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[AUDIO] Voici comment le Québec est perçu par les Albertains, selon Jason Kenney

Jason Kenney
Photo Darren Makowichuk/Calgary Sun/QMI Agency Jason Kenney

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Les Albertains ont peine à comprendre les «idéologies farfelues» de certains Québécois qui préfèrent acheter «le pétrole de l’Arabie saoudite, de la République islamique de l’Iran et de la République socialiste du Venezuela» plutôt que le pétrole canadien de l’Ouest.

C’est du moins ce qu’a affirmé le candidat à la chefferie du Parti conservateur uni d’Alberta et ex-ministre fédéral, Jason Kenney, lundi au micro d’Éric Duhaime.

L’homme politique n’a pas mâché ses mots en faisant valoir que le Québec est la province qui profite le plus de la péréquation dont une partie des revenus est générée par l’industrie pétrolière.

Dans un souci d’équité, il souhaite que la province emboîte le pas et exploite ses propres ressources naturelles, ou du moins, qu’elle cesse de fermer la porte aux projets de pipeline.

Voici quelques-unes de ses citations:

#1 «Le Québec a profité de la croissance économique de l’Alberta auparavant à cause de nos ressources énergétiques, le pétrole et les gaz. C’est une des raisons pour lesquelles l’Alberta a contribué à plus de 200 milliards de dollars au reste du Canada dans les 10 dernières années. Nous contribuons à peu près à 20 milliards de dollars par année au reste du Canada et la province qui profite le plus de tout ça est le Québec.»

#2 «Le Québec reçoit environ 10 milliards de dollars par année du fédéral, de la péréquation et ça vient effectivement de la Saskatchewan et de l’Alberta à cause de nos ressources énergétiques.»

#3 «Les Albertains adorent les Québécois. Ils aiment le Québec, mais ils se demandent pourquoi le Québec refuse... Il accepte effectivement l’argent qui vient des ressources énergétiques de l’Alberta, mais il refuse de développer ses propres ressources.»

#4 «C’est très énervant pour les Albertains que les politiciens québécois refusent l’approbation des pipelines pour ramener le pétrole canadien de l’ouest à la côte est pour qu’on puisse l’exporter autour du monde.»

#5 «Nous sommes toujours généreux à partager nos ressources, jusqu’à un certain point.»

#6 «Aujourd’hui, effectivement, l’Alberta envoie l’argent au Québec, même si nous sommes dans une récession ici et le Québec est dans une période de croissance économique, mais quand même, tout ce que nous demandons aux Québécois est l’approbation pour les pipelines.»

#7 «C’est une question de justice. C’est une question d’équité. Les Albertains travaillent fort. Nous prenons les risques, je crois que ce ne sont pas des grands risques, mais quand même, ce sont des risques pour développer nos ressources et beaucoup de richesse dans nos ressources est envoyée pour subventionner la qualité des services publics au Québec, pour subventionner les projets du gouvernement du Québec.»

#8 «Pourquoi est-ce que les Québécois achètent le pétrole du Vénézuéla, du Nigéria, de l'Iran de l'Arabie Saoudite, des États-Unis, mais ils refusent les pipelines qui auraient pu remplacer ce pétrole étranger avec le pétrole canadien pour qu'on puisse garder cet argent au Canada pour faire profiter tous les Canadiens? Ça ne fait aucun sens à nous autres en Alberta.»

#9 «Il y aura des pourparlers sur la formule de la péréquation dans deux ans, en 2019 et si je suis premier ministre de l’Alberta à ce moment-là, je vais insister pour que les provinces qui reçoivent de la péréquation de nous autres, acceptent de développer leurs ressources énergétiques. C’est une question d’équité. Si vous refusez de la faire vous-même, pourquoi vous pourriez profiter du développement des mêmes ressources des autres coins du Canada? Ça n’a aucun sens!»

#10 «Je suis un ami du Québec, je suis admirateur du Québec. Je veux un Québec prospère. Mon point, tout simplement, est que nous avons une union économique au Canada. Même les séparatistes au Québec disent qu’il faut avoir, même à la suite d’une séparation du Québec, une certaine union économique avec le reste du Canada. Si l’union économique signifie quelque chose, ça doit être le partage, l'habileté de vendre chacun nos ressources. C’est ce que nous voulons!»

#11 «Je ne peux pas comprendre les bobos et les gauchistes québécois, les gens de Québec solidaire, qui préfère acheter le pétrole de l’Arabie saoudite, de la République islamique de l’Iran, de la République socialiste du Venezuela au lieu du pétrole canadien de l’Ouest! C’est bizarre. C’est un signe de leur idéologie farfelue et les Albertains, franchement, ne peuvent pas le comprendre.»

 

Pierre Arcand
Photo d'archives
Pierre Arcand

 

Qu’il «s’occupe de ses affaires»

Appelé à commenter, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a été clair au micro d'Éric Duhaime au FM93. 

«D’abord premièrement que Monsieur Kenney s’occupe de ses affaires et on va s’occuper des nôtres», a-t-il d’abord fait savoir.

«C’est sûr que l’économie du Québec ne passera pas par une forte exploitation du pétrole, ça, c’est clair», a-t-il aussi affirmé.

Monsieur Arcand a également rappelé que la péréquation, dans sa forme actuelle, pourrait aussi profiter à l’Alberta ultérieurement.

«On a des ententes avec le gouvernement fédéral et l’ensemble des gens. Si les gens de l’Alberta veulent remettre en cause la question de la péréquation, bien il y aura des discussions à ce niveau-là, mais c’est comme ça que la fédération canadienne a été faite. Elle a été fondée de cette façon-là. Cette année, je crois que même l’Ontario va avoir de la péréquation, alors écoutez, vous comprenez que les choses évoluent et il y a certains moments où un jour on trouvera quelque chose qui va faire en sorte que d’autres provinces auront de la péréquation. Ça ne sera pas nécessairement toujours le Québec. C’est comme ça que les choses évoluent. [...] Un jour, peut-être que l’Alberta va en avoir besoin, alors c’est la façon dont ça fonctionne. Maintenant, moi ce que je peux simplement vous dire c’est que le Québec a quand même un taux de chômage à 6%, on a un produit intérieur brut en croissance comme jamais auparavant et tout le monde reconnaît que l’économie du Québec elle est en très bonne santé actuellement.»