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Barrette défend l’usage des blocs opératoires

La situation est normale malgré une liste de 13 000 patients en attente depuis plus de six mois

Gaetan Barrette
Photo d'archives Simon Clark Le taux d’utilisation des salles d’opération n’est pas trop faible, selon le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

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Le taux d’utilisation des salles d’opération au Québec n’est pas trop faible, selon Gaétan Barrette, même si la majorité des hôpitaux n’atteignent pas la cible de 85 % qu’il a lui-même fixée.

«Si vous regardez le palmarès, les grands hôpitaux sont dans les cibles. On doit se situer entre 85 % et 100 % de taux d’utilisation, ça, c’est la normale», a affirmé le ministre de la Santé lundi lors d’une entrevue avec le Bureau parlementaire.

Dans sa dernière livraison, Le Journal révélait que les blocs opératoires des hôpitaux du Québec sont loin d’être utilisés à 100 %, selon une compilation faite à partir de demandes d’accès à l’information. Seuls 13 établissements atteignent la barre des 85 %, et 17 autres se situent entre 80 % et 84 %. Au même moment, Québec a payé 11 000 opérations effectuées dans des cliniques privées.

Le taux d’utilisation des salles d’opération de certains hôpitaux montréalais, comme Lachine, lié au CUSM (61 %) et Saint-Luc, lié au CHUM (71 %), est loin d'être optimal.

M. Barrette explique cette réalité par la nature complexe des opérations qui y sont pratiquées. «Si une opération dure six heures par exemple, on ne peut pas commencer une deuxième opération la même journée, on doit réaménager l’horaire», a-t-il noté. «Les règles syndicales font en sorte qu’on ne peut pas commencer un cas si on ne peut pas prévoir qu’il va finir près du quart de travail», a-t-il argué.

Les taux dans certaines régions sont encore plus faibles. Par exemple, le bloc opératoire de La Tuque n’est utilisé que 17 % du temps, et celui de Rouyn-Noranda ne fonctionne qu’à 34 %. Pour M. Barrette, encore une fois cette situation est normale, car ils servent surtout en cas d’urgence. Les opérations plus complexes sont transférées dans les centres urbains. «S’ils n’ont pas la clientèle, que voulez faire?», a-t-il lancé.

Il soutient par ailleurs que le nombre de patients en attente d’une opération depuis plus de six mois a diminué du tiers depuis novembre 2016 pour atteindre 13 000 patients. Il croit que Paul Burnet, président du Conseil de la protection des malades, les syndicats et ses critiques péquistes et caquistes sont des gens qui sont «fondamentalement négatifs».

Allonger les heures d’ouverture

De son côté, le député caquiste François Paradis croit que le gouvernement Couillard doit mettre les bouchées doubles pour augmenter la cadence de travail des chirurgiens. «On ne peut pas avoir des taux d’utilisation de 80 % et 13 000 personnes qui attendent une chirurgie pendant plus de six mois», a-t-il tonné. Il propose un allongement des heures d’ouverture des salles d’opération et en dernier recours, il estime que les patients devraient pouvoir aller se faire soigner dans les hôpitaux sous-utilisés des régions plus éloignées.

Le PQ critique de son côté l’usage de cliniques privées alors que le réseau n’est pas utilisé à plein rendement.