effets visuels du film.
  • Selon le magazine BFM Business, qui a réussi à mettre la main sur le budget détaillé de Valérian, Luc Besson touchera un salaire de 5,25 millions d’euros pour la réalisation et la scénarisation de son film. Il est ainsi devenu le cinéaste français le mieux payé de l’histoire.
  • Valérian et la Cité des mille planètes est une adaptation libre de la série de bandes dessinées Valérian et Laureline du scénariste Pierre Christin et du dessinateur Jean-Claude Mézières. Le film s’inspire principalement du sixième album de la série, L’ambassadeur des ombres, paru en 1975.
  • Depuis la parution du premier tome, en 1970, les albums Valérian et Laureline se sont vendus à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde et ont été traduits dans une vingtaine de langues.