/entertainment/shows
Navigation

Un pari remporté

Coup d'oeil sur cet article

La plus récente création du collectif montréalais Les 7 doigts de la main est un véritable tour de force. Intitulé Vice & Vertu, ce parcours immersif d’une durée de 3 heures vous en fera voir de toutes les couleurs grâce à sa proposition singulière alliant théâtre, cirque, projections et musique. Voici les éléments qui, selon nous, contribuent au succès de cet exercice des plus audacieux.

Historique

Dans les cinq tableaux présentés par la troupe, le public est invité à suivre des personnages qui ont marqué l’histoire de Montréal, principalement durant les années 1930 à 1960, au moment où le Red Light faisait vibrer les uns et trembler les autres. Parmi les plus marquants, on compte le procureur Pacifique Plante, la « emcee » (maître de cérémonie) Texas Guinan (excellente !), la danseuse burlesque Lili St-Cyr (qui offrira non pas un, mais deux numéros d’effeuillage) et l’animateur Armand Monroe, figure importante de la scène gaie dans les années 50-60. Une belle place est aussi réservée aux féministes qui se sont battues pour l’égalité des sexes et le droit de vote des femmes. Parions que plusieurs spectateurs seront curieux d’en apprendre davantage sur le passé de la ville après ce palpitant voyage dans le temps.

Immersif

Nous avons eu l’impression d’avoir mis les pieds dans une machine à voyager dans le temps, et ce, dès notre arrivée à la Société des arts technologiques (SAT). Au rez-de-chaussée, mais également dans la queue devant la salle, les personnages qui façonnent le spectacle se mêlent au public et se permettent même d’interagir avec lui. Les spectateurs sont d’ailleurs invités à revêtir leurs habits d’époque pour l’occasion, question d’ajouter une dose de réalisme à l’expérience. De plus, nous avons eu le loisir de circuler à travers les décors et d’observer les acrobates de très près, un rare privilège...

Acrobaties

Le théâtre et les personnages, c’est bien beau, mais que dire des acrobaties ? Eh bien, elles nous ont époustouflés. Le numéro de pole dancing réalisé sur un lit baldaquin par trois acrobates (sous le regard ébahi d’un spectateur installé dans le lit) était sublime, tout comme le numéro de cerceau aérien présenté dans un oratoire Saint-Joseph simulé grâce à la magie du dôme de la SAT et de ses projections. Parmi nos coups de cœur, on compte aussi le numéro de bataille dans la maison de jeu, physique et dynamique à souhait, qui nous en a mis plein la vue. Mentionnons également la démonstration de mât chinois, présentée sous la structure du pont Jacques-Cartier, dans le dôme de la SAT. Ce numéro de groupe, comme bien d’autres, d’ailleurs, est une réussite.

Musique live

La plupart des tableaux sont accompagnés de musique live, gracieuseté de quatre musiciens qui ont principalement donné dans le jazz et le swing, durant la soirée. Cet ajout, loin d’être banal, contribue grandement à l’aspect immersif du spectacle en accentuant le réalisme de l’ambiance des cabarets, notamment.

Soulignons la participation de la chanteuse Betty Bonifassi qui, après avoir incarné la tenancière de bordels Anne-Labelle Beauchamps, nous a offert quelques chansons en fin de parcours.

Quelle magnifique façon de terminer la soirée, numéro de boîtes à cigares en prime !

Le verdict

Le pari était risqué pour Les 7 doigts de la main, mais grâce à ses artisans polyvalents et à son génie créatif, la compagnie a réussi à nous faire vivre une expérience des plus divertissantes et instructives. Certes, le spectacle est long, mais si vous êtes prêts à les suivre, les artistes feront en sorte que votre soirée filera à la vitesse de l’éclair.

À voir absolument, à la SAT, jusqu’au 6 août. Réservé aux 18 ans et plus.