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«J’avais deux rêves: être humoriste et avoir six enfants»

Julie Caron
Photo Chantal Poirier Julie Caron est la présidente de la compagnie Norac, qui se spécialise dans la conception d’accessoires à partir de fourrures recyclées.

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En 2005, Julie Caron lançait son premier one-woman show avec Juste pour rire. Avec Cathy Gauthier, elle était l’une des humoristes féminines les plus prometteuses à ce moment-là. Puis les années ont passé et le deuxième spectacle solo n’est jamais sorti... Qu’est-il arrivé ? Douze ans plus tard, Le Journal a rencontré la femme d’affaires de 48 ans qui habite maintenant à Sherbrooke et qui gère sa propre entreprise d’accessoires de mode.

Il y a une quinzaine d’années, Julie Caron était promise à une très belle carrière en humour. Après avoir commencé « sur le tard » – elle avait décidé de se lancer dans le milieu à 30 ans, après avoir travaillé en ressources humaines –, l’humoriste avait été repêchée au sein de l’écurie de Juste pour rire.

« Quand j’ai signé avec eux, je capotais, dit-elle. Pour moi, c’était comme si j’entrais dans la Ligue nationale. Juste pour rire était un beau véhicule pour me faire connaître et pour vivre des expériences extraordinaires, comme aller jouer en Europe. »

« Je voulais un bébé ! »

Son premier spectacle solo, Une vraie fille, c’est moi ça ?, a été bien accueilli. Julie Caron en a fait 150 représentations et a vendu « probablement 50 000 billets », dit-elle. Mais alors que les spectacles s’accumulaient, une chose la tracassait.

En 2005, Julie Caron présentait son premier one-woman show, Une vraie fille, c’est moi ça?
Photo d'archives
En 2005, Julie Caron présentait son premier one-woman show, Une vraie fille, c’est moi ça?

« J’étais dans ma crise de la trentaine et mon horloge biologique sonnait, dit-elle. Je braillais tout le temps que je voulais un bébé ! Ma mère m’a dit que je devais prendre une décision. Je m’étais dit qu’avant le deuxième ­spectacle, j’allais en avoir. »

Puis elle s’est séparée de son conjoint. Le rêve d’être maman commençait à s’éloigner. En même temps, avec Juste pour rire, il y avait plusieurs questionnements à propos du bon moment pour sortir son deuxième spectacle. « Le milieu commençait à être saturé, dit-elle. J’étais moins sûre de vouloir vivre avec la pression de vendre des billets. »

Nouveau rôle de mère

Il y a cinq ans, elle a retrouvé un ami d’enfance, qui était veuf. « L’amitié entre nous deux s’est transformée en belle histoire d’amour », dit Julie.

Cet homme avait un petit garçon de sept ans. « Il n’avait plus de maman », dit-elle. Après mûre réflexion, elle a décidé de quitter Montréal et d’aller vivre avec eux à Sherbrooke, d’où elle est originaire.

« Pendant deux ans, j’ai été à la ­maison avec le petit, dit-elle. J’ai vraiment pris mon rôle de mère à cœur. » La carrière d’humoriste était tout à coup rendue très loin. « Dans la vie, j’avais deux rêves : être humoriste et avoir six enfants, dit Julie. À ce ­moment-là, tu m’aurais dit que je pouvais aller faire la première de mon spectacle en France, j’aurais dit non. »

Se lancer en affaires

C’est en étant à la maison, il y a trois ans, que Julie Caron a eu l’idée de créer sa propre compagnie : Norac (Caron à l’envers). « J’ai commencé à coudre des sacs à main avec des fourrures recyclées. Le projet a grossi », dit-elle. L’entreprise est présente dans plusieurs salons des métiers d’art.

Il y a quelques semaines, Julie Caron s’est aussi associée à la designer Marie Hogue (Décore ta vie) pour lancer une deuxième compagnie, Collection Marie & Julie. Parallèlement à sa carrière de femme d’affaires, Julie Caron vient tout juste d’être engagée comme coordonnatrice et responsable du développement du Théâtre Granada, à Sherbrooke.

Et l’humour, là-dedans ? Julie Caron n’y tourne pas du tout le dos. Une fois par semaine, elle fait une chronique humoristique, appelée La vie selon Julie, sur les ondes de Rythme FM Estrie. Et environ une fois par mois, elle donne des spectacles en entreprise. « J’aime encore beaucoup ce métier-là, dit-elle à propos de la carrière d’humoriste. C’est un bonheur de faire rire et réfléchir le monde. Je vais toujours avoir ça en moi. »