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Rusedski et ses souvenirs du jeune Federer...

Selon l’ex-joueur Greg Rusedski, Roger Federer était un petit génie du tennis à 16 ans.
Photo d'archives, WENN.com Selon l’ex-joueur Greg Rusedski, Roger Federer était un petit génie du tennis à 16 ans.

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LONDRES | Dans l’immense salle de presse du circuit de Silverstone, dimanche après-­midi, les journalistes qui couvrent les Grands Prix étaient nombreux à jeter un coup d’œil sur l’écran de leur ordinateur, question de suivre le déroulement de la finale masculine du tournoi de Wimbledon.

Roger Federer a ajouté un huitième chapitre à son parcours légendaire sur le gazon londonien en même temps que Lewis Hamilton égalait une marque de Jim Clark et d’Alain Prost en signant une cinquième victoire au Grand Prix de Grande-Bretagne.

Federer (19 victoires en tournois du Grand Chelem) et Hamilton (57 victoires en F1) sont de grands champions dans leur discipline respective et ils ont célébré des victoires à une heure d’intervalle dimanche.

Les souvenirs de Rusedski

Les amateurs de tennis au Québec se souviennent fort probablement de Greg Rusedski, ce joueur né à Pointe-Claire qui a choisi de tourner le dos au Québec et au Canada en 1995 afin de porter les couleurs de la Grande-Bretagne, étant donné qu’il possède la double citoyenneté.

L’histoire avait fait couler beaucoup d’encre à l’époque, surtout que Rusedski s’était élevé au rang des cinq meilleurs joueurs de l’ATP deux ans plus tard en atteignant la finale des Internationaux des États-Unis.

On a croisé Rusedski sur le site de Wimbledon la semaine dernière, puisqu’il participait aux matchs de double des légendes.

Il est demeuré une figure très populaire en Angleterre. Les journalistes recherchent son opinion lors de grands tournois comme celui de Wimbledon.

Une première rencontre marquante

Rusedski a d’ailleurs rédigé une intéressante chronique dans le Sunday Telegraph, où il a raconté une anecdote au sujet de Federer. Il rappelle en détail sa toute première rencontre avec Federer.

«C’était lors d’un entraînement à Hambourg, a-t-il écrit. Federer était âgé de 16 ans et il venait de subir l’élimination lors des qualifications pour le tournoi.

«Mon coach, Sven Groeneveld, avait eu l’idée de lui demander de venir frapper des balles avec moi. Il connaissait déjà Federer puisqu’il l’avait eu comme élève au sein du programme junior en Suisse.

«J’occupais le cinquième rang au classement mondial et ce jeune homme m’a malmené sur le court, de toutes les façons, a expliqué Rusedski. Je me souviens d’avoir dit à mon entraîneur que je jouais terriblement mal, que j’allais connaître un très mauvais tournoi à Hambourg.

«Sven m’avait rétorqué sur-le-champ que ce jeune du nom de Roger Federer allait devenir un jour l’un des meilleurs joueurs du monde. Je l’avais regardé en me disant: “Bien sûr, tu me racontes ça juste pour me rassurer au sujet du niveau de mon jeu.” Mon ego en avait pris un coup ce jour-là, mais Sven avait vu juste au sujet de Federer...»

Un génie en herbe

Rusedski, qui a remporté 15 tournois au cours de sa carrière sur le circuit de l’ATP avant de se retirer en 2007, écrit dans sa chronique qu’il a pu constater à ce moment-là que Federer n’était pas un joueur comme les autres.

«On pouvait voir que c’était un petit génie. Je peux identifier quatre jeunes qui m’ont impressionné dès leurs débuts sur le circuit et ils forment aujourd’hui le Big Four

Rusedski a affronté Federer dans un vrai match pour la première fois en 1999, à Vienne.

«Je tenais à remettre ce jeune à sa place et je l’ai vaincu 6-3, 6-4. Ça n’a cependant pas duré. Dès le tournoi suivant, à Milan, il m’a battu en deux manches au bris d’égalité. Après cela, je suis devenu trop vieux et Federer est devenu trop bon! À mes yeux, il est le meilleur joueur de tennis de tous les temps.

«Son talent est remarquable, mais c’est son calme qui m’impressionne, a ajouté Rusedski. On peut voir que jouer au tennis, pour lui, est une véritable passion, même à 35 ans [bientôt 36]. C’est un athlète d’exception et il est bien difficile d’imaginer le jour où il prendra sa retraite.»