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Ça paye les banques

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Depuis le creux boursier de mars 2009, les titres des six grandes banques canadiennes ont enregistré des hausses spectaculaires alors qu’ils ont plus que quadruplé de valeur.

À la suite de la hausse, cette semaine, du taux directeur de la Banque du Canada, les titres bancaires restent-ils encore un bon placement ?

Pourquoi se poser une telle question ? Parce qu’en période d’augmentation des taux d’intérêt, les titres des banques risquent de subir davantage de pression à la baisse. Il faut savoir que le resserrement généralisé du crédit à la consommation est susceptible d’exercer des pressions à la baisse sur les demandes de prêts bancaires. Par ricochet, cela signifie que le secteur des prêts bancaires pourrait devenir moins rentable.

La mise en garde étant faite, rassurez-vous tout de suite. Ce n’est évidemment pas une hausse du taux directeur d’un quart de point qui va ralentir demain matin les prêts consentis aux entreprises et à la consommation. Mais si la Banque du Canada devait hausser son taux de plus d’un point de pourcentage d’ici les 18 prochains mois, alors là, attention !

DIVIDENDES

La grande popularité des titres bancaires est grandement attribuable à l’alléchant rendement annuel que rapportent les dividendes.

  • Banque Royale : 3,7 %
  • Banque TD : 3,7 %
  • Banque de Montréal : 3,8 %
  • Banque Scotia : 3,9 %
  • Banque Nationale : 4,2 %
  • Banque CIBC : 4,8 %

Le rendement moyen des dividendes bancaires dépasse au moins trois fois le rendement des placements conservateurs.

Or, si le taux directeur venait à grimper sensiblement, le rendement des placements conservateurs augmenterait. En devenant plus généreux, les certificats de placement garanti (CPG) et les placements à terme d’Épargne Placements Québec attireraient plus d’épargnants. Et nombre d’actionnaires des banques pourraient liquider une partie de leurs titres bancaires en vue de sécuriser leurs profits.

POTENTIEL

L’augmentation, mercredi dernier, d’un quart de point du taux directeur n’a pas eu d’impact négatif sur le cours actuel des actions des banques canadiennes.

Il faut dire qu’à l’instar de l’ensemble de la Bourse canadienne, les titres des banques végètent depuis six mois. À leur décharge, les actions des banques canadiennes avaient fortement augmenté lors des six précédents mois. Il est donc quasi « normal » de végéter après une forte appréciation des cours bancaires.

Quel est le potentiel d’appréciation des titres bancaires d’ici les 12 prochains mois ?

Chez la Financière Banque Nationale, les stratèges restent optimistes. Ils recommandent de « surpondérer » les banques dans les portefeuilles. Actuellement, les banques comptent pour 23,4 % de l’indice S&P/TSX de la Bourse de Toronto. C’est le secteur qui représente la plus forte pondération dans l’indice canadien.

Du côté des analystes de la firme Morningstar, ils estiment qu’à l’exception du titre de la Banque Scotia, les titres des cinq autres grandes banques canadiennes se négocient actuellement sous leur juste valeur.

Pour leur part, les analystes de Desjardins Capital Markets recommandent l’achat de trois des six titres bancaires, soit Banque Scotia, CIBC et Banque Royale. Les trois autres font partie des titres à conserver, sans plus.