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Comment vider les urgences sans se fatiguer

Urgence
© Photo Jean-Françios Desgagnés

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Des idées pour changer le mal de place

Pour combattre l’attente interminable à l’urgence, la direction de l’hôpital Pierre-Le-Gardeur a eu l’idée d’offrir le service internet. Elle a toutefois omis de rendre inaccessibles les sites pornographiques, ce qui a évidemment donné comme résultat : «De la porno dans la salle d’attente» (Le Journal de Montréal, 12 juin 2006). Des patients ont dû passer leur tour, tout d’un coup, ils se sentaient mieux. Peut-être, est-ce là une voie pour gérer les urgences? Moi, je crois que les futés dirigeants de l’hôpital ont fait exprès de feindre l’oubli!

Œuvres d’art et clowns: c’est non

Quelle autre mauvaise idée qu’a eu le CHUM d’installer des peintures sur les murs de l’urgence : «Le CHUM veut devenir plus humain grâce à des œuvres d’art» (La Presse, 8 juin 2010). C’est du n’importe quoi. On ne règle pas le problème à sa racine, qui est de diminuer l’insupportable temps d’attente à l’urgence, mais on préfère «innover» avec des artifices afin que ça paraisse moins long : de la porno et des œuvres d’art. Novateur!

L’ex-ministre libérale Marguerite Blais n’a pas été plus «songée». Pour faire oublier les patates en poudre et le bain hebdomadaire des personnes âgées vulnérables et pauvres : «La ministre Blais prend le pari des clowns dans les CHSLD» (Le Devoir, 21 mai 2009). Et pourquoi pas aussi des clowns aux urgences? Mise en garde aux députés du PLQ : parlant d’emplois de clowns, prenez garde de ne pas être en situation de double emploi. Pour faire rire le monde, pas besoin de vous forcer, juste à être naturels en affirmant : on peut faire plus avec moins, il y a trop de médecins au Québec ou enfin, que le PLQ a sauvé le Québec de la faillite en coupant dans les services publics.

Bonne idée des conservateurs (une autre) pour libérer les urgences

Vous vous rappelez la formidable initiative des conservateurs fédéraux de Stephen Harper de remplacer les toiles d’artistes canadiens de renommée internationale par des peintures et des portraits de la reine Elizabeth II? : «La reine dans toutes les ambassades canadiennes» (Le Devoir, 7 septembre 2011). Vraiment zen. Imaginez la réaction des étrangers entrant dans nos ambassades à l’extérieur du pays?

Comme Justin Trudeau a corrigé cette folie furieuse, il m’est venu une idée géniale. Pourquoi ne pas clouer les toiles de la reine Elizabeth dans nos urgences pour les vider? Imaginez-vous à l’urgence avec les portraits de la reine, vous allez vite vouloir déguerpir.

Aux grands maux les grands moyens

Si on ne réussit pas à décourager les plus endurcis, il m’est venu une autre idée : «Un portrait de Harper accroché dans un bureau de l’accès à l’information» (La Presse, 20 septembre 2012). Vous me voyez venir? Avec ça, si on ne vient pas à bout des pires quérulents, on aura qu’à déménager cette peinture dans nos urgences: «Une peinture de Stephen Harper nu exposée» (La Presse, 19 mai 2012).

Des drôles

-«Alors qu’il se trouvait à l’intérieur d’une clinique. Obligé d’appeler le 9-1-1 pour qu’on le soigne» (Le Journal de Montréal, 8 novembre 2003). Avec 20 heures d’attente à l’urgence, on lui a répondu qu’il serait mieux de rester à la clinique médicale s’il voulait avoir une chance de survie. Quelle idée farfelue de vouloir aller à l’urgence quand on est malade!

-«Refusé à l’hôpital de Saint-Jérôme parce que son cas était trop urgent! (Le Journal de Montréal). Mais il va aller où si son cas est trop urgent pour l’hôpital?

a) «Une entreprise de la Mauricie crée un hôpital sur roues» (Les Affaires)

b) «Le CHUQ se dote d’un autobus pour effectuer des hémodialyses» (Le Soleil)

c) «Le dépistage du cancer du sein pourra être effectué dans un autobus» (Le Journal de Montréal)

d) «L’hôpital Maisonneuve-Rosemont ajoute encore des roulottes» (La Presse)

Voilà, il m’est venu une autre idée profonde intellectuellement. Pour épargner, finie la construction coûteuse d’hôpitaux. L’avenir est dans des hôpitaux roulants et ambulants dans des 10 roues, des autobus, des motoneiges, des remorques et des tentes-roulottes. Des fois, il m’arrive de me tanner d’être aussi lucide. Par contre, avis aux intéressés, prenez bien garde de prendre le bon autobus (retenez les numéros) et de ne pas le manquer quand il passera dans votre quartier ou dans votre région, sinon ça ira à l’an prochain : «Où sont passés les hôpitaux?» (Le Journal de Montréal). Dommage, hôpital ambulant était ici cet avant-midi, il est maintenant rendu à Pointe-Calumet.

À ceux qui veulent me faire interner

Peut-être qu’il y en a qui trouvent que je suis cinglé et qui voudraient me faire interner en psychiatrie? À ceux-là, je dis faites vite, le temps joue. Voilà le bon côté des milliards de dollars coupés dans notre système de santé publique par les péquistes et par les libéraux : «À L-H. Lafontaine, la moitié des lits seront fermés d’ici à cinq ans» (Le Journal de Montréal). Comme le chantait les Rolling Stones: «Time is on my side».

Oh, oh, attendez juste une petite minute. Je viens de changer d’idée. Peut-être que vous avez raison et qu’un certain temps passé à Louis-H. Lafontaine me fera grand bien. Oui, ça me tente d’y aller : «Drogue et boisson à Louis-H. Lafontaine» (Le Journal de Montréal). Au premier paragraphe : «Des patients vont jusqu’à fumer leur joint devant le personnel...».

La solution est de faire payer le malade

Charest, Couillard et l’ex-ministre libéral des Finances Raymond Bachand, devenu depuis lobbyiste et administrateur de banque, ont toujours été de farouches partisans, comme le patronat d’ailleurs, du principe débile de l’utilisateur-payeur appliqué dans tous les services publics du monde ordinaire, mais pas pour les services publics réservés au monde extraordinaire: «Bachand défend le principe de l’utilisateur-payeur» (La Presse, 12 mars 2012).

Vous voulez un exemple concret de ce fabuleux principe tellement équitable? «Son mari au CHSLD. Obligé de payer pour les jaquettes. (Le Journal de Montréal). Ah ben que vois-je dans Le Journal de Montréal? : «Des sans-abri fraîchement opérés se promènent en jaquette dans la rue». Dans la rue, car il n’y a pas de lits à l’hôpital. La police doit les rechercher, pas pour les ramener à l’hôpital, mais pour récupérer la jaquette qu’ils n’ont pas payée.