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L’industrie de l’adrénaline prend de l’expansion au Québec

Le tourisme d’aventure représente maintenant 3,5 % de l’offre

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le rêve d’Annie Bergevin de créer son entreprise d’excursions en rivière est vite devenu un projet familial avec la participation de son père, Guy Bergevin, dans l’actionnariat.

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Le tourisme d’aventure est reconnu prioritaire dans la stratégie de mise en valeur du secteur touristique au Québec du fait de son fort potentiel de croissance. Avec 1200 établissements représentant un chiffre d’affaires global de plus de 700 M$, l’industrie de l’adrénaline n’a pas fini de faire vivre des sensations fortes à ses adeptes de plus en plus nombreux.

Les entreprises spécialisées dans le tourisme de nature et d’aventure représentent 3,5 % de l’ensemble de l’offre touristique au Québec.

Annie Bergevin fait partie de ce petit groupe. Elle dirige depuis 10 ans l’entreprise Expéditions Nouvelle Vague qui offre des excursions de rafting sur la rivière Jacques-Cartier, dans la région de Québec.

Bien que les débuts n’aient pas toujours été évidents, la dirigeante et copropriétaire de l’entreprise familiale profite maintenant de l’engouement pour cette activité.

L’ex-athlète de rafting, qui a fait partie de l’équipe nationale de 2005 à 2013, compare son aventure dans le milieu des affaires à une descente en eaux vives.

Prisée par les touristes français et américains, son entreprise a dû faire sa marque dans un milieu concurrentiel, après avoir nécessité un investissement de départ de l’ordre d’environ 500 000 $.

« Joyau dans notre cour »

« On a la chance d’avoir un joyau dans notre cour. Notre principale embûche a été de trouver un terrain. Bien que la rivière soit publique, les terrains sont privés. Nous avons dû demander un changement de zonage pour l’exploiter commercialement. Ça faisait peur aux gens. Il a fallu être convaincants », a raconté Mme Bergevin, qui est toujours aussi passionnée pour ce sport.

Aujourd’hui, l’entreprise est en mesure de recevoir près de 200 excursionnistes par jour. Au départ, il a fallu persuader les banquiers. Annie avait 24 ans à l’époque.

« Demander aux banques de financer une compagnie de rafting n’a pas été facile. Mon père a embarqué dans l’entreprise. Sa participation a aidé énormément », a-t-elle ajouté, reconnaissante.

Son plus grand exploit jusqu’à présent est d’avoir réussi à franchir le cap des 10 ans d’existence. « On avait un projet ambitieux. J’ai quand même deux concurrents bien implantés dans le domaine. L’investissement était majeur aussi. De voir qu’on a fait notre place dans le marché est très satisfaisant », a ajouté Mme Bergevin, qui regarde vers l’avant.

Croissance

La croissance de l’entreprise se situe entre 5 % et 10 % par année. Comme bon nombre d’entreprises récréotouristiques, la météo joue un rôle crucial sur lequel les entrepreneurs n’ont aucun pouvoir. Un été sur deux est à oublier.

Pour pallier cet élément, Mme Bergevin a développé un marché corporatif. Ses installations permettent, par exemple, de tenir une réunion le matin et d’aller lâcher son fou sur la rivière l’après-midi. Le monde idéal, quoi ! Un forfait familial permet aux enfants de trois ans et plus de s’initier à la pratique de ce sport. Certaines portions de la rivière offrent des grades de 3 et 4 pour les amateurs de sensations fortes.

 

Qui sont les plus friands d’adrénaline ?

  • Les Américains : 13,1 %
  • Les Britanniques : 12 %
  • Les Français : 11,5 %
  • Les Ontariens : 10,9 %
  • Les Québécois : 4 %

Source : Tourisme Québec