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Santé: le PQ favorable à la privatisation

Santé: le PQ favorable à la privatisation
AGENCE QMI

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Mes excuses à mes amis péquistes

Il arrive que dans les commentaires formulés par les lecteurs de mon blogue au Journal de Montréal, certains péquistes blâment vigoureusement les libéraux pour la privatisation accélérée et intensive de nos services publics en général, et de la santé en particulier. Retournons un peu en arrière car certains péquistes ont des problèmes de mémoire...

Le bal de la privatisation commence avec Lucien Bouchard, le lucide autoproclamé

Ce sont les péquistes, alors dirigés par Lucien Bouchard, devenu lobbyiste pour les gazières, les pharmaciens, les médecins spécialistes, etc. (un gars vraiment au service du peuple) qui ont commencé la démolition de nos programmes sociaux afin de sauver le Québec de la faillite, une autre fois, qu’ils prétendaient. Alors fin des années 90, le Parti québécois retranche des milliards de dollars et coupe un p’tit 17 000 postes de rien du tout juste dans notre système de santé public : «17 000 postes en moins et un réseau de santé plus efficace. Selon le bilan du ministre Jean Rochon, le virage ambulatoire aura été rentable» (La Presse, 26 février 1997).

Comme les libéraux, les péquistes ont sauvé le système de santé en coupant

C’est drôle, mais moi j’ai toujours cru que l’on améliorait la performance tant des services publics que privés par des investissements majeurs. Mais non, ce n’est pas ça pantoute, selon la bible idéologique et économique du PLQ et du PQ. C’est plutôt en désinvestissant massivement que l’on devient plus performant. On en apprend tous les jours, ce qui est bon pour le moral. Comme les libéraux et les caquistes, les péquistes ont redit la même niaiserie à l’effet que l’on peut faire plus avec moins et que le problème principal en est un d’organisation seulement. On les croit encore?

Tiens après avoir «flushé» 17 000 employés en santé au nom du virage ambulatoire (l’art de se gargariser de mots creux), voilà que l’ex-président péquiste du Conseil du Trésor, Jacques Léonard, a lancé dans un élan de fébrile euphorie que : «La réforme de la santé est un succès» (La Presse, 25 mai 1998). Et Lucien Bouchard, l’ex-premier ministre péquiste, de renchérir : «Le PQ a sauvé le système de santé» (Le Journal de Montréal, 26 août 1998). Et ce n’est qu’un début pour M. Bouchard pour qui il fallait continuer le combat de charcuter la santé publique pour le sauver. Démolir le système de santé public au bénéfice, probablement, des générations futures : «Bouchard estime que Rochon doit finir son œuvre» Son «œuvre», ai-je bien lu?

Les péquistes adeptes de la santé privée

Alors, comme on ne peut pas ratatiner les services publics sans être favorable au privé (mais du privé qui vit aux crochets de fonds publics par l’octroi de grosses subventions, de fabuleux contrats gouvernementaux avec plein d’extras autorisés, par des tarifs d’électricité minimes, par des infrastructures privées défrayées par la plèbe, etc.), voilà que les péquistes comme les libéraux sont venus à l’aide d’affairistes affirmant, pour leur plus grand plaisir et pour leur plus grand bien que : «Rochon (PQ) lorgne la privatisation de services de santé. Un comité sera chargé de faire un rapport sur la question» (La Presse, 7 janvier 1998). Bien évidemment, encore comme chez nos amis libéraux, un comité ministériel formé de pseudo-experts et d’universitaires pour le privé dans tout, comme la nomination des ex-banquiers Claude Castonguay et André Bérard. En passant, et je m’en veux de détruire le rêve de certains, le PQ a toujours été un partisan des écoles privées, des autoroutes et ponts privés et du transport en commun privé. Il a même flirté avec l’idée de privatiser la Société des alcools du Québec (SAQ) et Hydro-Québec,

Les ex-premiers ministres péquistes pour le privé

En avant toute vers la privatisation : «Lucien Bouchard [alors premier ministre] ouvre le débat sur la création d’un réseau de la santé privé» (Le Journal de Montréal, 6 août 2004). Il est faux de dire qu’il a «ouvert le débat». Premièrement, il n’a fait que poursuivre quelque chose qui n’en était pas seulement au stade du «débat» mais bel et bien d’un fait réel représenté par la privatisation de nos services publics et de nos instruments collectifs à des opportunistes. Lancer le débat pour les élus signifie demander l’avis du patronat.

Tiens, tiens, une autre bonne pour mes camarades péquistes : «Santé : Parizeau et Johnson [Pierre-Marc] sont favorables au privé» (Le Devoir, 10 décembre 2005). Ça donne donc plusieurs grands bonzes péquistes qui ont les mêmes idées que les libéraux de Jean Charest et de Philippe Couillard et qui sont interchangeables. Du pareil au même, quoi!

Face aux pharmaceutiques, défoulons-nous sur les victimes

Nos élus, tant péquistes que libéraux, si fanfarons avec la population ordinaire se font petits face aux puissants, comme par exemple les pharmaceutiques qui arnaquent les malades, les gouvernements et les entreprises avec les prix stratosphériques de leurs médicaments. Alors, comme nos élus n’ont pas le courage et l’indépendance voulus pour mater les excès des pharmaceutiques, ils s’attaquent alors aux malades et à la population. Comme le prix des médicaments augmente sans cesse à vitesse grand V, eh ben au lieu d’obliger les pharmaceutiques à réduire leurs prix, il était bien plus facile pour l’ex-premier ministre péquiste, Bernard Landry, de s’en prendre aux innocentes victimes de ce racket organisé et toléré : «L’avenir du régime d’assurance-médicaments sera l’objet d’un débat collectif, dit Landry» (Le Journal de Montréal, 10 novembre 2001). Pour nos élus, un autre débat en vase clos et entre amis qu’ils prennent pour un débat collectif. Bernard Landry l’a bien dit, pas rendre le régime d’assurance-médicaments universel, comme il faudrait le faire, mais bel et bien l’éliminer. Après ça, les péquistes ont la prétention de se déclarer progressistes et sociaux-démocrates. Même les libéraux n’ont jamais recommandé d’abolir ce régime public.

Ah ben zut, l’ex-ministre péquiste de la Santé et ex-première ministre du Québec, Pauline Marois, a été plus audacieuse que Bernard Landry en tonnant : «Le régime d’assurance-médicaments pourrait être abandonné. Les Québécois devront accepter d’en assumer les coûts s’ils désirent qu’il soit maintenu, déclare Pauline Marois» (La Presse, 9 novembre 2001). Et si les élus, qui sont censés en théorie représenter le peuple, s’attaquaient plutôt aux pharmaceutiques et à leurs prix exorbitants?

Et pour finir, comme leurs frères jumeaux libéraux, voilà que les péquistes ont véhiculé cette idée novatrice, audacieuse et courageuse : «Québec songe à désassurer certains services en santé» (La Presse, 6 février 2001). Désassurer certains services publics afin de mieux diriger de force la populace vers le privé.