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Le journal du Grand Débrangement

Le journal du Grand Débrangement

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Lundi était le premier jour de mon Grand Débrangement’ – mot de mon cru combinant débranchement et dérangement – de Facebook.

Un débranchement temporaire. Une semaine pour commencer.

Je l’ai annoncé publiquement - sur Facebook - pour me donner une chance supplémentaire de respecter mon engagement.

Je vais continuer à consulter Twitter pour suivre l’actualité mais sans commenter ou retweeter.

J’ai besoin de prendre mes distances de ce qui commence beaucoup trop à ressembler à des égouts sociaux. Je n'ai pas envie de faire partie du problème.

J'ai aussi besoin de me rappeler que la vraie vie ne se trouve pas là. Un ami sondeur et sociologue réputé me disait récemment que les malfaisants des réseaux sociaux ne représenteraient que 15% de la population.

Si on passe beaucoup de temps en ligne, on finit par croire que tout le monde est comme ça et même à écrire des chroniques pour leur répondre ou pour dénoncer des inconnus qui ne sont pas redevables à la société, contrairement à un maire, un président ou un premier ministre.

Chers collègues, il faut résister. Répétez AVEC moi: 'cessons de leur donner de l'importance'.

Par contre, pendant cette période d’abstinence mes chroniques et mes blogues vont continuer.

Et je vais tenir ici le journal de mon Le Grand Débrangement. Pour me garder dans le droit chemin.

Pis, comment vas-tu ?

Mal. C’est dur. Très dur. Je ressens un mal physique au niveau de la poitrine quand me prend l’envie d’aller voir ce qui se passe sur les réseaux sociaux et que je résiste. Mon remède ? Prendre immédiatement un livre. Une dépendance sans danger.

Je suis ‘addict’, accro. Mon nom est Lise, je suis dépendante des réseaux sociaux et j’ai perdu la maîtrise de ma vie.

Et c’est encore pire depuis l’arrivée de Donald Trump dans le paysage politique. Le type est un génie du 'audience building', en français 'faire croître l'auditoire'. Parce que le personnage est toxique, le poison finit par se répandre, ce qui affecte le jugement de tous ceux qui le suivent à la trace. Que l’on soit pour ou contre sa présidence.

Agressive, moi ?

Je suis devenue très agressive depuis quelques semaines. Ma tolérance à ce qui me semble être un exemple d’insensibilité ou de bêtise humaine est en chute libre.  

Un journaliste BCBG qui se moque des gens ordinaires qui ne partagent pas ses valeurs esthétiques et me voilà partie en orbite. Un avocat en immigration de la ‘gauche raisonnable’ (c’est lui qui le dit sur sa page) qui raconte que je dis n’importe quoi, que je ne fais pas de vérifications alors que je viens de passer 10 heures à chercher un ex-interprète de l’armée canadienne qui se trouve en Afghanistan, ou des confrères qui le connaissent, pour valider une histoire qui a déjà été publiée dans un grand quotidien de Toronto, et je perds les pédales parce que quelqu’un qui ne me connait pas dit cela alors que je sais que c'est faux.

Je ne suis pas un paragon d'humilité mais je sais ce que je vaux. Je connais mes forces et mes faiblesses. Et je n’ai jamais ressenti la moindre gêne à l’idée de m’excuser quand je me trompe.

Et pourtant, je me suis lancée dans un ‘tweet fight’ qui a rapidement dégénéré.avec un inconnu à de 2h du matin. WWT (wô, wô, tab...) !

La grande décision

Le lendemain, après avoir offert des excuses à quelqu’un que je connais et que j’ai accroché au passage, je me suis dit, ça va faire. Débranche au moins pendant quelques jours.

‘Oui mais, je dois être présente sur les réseaux sociaux pour mon travail’. Le petit escroc dans ma tête, celui-là même qui me disait que je devais prendre de l’Oxycontin pour mon mal de dos, s’en donne à cœur joie.

J’ai triché une fois. Lundi matin. J’étais curieuse de voir les réactions à mon annonce de débrangement. Personne n’est parfait mais depuis, je suis ‘clean’. Aucune visite sur Facebook depuis.

Je vais continuer d’analyser mon comportement pendant cette période d’au moins une semaine, sinon plus, et en rendre compte sur ce blogue.

Je prends des vacances de la déconstruction !