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Soirée décontractée avec Milky Chance

Le groupe allemand retrouve ses fidèles fans québécois à Festivent

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Deux ans après avoir semé l'hystérie au Festival d'été au plus fort de la popularité mondiale du tube Stolen Dance, le pouvoir d'attraction de Milky Chance auprès des Québécois n'a pas diminué. La ferveur des fans regroupés devant la scène de Festivent, mercredi soir, en était la preuve éloquente.

Après Vance Joy la veille, c'était au tour de la formation allemande de profiter d'une météo splendide pour balancer son folk-dance dans une même ambiance décontractée.

À l'oeil, Milky Chance, dont le passage à Lévis marquait le coup d'envoi de sa tournée nord-américaine, a même rallié davantage de festivaliers que le chanteur australien.

Et c'était tout aussi cool que mardi sur le site avec toutes ces familles qui se laissaient bercer par les rythmes entrainants, parfois teintés de reggae, parfois versant dans l'électro, concoctés par Clemens Rehbein et Philipp Dausch.

«C'est super de revenir au Canada, spécialement au Québec», a lancé un Rehbein visiblement ravi de la taille de la foule.

La préférence à Sadnecessary

Si c'était cool derrière, à l'avant de la scène où étaient rassemblés les fans purs et durs, c'était plus intense. Chaque titre était accueilli par des cris stridents. Les baisses de tension étaient rares, même quand les Allemands ont décidé de lancer le concert avec une série de chansons extraites de leur petit dernier, Blossom, paru en mars dernier.

Il reste qu'à l'exception notable de Cocoon, ce sont surtout les titres de l'album Sadnecessary qui ont marqué des points. Flash Junk Mind, premier morceau au programme de l'album qui les a révélés au monde, a été chaudement accueilli. Down By the River, où on a bien senti l'apport des quatre musiciens, était une réussite. Durant Loveland, Rehbein y a mis toute la puissance de sa voix éraillée alors que l'harmonica d'Antonio Greger fournissait une agréable touche de mélancolie.

Avec une introduction allongée pour étirer le plaisir, Stolen Dance a évidemment été le fait saillant du concert quand elle s'est enfin pointée au rappel.

Décoincez-vous

Si l'exécution était à point, les jeunes stars de Milky Chance sont encore coincées sur scène. On aimerait les voir s'engager davantage avec le public, qui est pourtant prêt à leur obéir au doigt et à l'oeil, lorsqu'ils sont en action. À preuve, quand ils se sont tous mis à sauter et danser joyeusement à la toute fin, durant Sweet Sun, le party a levé d'aplomb. On avait une vraie belle connexion.

Les gars, surtout Clemens Rehbein, ont des personnalités attachantes qu'ils auraient avantage à exploiter. Ne pas jouer dans la pénombre une grande partie de la soirée serait déjà un pas en avant.

Holubowski quasi dans l'indifférence

Dans un espace plus vaste et devant un public largement indifférent, c'était injuste de s'attendre que Matt Holobowski recrée la même magie, en levée de rideau, que lors de sa prestation au parc de la Francophonie, au Festival d'été, il y a trois semaines.

 

Lui-même voyait bien la mission impossible qui se dressait devant lui et son indie-pop planant, tout à l'opposé du groove dansant de Milky Chance. «Il y en a qui sont venus pour danser, c'est pour l'autre groupe. Nous, on vous fait rêver.»

Ça ne l'a pas empêché de nous donner de la beauté. Beaucoup de beauté. Des exemples? Cette enlevante portion instrumentale durant La mer/Mon père. Son autre titre en français, L'imposteur, a été livré avec une émotion palpable à des kilomètres. C'était du joli et ça s'est conclu dans le sublime, avec The Year I Was Undone, alors que les lumières s'agitaient dans tous les sens.

Mais pour être franc, on a hâte de le revoir dans l'intimité, avec une qualité d'écoute à la hauteur de la sensibilité de ce grand bonhomme.