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Comme dans un rêve

Denis Shapovalov atteint la demi-finale

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La tempête Denis Shapovalov continue de faire des ravages au Stade Uniprix. Elle a fait son chemin jusqu’en demi-finale de la Coupe Rogers.

Le jeune Canadien a poursuivi son parcours de rêve. Il s’est payé le Français Adrian Mannarino, hier soir, en trois manches de 2-6, 6-3 et 6-4. Il continue donc de flotter sur son nuage en épinglant une autre victime à son tableau de chasse relevé à Montréal après avoir fait tomber Rogerio Dutra Silva, Juan Martin Del Potro et Rafael Nadal.

« Je suis tellement content de ressortir avec la victoire. Je me sentais paresseux au premier set. Je me traînais les pieds. Adrian a commencé en force. J’ai continué à me battre, et le vent a tourné », a-t-il admis à la sortie du terrain.

Malgré un début de match plutôt ordinaire, il a démontré à nouveau sa grande force de caractère et toute l’étendue de son talent devant une salle comble de 11 700 spectateurs au parc Jarry.

À 18 ans et 119 jours, il continue d’écrire son nom dans le livre d’histoire de l’ATP. Il est le plus jeune tennisman à atteindre la demi-finale d’un tournoi de la série Masters 1000. Avec cette autre victoire, il percera le top 70, lui qui est présentement au 143e échelon mondial.

Énergisé par la foule et des échanges gagnants de grande qualité, il a mystifié son adversaire, 42e raquette mondiale, à partir du second set en le dominant dans toutes les phases du jeu. Carburant à l’adrénaline et aux encouragements, il s’est remis à nager comme un poisson dans l’eau sur le court central.

« Il a juste mieux joué que moi, s’est contenté de dire Mannarino, secoué par la tempête Shapovalov en sortie de terrain. Il a mieux servi et c’est un bon joueur. »

Sous le choc et très peu bavard, Mannarino a même refusé de répondre à des questions d’un collègue français sur ce soudain revirement de situation au tiers du match, râlant tout en massant son poignet droit en raison d’une chute.

Fatigue apparente

En début de match, on aurait cru que le réservoir d’énergie de Shapovalov était à sec. S’il s’était dit fatigué après avoir éliminé Rafael Nadal en près de trois heures la veille, il a amorcé du mauvais pied sa première présence en carrière en quarts de finale d’un tournoi de l’ATP. Son rival l’a brisé dès son premier tour au service sur une double faute. Cette baisse de régime après les émotions vécues la veille était à prévoir pour un jeune joueur.

Il a commencé à trouver son rythme tard en première manche. Avec ses problèmes à la volée au filet, et parfois malchanceux, il a laissé filer le premier set.

La nouvelle vedette du tennis a par contre retrouvé sa fougue en deuxième manche avec les encouragements nourris de la foule. En attaquant les zones profondes du court avec de puissantes frappes, ce qui a forcé Mannarino à gaffer.

Une pause favorable

Une pause météo de 12 minutes en raison de la pluie lui a permis de recharger un peu ses batteries et a fait tourner le vent en sa faveur. Il a ensuite continué en force en brisant le Français grâce à son agressivité. Il a mis fin à cette manche sur un coup splendide en montant au filet. Il n’en fallait pas plus pour soulever la foule et entamer le set ultime avec fougue.

Shapovalov a rapidement pris l’ascendant en brisant son adversaire dès sa première occasion. Ce dernier est toutefois revenu à la charge en lui rendant aussitôt la pareille.

« Le délai de pluie m’a permis de me concentrer. Ç’a refroidi Adrian qui jouait très bien. J’ai réussi à en tirer avantage et j’ai pris confiance, a-t-il expliqué.

Mannarino a augmenté la cadence, mais le jeune Canadien n’a pas hésité à emboîter le pas, lui passant sous le nez des coups gagnants qu’il a d’ailleurs applaudis. Shapo a pris les devants 5-4 au neuvième jeu en mettant ensuite rapidement la cerise sur le gâteau.

Ce soir, il croisera le fer avec l’Allemand Alexander Zverev qui a indiqué le chemin de la sortie à Kevin Anderson lors du dernier duel de la soirée.

► Le porte-bonheur de Shapovalov, Wayne Gretzky, n’était plus à son poste sur les lignes de côtés, hier soir.

► S’il accédait à la finale, Shapovalov percerait le top 50 mondial. Et s’il remportait la Coupe Rogers, Shapovalov grimperait au 31e rang selon les prédictions de l’ATP.

Statistiques du match

 Durée : 2 h 25 min

Denis Shapovalov

 (Canada)

 

Adrian Mannarino

(France)

As  0
7   Doubles fautes 4
51 %  % de premiers services  57 %
67 %  Points gagnés au premier service  67 %
53 %  Points gagnés au deuxième service  63 %
73 %  Balles de bris sauvées  40 %
14  Jeux joués au service  13
33 %  Points gagnés en retour de premiers services  33 %
38 %  Points gagnés en retour de deuxièmes services  47 %
60 %  Balles de bris converties  27 %
13  Jeux joués en retour  14
60 %  Total de points gagnés au service  65 %
35 %  Total de points gagnés en retour  40 %
50 %  Total de points gagnés  50 %