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Statue controversée à Charlottesville: qui était le général Lee?

Statue controversée à Charlottesville: qui était le général Lee?

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Des affrontements entre partisans d’extrême droite et militants antiracistes ont dégénéré, hier, à Charlottesville dans l'État de Virginie, lorsqu’un suprémaciste blanc a foncé dans un groupe de contre-manifestants avec sa voiture, tuant une personne et blessant 19 autres.

Derrière toute cette agitation: la volonté de Charlottesville de déboulonner une statue du controversé général sudiste Robert Lee.

Mais qui était cet homme?

 

 

D'abord fidèle à l'Union

Lorsque les États esclavagistes commencent à faire sécession en 1861, le général Lee reste fidèle au président Abraham Lincoln. Ce n’est que lorsque son État d’origine, la Virginie, quitte l’Union, qu’il rejoint à son tour les États confédérés.

Un héros de guerre?

Il dirigera finalement les troupes confédérées de 1862 jusqu’à la fin de la Guerre de Sécession, en 1865. Le général Lee mènera son armée à quelques victoires avant de devoir capituler.  

Pour les nostalgiques du sud esclavagiste, Lee est un héros de guerre. Or, certains historiens remettent aujourd’hui en doute ses talents de stratèges militaires.

Un abolitionniste?

Certains de ses admirateurs affirment que le général Lee était en réalité opposé à l’esclavage, bien qu’il ait dirigé l’armée sudiste. En effet, en 1856, Robert Lee écrivait à sa femme que l’esclavage «est un mal moral et politique.»

Cependant, ce qu’ils omettent de dire, c’est qu’il poursuit sa lettre en y mentionnant que «les noirs sont incommensurablement meilleurs [aux Etats-Unis] qu’en Afrique, moralement, socialement et physiquement» et que «l’instruction douloureuse qu’ils subissent est nécessaire pour leur éducation et leur race.»

Le général Lee possédait lui-même une dizaine d’esclaves.

Réhabilité dans l’histoire

Le général Lee a été réhabilité dans l’histoire par le président Gerald Ford en 1975 pour souligner son rôle dans la réunification du pays après la Guerre de Sécession.

Malgré tout, il demeure associé au racisme et à l’esclavagisme. Depuis quelques années, beaucoup réclament que les statues à son effigie, qui sont toujours érigées dans plusieurs villes du sud du pays, soient effacées du paysage.

Charlottesville deviendrait la deuxième grande ville américaine à renier la mémoire du controversé général après la Nouvelle-Orléans, qui a démoli son monument en mai dernier.