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Les Nordiques: une option en moins

NHL/
Photo d'archives Le nom de la ville de Québec ne figure pas dans le vocabulaire du commissaire de la LNH Gary Bettman ni dans celui de Donald Fehr, grand manitou de l’Association des joueurs de la LNH.

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On peut enfouir les rumeurs voulant que Peter Karmanos était de passage à Québec. Que des dirigeants de Québec ont fait un court séjour en Caroline du Nord. Que les Hurricanes allaient quitter Raleigh pour s’établir dans un marché plus propice au sport du hockey, un marché avec des passionnés dans les gradins. Oubliez tout ça.

Gary Bettman, encore une fois, a gagné son pari.

On croyait qu’il « bluffait » en soulignant que des investisseurs avaient un intérêt pour les Hurricanes.

Peut-être ne disait-il pas la vérité, mais il a tout de même fait valoir son point. En plus, le prix de la vente serait de 500 millions $, le montant versé par Bill Foley pour sa formation des Golden Knights de Vegas. Donc, Peter Karmanos et son groupe obtiendraient le double de la valeur au livre de la concession, selon Forbes.

Encore dans l’attente

Et dans toute cette histoire, les Nordiques viennent de perdre une option.

Est-ce à dire que les amateurs de hockey de la grande région de Québec devront attendre encore plusieurs années? Je ne le sais plus. Sauf que le commissaire est en plein contrôle des événements. Il dit que l’expansion, c’est maintenant du passé. Qu’il y a d’autres problèmes à résoudre comme celui des Coyotes de l’Arizona. Il y a toujours le dossier de Seattle qui n’est pas sans piquer la curiosité de Bettman.

Et n’allez surtout pas lui parler d’un transfert. Ça lui donne des boutons.

Entre-temps, les revenus ont sensiblement augmenté. Sauf que la NBA a fait des progrès importants. À un certain moment, on croyait que le hockey allait supplanter le basketball, mais des revenus estimés à 7 milliards $, 2,5 milliards$ de plus que la LNH n’est pas sans causer des soucis aux penseurs du hockey professionnel.

Que se passe-t-il au juste?

A-t-on frappé un mur?

Quand la question à savoir que doit faire maintenant la LNH pour trouver d’autres sources de revenus a été posée de Donald Fehr, le grand manitou de l’Association des joueurs, sa réponse a été spontanée : « Il faudrait demander à Gary (Bettman)...

L’Europe à la place de Québec

Fehr affirme par la suite que l’Europe pourrait être une option. Que des compétitions internationales seraient aussi à envisager bien que le tournoi de la coupe du Monde n’a pas connu les succès escomptés, loin de là.

Ce qui m’a déçu chez Fehr, c’est qu’il ne mentionne pas que les décideurs du hockey professionnel devraient s’assurer que toutes les concessions sont en bonne santé, ce qui n’est pas le cas. Il n’a pas dit un traite mot sur le fait qu’une ville comme Québec, qui permettrait à la ligue d’obtenir des gains substantiels pourrait s’avérer une solution.

Fehr préfère plutôt, non sans raison remarquez bien, s’arrêter sur l’impact économique qu’exercerait l’Europe au chapître des revenus. Mais, encore là, c’est un long débat qu’un commissaire américain n’apprécie pas tellement.

Plafond salarial

Le directeur exécutif de l’Association des joueurs a aussi commenté le plafond salarial ainsi que le règlement des sommes d’argent placées en fidéocommis à partir du salaire des joueurs pour combler le manque à gagner sur les revenus projetés.

« Suis-je en faveur du plafond salarial? Vous connaissez mon opinion sur le sujet. A-t-on besoin d’un plafond salarial? Le baseball, et je peux parler en connaissance de cause, se comporte très bien. Est-il contraint à un plafond salarial? Non.

« Évidemment, le plafond salarial, les Jeux olympiques ainsi que le règlement de l’escrow seront au sujet des discussions lors des négociations entre les propriétaires et les joueurs. »

Il est évident que, dorénavant, les joueurs voudront empêcher Bettman de prendre des décisions unilatérales dans le dossier de la présence des joueurs de la LNH aux Jeux olympiques. Les joueurs n’ont qu’eux-mêmes à blâmer. Ils savaient, au moment des négociations, que les propriétaires étaient de plus en plus réticents vis-à-vis la présence de la Ligue nationale aux Jeux olympiques.

Qu’ont-ils fait? Rien du tout.

Que fera Fehr si jamais Alexander Ovechkin décide d’aller en Corée du Sud, en février 2018? « Nous en avons discuté à l’interne. Nous avons élaboré des scénarios qui demeurent confidentiels. »

Ça risque de chauffer... même s’il y a un accord entre une équipe et son joueur étoile. Mais, encore là, est-ce que la ligue adoptera une politique de deux poids, deux mesures. Ce n’est pas dans les habitudes de Bettman d’accepter des compromis et tout joueur quittant son équipe pour participer aux Jeux risque d’être interprété comme un pied de nez à Bettman.

Ça promet.