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Les kilomètres défilent, le temps se fige

Un total de 90 kayakistes arriveront à Québec ce soir, après un parcours de 249 km depuis Montréal. Des panoramas incroyables récompensent les kayakistes de leurs efforts, qu’ils peuvent adapter à leur niveau de forme en choisissant une embarcation solo ou tandem, à relais ou non.
Photo Catherine Desautels, Défi Kayak Desgagnés Montréal-Québec Un total de 90 kayakistes arriveront à Québec ce soir, après un parcours de 249 km depuis Montréal. Des panoramas incroyables récompensent les kayakistes de leurs efforts, qu’ils peuvent adapter à leur niveau de forme en choisissant une embarcation solo ou tandem, à relais ou non.

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Jeudi matin, 90 kayakistes ont mis leur embarcation à l’eau au parc de la Promenade Bellerive, à l’est de Montréal. Dimanche soir, ils accosteront à la baie de Beauport à Québec, après un périple de 249 km. Récit de périple.

« Allez à bâbord ! » nous indique un des membres de la sécurité qui encadrent le peloton. « À gauche », traduit-il immédiatement, faute de consensus dans les réactions.

L’enthousiasme semble être le dénominateur commun de tous les kayakistes réunis. Des capitaines chevronnés côtoient des néophytes comme moi.

Un total de 90 kayakistes arriveront à Québec ce soir, après un parcours de 249 km depuis Montréal. Des panoramas incroyables récompensent les kayakistes de leurs efforts, qu’ils peuvent adapter à leur niveau de forme en choisissant une embarcation solo ou tandem, à relais ou non.
Photo Catherine Desautels, Défi Kayak Desgagnés Montréal-Québec

L’ambiance est à la camaraderie et non à la compétition. On s’apprête tous à vivre une longue, très longue promenade sur les eaux. Certains pagaieront dans un esprit de promenade, sans être intimidés par la distance à couvrir. D’autres décortiqueront le kilométrage, pause après pause, un sourire victorieux à chaque étape franchie, puisant de plus en plus profondément dans leurs réserves.

De Montréal à Sorel-Tracy...

Avant les premiers coups de pagaie, la fébrilité. Après les premiers coups de pagaie, les regrets : dans quel bateau me suis-je embarqué ? C’est après les autres coups de pagaie que ça se replace, quand on arrête de penser aux prochains, puis aux suivants. Quand on se concentre sur chaque traction – tourner, tirer, tourner, tirer –, gauche-droite ou droite-gauche, que le temps s’arrête.

On est quelques rares Montréalais dans le peloton. Ceux qui rentreront à la maison en fin de parcours ont l’habitude du fleuve. Au quotidien, ils sentent sa présence, ses marées, ses humeurs.

De Montréal, les occasions de se jeter à l’eau sont plus rares. Il ne faut pas se leurrer, l’eau n’y est pas encore très amicale à l’est de l’île. Les berges bétonnées, les eaux usées déversées, on a beaucoup de travail à faire pour que le fleuve retrouve sa forme d’antan. Entre kayakistes, on échange avec optimisme sur l’important projet d’ozonation de ses eaux. Côtoyer le fleuve est indissociable de s’y sensibiliser.

Un total de 90 kayakistes arriveront à Québec ce soir, après un parcours de 249 km depuis Montréal. Des panoramas incroyables récompensent les kayakistes de leurs efforts, qu’ils peuvent adapter à leur niveau de forme en choisissant une embarcation solo ou tandem, à relais ou non.
Photo Catherine Desautels, Défi Kayak Desgagnés Montréal-Québec

On refait ses forces à Verchères avant de retourner sur l’eau. Plus tard, au loin, la fumée de l’usine de Rio Tinto de Sorel-Tracy est le point d’ancrage vers lequel on pagaie. Boire de l’eau, prendre quelques pauses, se délier les jambes... des actions toutes simples, pendant un effort exigeant sur le corps, mais reposant par sa routine mécanique.

En soirée, l’ambiance est à la fête. Les enfants qui rejoignent leurs parents danseront jusqu’à ce que ces derniers, épuisés, les somment de venir se coucher au couvre-feu. La nuit, notre corps sent encore le roulement de l’eau.

... à Trois-Rivières

À 7 h 50, les kayaks sont à l’eau. Au loin, on voit l’ouverture du lac Saint-Pierre. On passera pratiquement la journée sur ce géant aux berges marécageuses qui nous fera sentir vulnérable. On n’a pas franchi sa porte qu’un vent de face nous surprend. Des vagues de deux pieds nous tirent de notre rythme contemplatif. Le fleuve est maître chez lui. En peloton, on progresse maintenant plus lentement, mais à un rythme constant.

Les encadreurs consultent les radars pour les prévisions de l’après-midi. Il n’est pas question de rencontrer un orage alors qu’on pagaie à sept kilomètres des rives du mastodonte. Par chance, dans l’après-midi, les kayakistes progresseront sur un lac « d’huile » sans remous. Ils auront somme toute pagayé plus de 10 heures. Une grosse journée.

... à Portneuf

La nuit a été mouillée. Ce ne sont pas de simples intempéries qui arrêtent des kayakistes. On refait le plein d’énergie au chapiteau, prêt à attaquer le kilométrage de la journée. Puis, l’annonce : on repartira vers Batiscan en autobus afin d’éviter un orage avec des vents de près de 80 km/h qui serait venu à notre rencontre sur le fleuve. La sécurité d’abord.

Dans l’après-midi, on retrouve nos embarcations avec plaisir, un vent favorable nous faisant pardonner les écarts météorologiques de l’avant-midi. Dans les rapides, on atteint même une pointe enivrante de 20 km/h.

Aujourd’hui, dimanche, il nous reste 64 km à parcourir. La route est longue entre Montréal et Québec. Heureusement, sur l’eau, le temps s’arrête...

 

Le trajet

 

En chiffres

  • 90 kayakistes
  • 249 kilomètres
  • 4 jours
  • 8 étapes
  • Température moyenne du fleuve : 22 °C
  • Nombre de coups de pagaie : 75 000
  • 3e édition
  • Vitesse moyenne : 8 km/h
  • Somme récoltée pour les Jeunes musiciens du monde : plus de 175 000 $