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«Dépôt sauvage» à Saint-Hyacinthe: mais où sont passés ces sacs d’amiante?

L’entreprise qui a nettoyé le terrain de Saint-Hyacinthe a nié leur présence

Des photos transmises au <i>Journal</i> permettent de voir le logo des matières dangereuses de classe 9 sur les sacs, ainsi que le terme « amiante chrysotile ».
Photo courtoisie, Gabriel Chartier Des photos transmises au Journal permettent de voir le logo des matières dangereuses de classe 9 sur les sacs, ainsi que le terme « amiante chrysotile ».

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Le mystère plane sur ce qui est advenu des déchets d’amiante qui avaient été abandonnés à Saint-Hyacinthe la semaine dernière, même si des règles strictes existent sur la gestion de cette substance toxique.

Le Journal publiait vendredi dernier une série de photos montrant une accumulation de débris déversés sur un terrain près de l’aéroport de Saint-Hyacinthe. De nouveaux clichés obtenus hier par Le Journal montrent que parmi les débris se trouvaient des tas de sacs jaunes contenant des déchets d’amiante, une substance qui doit être manipulée avec précaution.

Des photos transmises au <i>Journal</i> permettent de voir le logo des matières dangereuses de classe 9 sur les sacs, ainsi que le terme « amiante chrysotile ».
Photo courtoisie

Ce « dépôt sauvage » était l’œuvre d’un employé de l’entreprise de démolition Demofix qui souhaitait terminer sa journée plutôt que d’attendre au centre de tri. L’entreprise a ensuite congédié l’employé et nettoyé le terrain à la demande de la Ville.

Le Journal n’a pas été en mesure d’identifier d’où provenaient les sacs d’amiante. Une bonne partie des débris venaient de l’école Mountainview d’Otterburn Park, mais ce n’était pas le cas de l’amiante, assure Sylvain Racette, directeur général de la commission scolaire Riverside.

Contradictions

Et où se sont retrouvés ces sacs après que le terrain eut été nettoyé ? Cette question reste aussi sans réponse. Car selon Éric Lemieux, de Demofix, il n’y avait aucun sac d’amiante sur les lieux que l’entreprise a nettoyés.

« Tout a été ramassé et fait correctement », assure-t-il.

Les photos montrent pourtant la présence de sacs jaunes présentant un logo annonçant la présence de matières dangereuses, ainsi que le terme « amiante chrysotile ».

M. Lemieux affirme que tous les débris ont été transportés au centre de recyclage et de concassage Recy-Béton de Montréal, ce que nie le directeur général.

« Demofix, ça ne me dit rien », indique Donato Venafro. D’ailleurs, Recy-Béton n’accepte pas les déchets d’amiante.

« Tous les camions sont vérifiés, on a des caméras. On l’aurait vu », dit-il.

Cancer

Plusieurs règles, dont la Loi sur la qualité de l’environnement et le Code de sécurité pour les travaux de construction, encadrent la gestion des matières résiduelles d’amiante, qui doivent être ensevelies dans un site d’enfouissement accrédité. Respirer des fibres d’amiante peut causer le cancer et d’autres maladies, selon Santé Canada.

Les déchets d’amiante doivent être placés dans un premier sac bien lavé, puis dans un deuxième, explique Sylvain Kirouac, de Sinisco, une compagnie de nettoyage.

« Il ne faut pas que les sacs percent. Il doit y avoir le moins de poussière possible. »

Poussière blanche

Selon la substance dans laquelle elle se trouve, l’amiante peut être toxique et volatile.

« C’est le cas avec du plâtre. Ça devient volatile aussitôt que c’est manipulé. »

Gabriel Chartier, propriétaire de l’aéroport de Saint-Hyacinthe, raconte avoir été témoin de la façon dont ces sacs ont été chargés au moment du nettoyage.

« Je voyais de la poussière blanche quand ils chargeaient », dit-il. Dans tous les cas, plusieurs règles ont été bafouées.

« C’est inacceptable que des sacs contenant de l’amiante, même bien ensachés, aient été laissés sur un terrain vague [...] On ne peut pas entreposer [cette matière] là où elle est exposée, où n’importe qui peut percer les sacs. Encore moins à l’air libre », dit M. Kirouac.

Au moment de mettre sous presse, le ministère de l’Environnement n’avait pas rendu les appels du Journal.