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Faut créer Air-Québec

Anglade
Photo d’archives, Simon Clark

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Mettre fin à l’immobilisme et aux dogmes

D’emblée, je le dis, le gouvernement du Québec doit créer Air-Québec, Pharma-Québec, Pétro-Québec, la Banque du Québec, et arrêter de privatiser, au profit de petits et de gros opportunistes, nos services et instruments collectifs comme la santé, les garderies, l’éducation, les autoroutes, les ponts, Hydro-Québec, la SAQ, Loto-Québec, etc. La privatisation, la sous-traitance et les fameux partenariats public-privé (PPP) ne font qu’enrichir une minorité, appauvrir la majorité et l’État et, constituent une porte grande ouverte à la corruption, la collusion et l’évasion fiscale.

Le patronat sera d’accord avec moi, du moins je le crois

Je crois que, pour une fois, le patronat sera entièrement d’accord avec moi ainsi qu’avec mes recommandations très pragmatiques qui mettront fin à l’immobilisme au Québec. La création de ces quatre nouvelles sociétés de propriété collective permettra aux Québécois de s’extirper de la dictature de transnationales pharmaceutiques, pétrolières, aériennes, bancaires et autres, en plus de les rendre plus libres.

Si le patronat a trouvé que l’illumination du pont Jacques-Cartier au coût de «seulement» 40 millions de dollars en fonds publics représentait «Un projet aux multiples retombées et un symbole de notre audace» (Le Journal de Montréal, 16 mai 2017), quel superlatif sera utilisé pour qualifier mes projets de création de richesse collective? Assuré que je vais recevoir une invitation V.I.P. pour prononcer une allocution à la Chambre de commerce. Et je vais encore une fois faire des jaloux.

Les sophismes de la ministre Anglade

Je vous en prie, mes amis, n’ayons pas peur des mots : la ministre libérale de l’Économie, madame Dominique Anglade a plus que tourné les coins ronds face aux questions du journaliste du Journal de Montréal, Philippe Orfali, quant à la cession des trois avions d’Hydro-Québec et à la subvention accordée, c’est-à-dire un don 45 millions de dollars à l’arriviste Serge Larivière (associé d’Alexandre Taillefer dans certaines affaires), afin de créer une compagnie d’aviation régionale «privée», mais presque exclusivement alimentée de fonds et de biens publics. Vraiment édifiant et hallucinant de remettre notre argent et nos actifs à un individu sans aucune expérience dans la gestion de compagnie aérienne et qui a très peu de ressources financières. Un autre fabuleux «projet de société» très emballant émanant du PLQ.

Quelques tactiques de la ministre

Premièrement, oh surprise, Dominique Anglade, elle qui habituellement court après les micros et les caméras, a refusé d’accorder une entrevue au Journal de Montréal. La ministre adopte le même comportement déplorable que Donald Trump. Elle est sélective quant au choix des médias qu’elle choisit pour s’épandre. Des médias complaisants, c’est que ce que la dame recherche.

Dans ses tactiques de tergiversation, la ministre Anglade a essayé de prendre le journaliste et la population pour des imbéciles en disant qu’il ne s’agissait pas d’une subvention, mais bel et bien d’un prêt. Prêt? Mon œil! Comme on le sait, le PLQ est tellement entiché du privé, pourquoi n’a-t-il pas alors référé l’affairiste à une banque privée pour son «prêt» de 45 millions de dollars? Elle sait bien qu’aucune institution financière privée n’est assez cinglée pour effectuer un tel prêt, comme ce fut le cas pour Bombardier, la Cimenterie McInnis, Pétrolia, Junex et compagnie. Pas grave, ce sont juste des fonds publics pigés dans vos poches en cette période d’austérité. Austérité à géométrie variable, il faut bien l’admettre.

Prêt qu’a dit Dominique Anglade alors que les documents gouvernementaux obtenus par le Journal de Montréal font état d’une subvention : «Le projet de transfert des 3 avions d’Hydro "à l’étude". La ministre Anglade refuse de commenter davantage» (Le Journal de Montréal, 4 juillet 2017).

Respect des accords de commerce internationaux

Madame Anglade juge par ailleurs qu’il est «évident» que la proposition devra «respecter les accords de commerce internationaux auxquels le Québec souscrit» (Le Journal de Montréal, 4 juillet 2017). Eh ben : «Les documents dont Le Journal détient copie démontrent qu’au contraire son ministère était prêt à faire fi de cet élément pour que le projet décolle». Si on ne peut pas dire que c’est un mensonge, alors tout le monde dit la vérité en tout temps.

Où sont les études de rentabilité du projet?

Je mets au défi Dominique Anglade de rendre publique les études qu’elle doit bien avoir effectuées ou qu’elle aurait dû réaliser pour un projet d’une telle ampleur négocié en secret, en catimini de gré à gré, sans appel d’offres avec le monsieur néophyte. Facile pour la ministre d’allonger des millions en fonds et en biens publics quand ce n’est pas son argent. Elle-même aurait-elle investi ses propres deniers dans cette patente? Faudrait que le PLQ arrête de prendre les études économiques des lobbyistes dans leur prise de décision. Les libéraux se sont fait rouler dans la farine avec les promesses d’ivrogne formulées par les acheteurs étrangers lors de la vente de Provigo, Alcan, Rona, etc.; la population s’est fait avoir avec les autoroutes et les ponts privés (25 et 30) intensément subventionnés par l’État; le ministre de la Santé, Gaétan Barette, admet que l’on paie beaucoup trop cher pour nos médicaments «privés»; le PLQ et le PQ se sont fait endormir au gaz, mais de façon constante, par les bineries pétrolières Pétrolia, Gastem et Junex qui nous font chanter et qui réclament maintenant des millions de dollars en «dédommagement» dans l’affaire Anticosti; les privatisations d’Air Canada et du Canadien National qui ont créé des monopoles «privés» qui dictent leurs lois aux élus comme dans le cas des trains de banlieue et du pont de Québec; la sous-traitance à des firmes de génie-conseil et à des constructeurs privés qui ont semé beaucoup de corruption et qui ont coûté des milliards de dollars à la population et aussi la fermeture cavalière de la raffinerie Shell à Montréal qui a refusé toutes les offres d’achat afin de favoriser son emprise monopolistique et qui s’est moqué du ministre libéral «senior des Finances» de l’époque, Raymond Bachand, recyclé à lobbyiste pour Bombardier et administrateur à la Banque Nationale en ignorant totalement ses mises en garde : «Refus des offres. Shell doit s’expliquer, estime Québec» (Le Devoir, 14 juin 2010). Elle est bien bonne celle-là. Ce n’est certainement pas l’ex-ministre libéral des Finances Raymond Bachand qui va «énarver» la direction de la transnationale Royal Dutch Shell. La mise en demeure de Bachand a plutôt servi de papier d’allumage.

Créer un monopole privé régional d’aviation

Une fois reçus pour pas grand-chose, les trois avions d’Hydro-Québec et les 45 millions de dollars en subventions, faut être petits pour nous faire accroire que, devenu un monopole privé d’aviation, les nouveaux propriétaires seront d’une éthique exemplaire et ne feront jamais de chantage auprès des gouvernements pour obtenir toujours plus de fric public afin de ne pas hausser le prix des billets d’avion et les tarifs pour transporter les employés d’Hydro-Québec et les Inuits. Agir de la sorte, c’est se jeter volontairement dans la gueule du loup. La façon secrète que cette affaire abracadabrante et intégralement farfelue a été menée par Dominique Anglade, à laquelle il faut ajouter les entourloupettes, appelle à la démission de ladite ministre. Dans le privé, madame Anglade aurait-elle gardé sa job pour avoir accouché d’une telle grossièreté économique?

Le cas des autoroutes privées 25 et 30

Vous voulez savoir ce que ça donne de céder des biens publics à des monopoles privés subventionnés à l’os? Eh bien, lisez ceci : «Hausse du péage (60% en deux ans) sur l’A30. Les camionneurs réclament l’intervention du ministre des Transports» (La Presse, 9 janvier 2015). Naturellement le ministre libéral n’est pas intervenu. Et puis, il y a celle-ci : «Pont de l’autoroute 25. Un deuxième recours collectif autorisé» (La Presse, 8 juin 2015). Même si on appointait toutes les preuves blindées au PLQ, ça ne changera rien. Ce parti politique a en sainte horreur notre solidarité qui s’exprime par la propriété collective de nos services et instruments publics. Après leur carrière politique, les ex-libéraux se trouvent toujours un emploi bien rémunéré dans le privé même s’ils n’ont souvent pas les compétences voulues pour l’emploi. Pourquoi donc d’après vous?