/finance/business
Navigation

Une hausse du salaire minimum qui pourrait faire mal

54% des dépenses totales des producteurs de fraises sont consacrées aux salaires

cueillette de fraise
Photo d'archives Stevens leblanc La rentabilité des fermes pourrait être compromise par une hausse du salaire minimum, selon un rapport sur le sujet. Les productions de fraises et de framboises auraient le plus à perdre.

Coup d'oeil sur cet article

Les producteurs horticoles vont être les plus touchés par la hausse du salaire minimum en raison de l’importance de la main-d’œuvre salariée dans le processus de production, révèle une étude obtenue par Le Journal.

Les auteurs du rapport, commandé par AGRIcarrières, ont analysé deux scénarios, soit une augmentation à 12,45 $/heure, comme celle annoncée par le gouvernement du Québec pour 2020, et une augmentation à 15 $/heure, comme on en discute dans quelques provinces canadiennes, dont l’Ontario.

Il s’avère que pour les produits sous gestion de l’offre, l’impact pour les producteurs serait moins grand.

Environ 10 % des dépenses totales de cette filière sont consacrées aux salaires, en comparaison à 54 % pour les fraises et les framboises.

« Les produits sous gestion de l’offre sont protégés, car ils ne sont pas confrontés comme les produits horticoles, aux importations », a indiqué Geneviève Lemonde, directrice générale du Comité sectoriel de main-d’œuvre de la production agricole (AGRIcarrières).

Pour les produits sous gestion de l’offre (lait, poulet, dindons et œufs), la capacité de substituer des importations à la production locale est limitée.

À court terme, le salaire minimum ne devrait pas entraîner de changements. À moyen terme, il pourrait y avoir une incidence sur les allocations interprovinciales des quotas de production.

Solutions envisagées

Pour pallier les effets négatifs de la hausse du salaire minimum pour les producteurs, différentes pistes de solution sont avancées, comme la mise en place de subventions salariales pour le secteur agricole et de crédits d’impôt sur les salaires comme cela se fait déjà dans la production multimédia.

L’exclusion de la hausse dans le secteur agricole n’est pas une option privilégiée par les acteurs du milieu.

« L’étude, c’est un début. On veut qu’il y ait des discussions avec les gouvernements. Il faut mettre de l’avant l’importance du secteur agricole. Si nos entreprises commencent à tirer de la patte, à diminuer en nombre, si les produits deviennent plus des produits importés, ce n’est pas une bonne chose pour la société québécoise », a ajouté Mme Lemonde.

Dans le cas des cultures de fraises et de framboises, de pommes et de produits maraîchers, la capacité de substitution par des importations est élevée.

« Ces productions sont celles qui sont susceptibles d’être les plus impactées », est-il ajouté.

Dans le cas des légumes de transformation, la hausse des coûts de production pourrait encourager l’approvisionnement à l’extérieur du Québec et elle pourrait se traduire par une délocalisation de la production.

En ce qui concerne le sirop d’érable, les répercussions seraient modérées puisque les mécanismes de mise en marché permettent d’avoir une influence sur le prix mondial en ajustant l’offre.

Pourcentage de salaires des employés sur les dépenses totales de production

  • Lait : 10 %
  • Œufs de consommation : 4 %
  • Volailles : 4 %
  • Acériculture : 16 %
  • Porc : 4 %
  • Pois, haricots, maïs : 4 %
  • Concombres : 52 %
  • Maraîchers : 39 %
  • Fraises et framboises : 54 %
  • Pommes : 33 %

Source: Étude des impacts d’une hausse du salaire minimum pour le secteur agricole.