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Un studio légendaire

David Bowie fait partie des nombreux artistes internationaux qui sont allés enregistrer des albums au Studio Morin-Heights dans les années 1970 et 1980.
Photo d'archives, Yaël Brandeis Perry David Bowie fait partie des nombreux artistes internationaux qui sont allés enregistrer des albums au Studio Morin-Heights dans les années 1970 et 1980.

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C’est avec un mélange de tristesse et de soulagement que le fondateur du Studio de Morin-Heights, André Perry, a appris hier qu’un incendie avait ravagé le mythique studio d’enregistrement qui accueillit plusieurs des plus grands musiciens au monde, dont David Bowie, Sting, Cat Stevens et les Bee Gees.

« Ça faisait quelques années que j’avais fait mon deuil», a admis André Perry qui a été propriétaire du Studio pendant ses années de gloire, de 1974 à 1988.

« D’une certaine manière, je suis un peu soulagé parce que l’endroit était dans un état déplorable depuis des années. Il y a des gens qui y allaient pour arracher des tuiles pour les vendre sur internet. Il y avait des graffitis sur les murs. Récemment, j’avais même dit à un ami que je ne serais pas surpris que quelqu’un y mette le feu. C’est finalement arrivé. »

Un passé glorieux

André Perry a fondé Le Studio de Morin-Heights en 1974 pour offrir un studio d’enregistrement différent de ceux qu’on retrouvait à Montréal et dans les autres grandes villes à l’époque. Cette idée a rapidement séduit les musiciens de partout dans le monde.

Bee Gees, dans le studio de André Perry
Photo d'archives
Bee Gees, dans le studio de André Perry

Les Bee Gees y ont enregistré la bande musicale du film Saturday Night Fever (1977), qui s’est vendu à plus de 40 millions d’exemplaires. C’est aussi là que David Bowie a créé l’album Tonight, sorti en 1984. Keith Richards, Bryan Adams, Rush, April Wine, The Police, Robert Charlebois et Paul Piché font partie des nombreux autres artistes qui ont enregistré des albums au studio des Laurentides.

L’élite mondiale

« Dès la première année, on a gagné notre place parmi les 10 ou 12 studios qui faisaient partie de l’élite mondiale, raconte fièrement André Perry, qui ajoute que plus de 250 millions d’albums enregistrés à Morin-Heights ont été vendus.

Les artistes appréciaient le fait qu’ils pouvaient venir enregistrer chez nous en gardant leur son. Ils aimaient aussi la tranquillité qu’ils pouvaient avoir à Morin-Heights. Sting aimait aller skier quand il venait enregistrer. Cat Stevens aimait aller se promener sans se faire déranger par des fans. »

Selon le musicien Richard Baxter, qui rêve de sauver le studio pour le transformer en musée, une partie du domaine pourrait être récupérée.

« J’ai vu à la télé qu’il y avait seulement la moitié du studio qui avait brûlé. La partie la plus importante ne semble pas avoir été touchée. Je crois que c’est encore possible de le sauver », a dit M. Baxter qui tente d’amasser des fonds pour son projet.