/news/health
Navigation

Abolition des frais accessoires: les demandes de remboursement explosent

Plus d'une centaine de médecins font l'objet d'une dénonciation officielle

Coup d'oeil sur cet article

Six mois après l’abolition des frais accessoires, les téléphones de la Régie de l’assurance maladie du Québec ne dérougissent pas. À ce jour, la RAMQ compte près de 3 000 appels de patients qui se questionnent sur la légalité de la facture refilée par leur médecin.

En mars dernier, TVA Nouvelles avait contacté l’organisme gouvernemental pour connaître le nombre de dénonciations visant des professionnels de la santé qui imposaient encore des frais accessoires, malgré l’interdiction. Alors que 34 médecins étaient sous la loupe à ce moment-là, ils sont plus d’une centaine aujourd’hui à faire l’objet d’une dénonciation officielle. Les demandes de remboursement explosent.

En trois mois, elles sont passées de 1 300 à plus de 2 700. La RAMQ doit toutes les vérifier pour déterminer leur validité.

Notre équipe s’est rendue près d’un hôpital et d’une clinique de la ville de Québec. Sur place, nous avons rencontré des patients qui se posent bien des questions sur les frais qui leur sont toujours exigés.

«Présentement, il y a beaucoup de confusion, a dit l’un d’entre eux. Il faudrait peut-être plus de publicité, des campagnes de renseignements.»

Un autre patient affirme qu’il a dû payer 60 $ à sa clinique dernièrement pour un examen lié à son diabète.

«Je suis déçu de l’attitude de certains médecins qui continuent d’abuser du système et de la bonne foi des Québécois qui payent déjà grassement pour un réseau de la santé qui devrait leur être accessible gratuitement», a déploré Pierre Blain, du Regroupement provincial des comités des usagers.

Son organisation réfère régulièrement des cas litigieux à la RAMQ.

«Dans tous les cas que nous avons vus, nous étions convaincus que c’était des frais accessoires qui ne devaient pas être chargés aux patients», a-t-il dit.

Plusieurs dossiers concernaient des examens optométriques. Le Conseil pour la protection des malades reçoit aussi encore plusieurs appels au sujet de factures douteuses.

«Ça démontre encore une fois une autre patente, qui est super belle lorsqu’elle est annoncée: on va abolir les frais accessoires! Mais ce ne sont pas tous les frais accessoires et surtout pas ceux que beaucoup de citoyens réclament encore, comme des rapports, des échographies ou des scans», a dénoncé Paul Brunet.

Pour l’instant, impossible de savoir ce qu'il adviendra des médecins délinquants. La RAMQ pourra seulement dévoiler les sanctions au terme de la reddition de compte de l’année financière 2017-2018, soit en mars prochain.