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Crise? Quelle crise?

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Peut-on parler de la « situation/crise/invasion » (au choix) des « réfugiés/migrants/demandeurs d’asile/tricheurs » (au choix) sans grimper aux « rideaux/chandeliers/murs » (au choix) ?

Peut-on être troublé sans être traité de xénophobe/raciste/intolérant par les bien-pensants/ gauchistes/altermondialistes ?

Peut-on défendre le concept de frontière, d’État-nation, de pays souverain sans être accusé de servir le capitalisme sauvage ou de protéger les privilèges des blancs ?

Surtout qu’on n’a pas fini de parler de migration, car les changements climatiques vont forcer l’exil massif de populations du sud vers le nord.

Dans un cul-de-sac

Mais quel politicien canadien de nos jours est assez courageux pour parler franchement à la population ? Face à l’adversité, ils se sont passé le mot : disons que tout va bien pour ne pas effrayer le bon peuple qui n’y comprend rien, anyway.

À noter : Donald Trump a fait le contraire et a été élu président des États-Unis.

Quand j’ai lu dans The Gazette mercredi que le maire de Montréal ne croit pas que nous traversons une crise et que d’accueillir les gens dans le besoin fait partie de sa vision de Montréal ville sanctuaire, j’ai eu l’impression qu’on me tordait les deux bras. L’armée, la Croix-Rouge et ce n’est pas une crise ?

Non seulement on prend les citoyens pour des tatas, mais on leur impose une vision du monde qui exclut la reconnaissance des frontières historiques et légitimes ainsi que le respect des lois en plus de les rabaisser quand ils osent un timide « oui mais... » Ça sent la manipulation.

Montréal, ville ouverte

En accueillant chaleureusement — avec drapeaux haïtiens et musique créole — deux ministres du pays que fuient les demandeurs d’asile, Denis Coderre en a fait la preuve. Cette visite était insensée et insultante.

Au moins, ils ont eu la politesse de nous remercier pour notre indéniable générosité : Haïti est le premier récipiendaire de l’aide internationale canadienne et le Canada deuxième donateur à Haïti dans le monde, après les États-Unis.

Et maintenant, on donne ici.

J’ai ressorti mes notes de la campagne électorale de 2013 et je ne trouve nulle part l’engagement d’Équipe Denis Coderre à faire de Montréal une ville sanctuaire. Qu’on me corrige si j’ai tort.

Montréal a toujours été un sanctuaire pour les victimes de la guerre, les réfugiés politiques, les persécutés religieux, les pauvres, les désespérés, des Loyalistes après la Révolution américaine en passant par les Irlandais fuyant la famine au 19e siècle, les Juifs d’Europe de l’Est (après 1930, les portes se sont fermées sur eux), les paysans pauvres d’Italie du Sud, les boat people vietnamiens, les écorchés du communisme en Europe centrale, les Sépharades expulsés des pays arabes après la création d’Israël, les insoumis américains de la guerre du Vietnam, les Tibétains, les Iraniens fuyant la révolution islamique, les Bosniaques musulmans, les Chiliens, les Iraqiens, les Syriens.

Montréal n’est pas née le jour de l’élection de Denis Coderre. J’ai failli m’étouffer dimanche quand je l’ai entendu dire à la télé : « On est en train de se donner une ville digne de ce nom. »

Avant lui, on était quoi ? Une bourgade ? Un hameau ? Un terrain vague ?

Après lui, on sera quoi ? La jungle de Calais avec ses 6000 migrants ?