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Pilotes de la première heure

Marc Cantin et André Gervais ont participé au premier GP de Trois-Rivières il y a 50 ans

Cantin
Photo Louis Butcher Marc Cantin et André Gervais ont participé au premier Grand Prix de Trois-Rivières, présenté en 1967.

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TROIS-RIVIÈRES | Deux anciens pilotes se sont rappelé de beaux souvenirs quand on leur a demandé de décrire leur expérience lors du tout premier Grand Prix de Trois-Rivières, qu’ils ont disputé il y a 50 ans.

André Gervais est une figure connue dans le milieu du sport automobile québécois. Il a été un employé de la première heure au Grand Prix du Canada en 1978, à titre de directeur du montage, poste qu’il a occupé jusqu’en 1988.

« Je pilotais une Datsun 1600, dit-il. Je venais surtout ici pour m’amuser, sans savoir à l’époque si je récolterais des points au Championnat. »

Le Montréalais s’était classé au 10e rang, concédant quand même neuf tours au vainqueur, Jacques Duval, dans la principale épreuve du week-end, le Labatt Trois-Rivières, qui en comptait 50... évidemment. Dix-neuf engagés avaient pris le départ.

À contresens

Marc Cantin est lui aussi toujours impliqué en course automobile, notamment à titre d’analyste du NASCAR à RDS.

En 1967, au Grand Prix de Trois-Rivières, il a pris part à une course de soutien comptant pour le Championnat du Québec et regroupant des berlines de groupe A (moteur de 1000 cm3 ou moins).

« Je m’en souviens. J’ai terminé deuxième à bord d’une Mini après m’être qualifié en première place, explique Cantin. Je peux le dire aujourd’hui, ma voiture était illégale : elle avait 1100 cm3 alors que la limite était de 1000 cm3. »

Cantin s’est aussi rappelé qu’à cette première édition du Grand Prix, les bolides roulaient... à contresens. Ce qui a d’ailleurs été abandonné dès l’année suivante.

Le tracé était aussi moins long à l’époque. Après la ligne de départ/arrivée, on tournait à droite dans la zone actuelle des paddocks, puis derrière le stade de baseball avant de rejoindre le boulevard du Carmel.

« On tournait à droite avant de franchir la porte Duplessis, de poursuivre Cantin. Je m’en souviens très bien, je l’avais frappée pendant la course et ma batterie avait été déplacée. De l’acide s’était répandu dans le cockpit et sur mon uniforme de course. »

Poteau au milieu

Cantin avait rallié l’arrivée 45 secondes derrière le gagnant, le propriétaire de concessions automobiles Robert Coiteux. Seulement huit participants étaient inscrits à cette course de 15 tours.

« Non seulement on roulait à contresens, a renchéri Gervais, mais il fallait aussi contourner un poteau en plein milieu de la piste sur le boulevard du Carmel. Le maire de l’époque [René Matteau] n’a jamais voulu qu’on le déplace. Pour le protéger, on avait installé des balles de foin. On passait de chaque côté du poteau ! »

Après 10 ans au Grand Prix du Canada, Gervais a accepté le poste de directeur général du GP3R pendant trois ans. Il est ensuite revenu à Montréal pour occuper le poste de directeur technique au circuit Gilles-Villeneuve, jusqu’en 1995.

Depuis plus de 25 ans, il est le pilote attitré de la voiture de tête au Grand Prix de Trois-Rivières. Pour la passion.

« Ça achève, a-t-il conclu. Je vais avoir 80 ans dans un mois. J’ai demandé un recomptage, mais je n’ai pas encore reçu les résultats... »