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Muse sur les Plaines: comme une tonne de briques

La formation britannique offre un concert explosif pour conclure le 50e Festival d’été

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Plus rock que jamais, Muse a offert une soirée de clôture follement électrique sur des plaines d’Abraham bondées de festivaliers à qui il restait de toute évidence suffisamment d’énergie pour festoyer en grande avec le trio britannique.

Et de l’énergie, les gars de Muse en avaient aussi à revendre, spécialement le chanteur Matt Bellamy, qui a pris un malin plaisir à torturer ses guitares tout au long du concert.

À genoux face contre le sol ou quand il a frotté sa six cordes contre un amplificateur, Bellamy a sorti tous ses trucs de rock star, lunettes extravagantes incluses, pour en mettre plein la vue et les oreilles. C’était du bonbon de le voir aller.

Il a même fait capoter les fans au parterre quand il est allé longuement serrer des mains pendant que le band jouait Starlight. Certains chanceux sont même repartis avec un autographe de Bellamy, obtenu live.

À échelle humaine, façon Muse

Après avoir déployé des mises en scène toutes plus grandioses les unes que les autres lors de leurs quatre visites au Colisée et au Centre Vidéotron, depuis 2009, Bellamy, Chris Wolstenholme et Dominic Howard sont débarqués sur les Plaines avec un spectacle à échelle plus humaine.

On n’a rien perdu au change, car pour Muse, une scénographie dépouillée comporte tout de même son lot d’éclairages sophistiqués, une utilisation inventive des écrans géants, l’envol de ballons géants et des jets de confettis.

Muse n’a pas été chiche de ses hits non plus. Chaque titre au programme a suscité une vive réaction, à commencer par Psycho, qui a vu le groupe tester dès le départ le système de son des Plaines.

Verdict : ça sonnait comme une tonne de briques et ça s’est vérifié de plus belle avec Resistance, Plug in Baby et tous les autres succès au programme.

Clins d’œil aux stars du rock

Muse aurait pu garder le pied au plancher tout le long et personne ne s’en serait plaint. Sauf que le trio a su varier les ambiances, notamment avec le très bel intermède instrumental qu’a été Isolated System.

De nombreux clins d’œil aux grands noms du rock se sont aussi insérés en cours de route. Ici, un riff de Back in Black pour conclure Hysteria, là un petit bout du Voodoo Child de Jimi Hendrix pour lancer la bombe Supermassive Black Hole.

Le rappel a été tout aussi explosif. Uprising a d’abord fait office de mise en bouche rassembleuse avant que l’incontournable Knights of Cydonia — et son introduction western à l’harmonica — ne vienne tirer un éclatant trait sur un 50e Festival d’été qui aura rempli ses promesses jusqu’au bout.

Une tournée pas mal moins stressante

Après en avoir encore mis plein la vue lors de la spectaculaire tournée Drones, Muse renoue avec une scénographie dépouillée durant sa tournée estivale. Le bassiste Chris Wolstenholme apprécie. « C’est assurément moins stressant », a-t-il confié quelques minutes avant de monter sur la scène des plaines d’Abraham, dimanche soir.

« Drones était notre production la plus ambitieuse et le show était incroyable. Mais ça vient avec ses problèmes. Ça nous a pris quelques semaines avant que le show soit bien rodé. Et comme tout était chorégraphié et que la scène était énorme, pour certaines chansons, il fallait penser à l’endroit où on devait se positionner, où les drones allaient voler. Ça demande beaucoup de concentration. Avec le show estival, on n’a pas à se préoccuper de ça », dit Wolstenholme, qui se réjouit aussi de pouvoir jouer plus près de ses partenaires Matt Bellamy et Dominic Howard.

« C’est super de retrouver une scène normale et de se sentir de nouveau comme un band. Durant la tournée Drones, Matt et moi étions parfois distancés de quinze mètres. C’est étrange. »

Malgré tout, Chris Wolstenholme ne croit pas que Muse va abandonner les mises en scène grandioses.

« Quand on fera un autre album, je suis certain qu’on y retournera. Pour l’instant, c’est bien de faire changement. »

Pas d’album en vue

D’autre part, la sortie récente du single Dig Down ne doit pas être interprétée comme le signe qu’un nouvel album est sur le point de voir le jour, signale le musicien.

« Pour la prochaine année, on prévoit surtout produire des chansons à la pièce. Ça ne fait pas si longtemps que Drones est sorti et on ne se sent pas prêts à enregistrer un autre album encore. »