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Florence Meney – La mort est ma maison: explorer le côté sombre de l’âme humaine

Florence meney
Michel Paquet

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Romancière hantée par la noirceur, la mort et le côté sombre de l’âme humaine, celui qui fait que quelqu’un bascule un jour dans le crime, Florence Meney propose une fresque noire comme la nuit, un recueil de nouvelles qui font frissonner, La mort est ma maison.

Pour ce premier recueil solo, Florence Meney s’est vraiment lancée dans des histoires de gens ordinaires qui vivent en ville ou à la campagne, et qui ont tous des secrets très sombres qui les font chavirer.

Ses personnages racontent leur histoire : une enfance déchirée, des décennies d’abandon, une vengeance née d’une terrible trahison amoureuse. Les motifs sont étonnants et l’issue, bien sûr, fatale.

« Méchants péchés »

La romancière, aussi joyeuse et pleine d’allant que ses personnages sont frappés par le drame, se laisse inspirer par la mort, un thème central de ce qu’elle écrit. « La mort, le mal, les zones d’ombres, ce qui pousse les gens à être mauvais, c’est un peu un leitmotiv. Il y a les gens, puis, en filigrane, il y a ce côté sombre, la mesquinerie, la vengeance, la jalousie... tous ces méchants péchés avec lesquels j’aime bien flirter en tant qu’auteure », explique-t-elle.

« J’ai toujours été fascinée par la mort, mais ça ne veut pas dire que je suis quelqu’un de triste ou de lugubre – au contraire. C’est un peu un exorcisme : tu en parles, tu exorcises, puis tu vis ta vie. Mais la mort n’est jamais très loin... », observe-t-elle. Dans le recueil, la mort survient surtout de manière criminelle. « C’est la trahison, la vengeance, que ce soit une affaire d’adultère ou la jalousie. »

Pour elle, l’écriture des nouvelles est facile et les idées sont au rendez-vous. Pour Le dernier amant, par exemple, elle s’est inspirée de son expérience de journaliste et a fait des liens avec l’actualité, la dérive totalitaire. « Dans Tandem, je pousse au bout de l’absurde les comportements humains, comme la peur de l’eau, la peur du terrorisme. »

Son Tableau d’horreur fait peur. « Il y a des gens, dans plusieurs milieux, qui sont des petits tyrans, qui n’hésitent pas à faire du mal pour arriver à leurs fins – des fins qui ne sont pas forcément très élevées et très justifiables. Je voulais faire une petite fable là-dessus, un petit peu à la Picture of Dorian Gray d’Oscar Wilde ou La peau de chagrin de Balzac... Comme quoi il y a toujours une espèce de justice immanente quelque part. Mais c’est ludique, évidemment : toute ressemblance avec des personnes vivantes est fortuite ! »

Florence Meney a publié trois romans noirs et trois essais, en plus d’avoir participé à plusieurs recueils de nouvelles.