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Michel Fugain au FEQ: «Qu'est-ce que vous en avez à foutre des chanteurs français?»

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Les chanteurs français n’ont plus la cote au Québec. Et c’est très bien ainsi, affirme Michel Fugain.

Dans une entrevue accordée au Journal lundi matin, quelques heures après son concert au parc de la Francophonie, l'interprète de Bravo monsieur le monde n'a pas semblé contrarié du tout quand on lui a fait remarquer qu'elle était bien loin l'époque où les Sardou, Duteil et plusieurs autres grandes voix de France faisaient courir les foules au Québec.

Dans ce désintérêt des Québécois envers la chanson populaire française, il voit plutôt une forme d'émancipation qui est «normale et souhaitable» même s'il estime qu'elle arrive tardivement.

«Vous ne parlez pas français, vous parlez le québécois. Et le québécois est justifié ici. Il y a une génération qui a arrêté de faire référence à la France et qui milite pour une culture québéco-québécoise. Qu'est-ce que vous en avez à foutre des Français qui viennent chanter leurs chansons, qui ne parlent pas forcément de la société québécoise, si c'est au prix d'une évolution et d'un vrai épanouissement avec une langue qui est la vôtre?»

Presque un Québécois

Pour sa part, Michel Fugain a connu la belle époque. Depuis 1969, il se passe rarement une année sans qu'il vienne nous voir. Il se plaît à rappeler qu'il a tenu l'affiche 21 soirs consécutifs à la salle Wilfrid-Pelletier.

«Avec le Big Bazar, cela a tellement fonctionné que je pense qu'il y a des Québécois qui pensaient que nous étions un groupe québécois», blague-t-il.

Pourquoi un tel attachement? Fugain rejette l'idée que le succès de ses chansons constitue la seule explication. «Ça ne suffit pas. Ce n'est pas un attachement aux chansons, sinon ce serait considérablement réducteur. Je suis un être humain moi, pas plus. C'est plutôt la façon dont on se balade dans ce pays, dont on aime les mêmes choses, l'amour de la nature qui est à peu près général. Tout ça contribue, quoi.»