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Un début de saison ardu pour les apiculteurs

Les abeilles ne sortent pas de leur ruche en raison du mauvais temps qui sévit

Joël Laberge, propriétaire de la Miellerie St-Stanislas, en Montérégie, affirme que la récolte de miel pourrait être dramatique si le mauvais temps se poursuit.
Photo courtoisie Joël Laberge, propriétaire de la Miellerie St-Stanislas, en Montérégie, affirme que la récolte de miel pourrait être dramatique si le mauvais temps se poursuit.

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Des producteurs de miel québécois espèrent du temps chaud en août pour éviter des récoltes catastrophiques après le printemps frais qui a tué plus du quart de leurs abeilles et la pluie qui les confine dans leur ruche.

« Les abeilles vivent pour environ six mois d’hiver et cette année on a presque eu sept mois. Il y en a donc eu beaucoup de mortalité et elles ne pouvaient pas commencer à se reproduire. J’ai perdu presque 100 ruches sur mes 400, c’est une grosse perte », mentionne Carole Huppé, propriétaire de la Miellerie Lune de Miel en Estrie.

Le printemps tardif avait déjà lourdement affecté les colonies d’abeilles. Des apiculteurs ont perdu 25 % à 30 % de leur ruche, et même plus dans certains cas. « L’hiver a été difficile dans toutes les régions où l’on fait du miel », confirme Léo Buteau, président de la Fédération des apiculteurs du Québec.

« Dramatique »

« On est trois semaines en retard sur notre production normale. Si la situation ne change pas, ce sera dramatique pour la récolte de miel, mais aussi pour l’équilibre dans les ruches », s’inquiète Joël Laberge, propriétaire de la Miellerie St-Stanislas en Montérégie.

L’été pluvieux n’aide en rien à rebâtir des colonies affaiblies depuis le début de l’année puisque les abeilles ne sortent pas pour butiner. Il manque aussi de chaleur, selon les apiculteurs, ce qui ne permet pas, entre autres, aux fleurs de libérer leur nectar. Les colonies d’abeilles ne se reconstruisent pas non plus s’il n’y a pas assez de nourriture.

« La pluie n’a fait qu’accentuer le handicap avec lequel on a démarré la saison. Il n’y a pas assez de belles journées pour accumuler des réserves. Si on a une belle journée, suivie de trois journées de pluie, les abeilles vont manger toute la réserve qu’elles ont faite », explique M. Laberge.

Zéro miel

Chantale Létourneau, de Miel Pellerin, dans le Centre-du-Québec a perdu 50 % de ses ruches après l’hiver, soit environ 75 ruches sur les 150 qu’elle possède.

Elle a pu en rebâtir une partie en les envoyant au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour polliniser les champs de bleuets – où la température a été plus clémente –, mais celles qui sont restées ne donnent pas de miel.

« Pour l’instant, pour le miel de trèfle ou le miel d’été, c’est zéro. Comme la colonie est affaiblie, ça affectera peut-être aussi le miel d’automne », laisse tomber Mme Létourneau.

Les apiculteurs espèrent tous que le mois d’août sera plus clément pour pouvoir sauver la saison, même si pour certains, c’est déjà trop tard.

Prix élevé

« On ne pourra pas rattraper ce qui est perdu, même si on a une bonne récolte d’automne. C’est la deuxième année de suite que c’est ordinaire », insiste Mme Létourneau.

M. Laberge croit que la mauvaise saison qui s’annonce pourrait faire grimper le prix du miel pour les consommateurs friands de ce produit. Le miel québécois 2017 devrait être une denrée plus rare.