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Examens ministériels bientôt en numérique

Le ministère de l’Éducation invite les firmes informatiques à soumettre leurs idées

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Les élèves du Québec devraient pouvoir passer leurs épreuves ministérielles sur des ordinateurs ou d’autres machines d’ici quelques années, le ministère de l’Éducation ayant lancé des appels d’offres pour « moderniser » ses examens.

« Combien ça va coûter ? Parce qu’on a entendu beaucoup d’histoires d’horreur avec le virage numérique en santé », s’inquiète Mario Beauchemin, vice-président de la Centrale des syndicats du Québec, qui représente une grande partie des enseignants.

Les examens ministériels sont ces tests que tous les élèves d’un même niveau doivent passer simultanément à travers le Québec, tant au primaire qu’au secondaire ou au collégial. Jusqu’à 70 000 jeunes peuvent se retrouver à passer le même examen en même temps, selon les chiffres du ministère. Actuellement, la majorité de ces tests sont offerts en format papier.

Le ministère de l’Éducation a donc publié un appel d’intérêt, le 5 juillet, invitant les firmes spécialisées en informatique à lui présenter, cet automne, des « solutions » pour que ces épreuves deviennent numériques, tant dans la façon de les faire passer aux élèves que dans celle de les corriger. À partir de cette « revue du marché », le Ministère pourra ensuite lancer un appel d’offres pour concrétiser le tout.

Tricherie

Ce virage numérique devrait notamment décourager la tricherie, par exemple en présentant les questions d’un test dans un ordre différent pour les élèves d’un même groupe, indique-t-on dans l’appel d’intérêt.

Il pourra aussi être un plus adapté aux élèves ayant des besoins particuliers, par exemple en permettant l’accès à des dictionnaires et des synthétiseurs vocaux. Autre avantage possible : celui de pouvoir faire passer l’examen à des élèves se trouvant à l’extérieur du Québec.

Le Ministère a également publié au début du mois un appel d’offres visant à « automatiser » la correction de la production écrite en français de 5e secondaire. Les correcteurs doivent actuellement tout corriger à la main et ensuite entrer les résultats dans un ordinateur. Avec le virage numérique, ils pourront corriger les épreuves directement à l’ordinateur, et les notes seront envoyées automatiquement au Ministère.

Écoles pas équipées

Reste que, pour M. Beauchemin, beaucoup de questions demeurent en suspens avant que les élèves soient évalués de façon numérique.

« Il faudra s’assurer que les ressources viennent avec », dit-il. C’est-à-dire que les enseignants soient formés en conséquence et que le nombre de techniciens en informatique soit revu à la hausse.

« Aussi, les écoles ne sont pas encore équipées pour un tel virage, remarque-t-il. S’il faut acheter davantage d’ordinateurs ou de tablettes, à qui reviendra la facture ? » s’interroge M. Beauchemin.

« On n’est pas contre le virage numérique, mais à condition que ça contribue à la réussite éducative des élèves. Il ne faut pas en faire un remède miracle. »


Le Journal a demandé à parler à un responsable du service concerné, mais le ministère de l’Éducation a décliné la demande d’entrevue.