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Pour mettre fin à ses souffrances physiques, elle s'est enlevé la vie en arrêtant sa voiture devant un train

Gabrielle Alexandre
Courtoisie TVA Gabrielle Alexandre

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Un rapport du coroner vient de confirmer qu’une femme de 76 ans du Bas-Saint-Laurent a mis fin à ses jours en positionnant son véhicule devant un train.

La collision mortelle est survenue en octobre dernier à Saint-Germain-de-Kamouraska, dans le Bas-Saint-Laurent.

Selon ses proches, Gabrielle Alexandre semblait avoir tout planifié. L’état de santé de la septuagénaire se dégradait depuis plus d’un an.

«Elle avait de la misère à marcher, elle avait un problème avec ses jambes, elle avait été opérée dans une jambe. Ma mère, vivre avec du mal, elle n’en était pas capable», a confié sa fille Michelle Chénard à TVA Nouvelles.

On peut lire dans le rapport du coroner que Mme Alexandre a conçu et exécuté son projet de suicide dans le contexte d'une douleur de plus en plus handicapante qui menaçait son autonomie, probablement sans espoir de voir son état s’améliorer et dans la crainte d’un hébergement éventuel en centre de soins de longue durée ou de devenir un poids pour sa famille.

Sa famille respecte cependant sa décision.

«Plutôt que de vivre comme ça, aux crochets de la société, je la comprends très bien», a expliqué Caroline Chénard, une autre des filles de la victime.

«Tu te dis: "Voyons, maman, qu’est-ce qu’elle a fait là?" Mais c’est son choix à elle.»

Les filles de la défunte auraient cependant préféré qu’elle puisse mettre fin à ses jours en ayant recours à l’aide médicale à mourir.

«Elle aurait pu rester impotente dans un fauteuil roulant. Ça aurait été autre chose à vivre.»

La Cour suprême, par l'entremise de l’arrêt Carter, permet seulement à une personne de mettre fin à ses jours à la condition absolue qu’elle soit dans une situation de souffrances intolérables.

«Choisir de mettre fin à ses jours avant d’avoir des souffrances intolérables, ce n’est pas permis dans la loi fédérale actuelle. Je doute fort que ça change dans un avenir rapproché», a précisé le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.