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Laurence Peyrin – Miss Cyclone: une vie en quatre temps

Laurence Peyrin – Miss Cyclone: une vie en quatre temps
Photo Pascale Lourmand

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La Française Laurence Peyrin, journaliste en presse écrite pendant 20 ans, s’est inspirée de quatre événements marquants de l’histoire contemporaine des États-Unis pour dépeindre l’histoire de deux copines inséparables, Angela et June, dans Miss Cyclone. À 16 ans, elles ont la vie devant elles... et qu’en feront-elles?

Angela et June ont grandi ensemble à Coney Island, endroit de légende pour les fêtes foraines où les new-yorkais se rassemblent pendant la saison estivale. Elles construiront leur vie, année après année. En arrière-plan se déroulent des événements bouleversants comme la mort de John Lennon et l’attentat des Twin Towers en 2001, qui font écho aux changements et aux moments forts de leurs propres vies.

Fan de New York

Laurence Peyrin est fan de New York City, où elle se rend le plus souvent possible. «Je suis en amour avec la ville de New York! J’ai l’impression d’y être née, alors que ce n’est pas le cas», dit la romancière de Grenoble.

«La première fois où j’ai mis les pieds là-bas, je me suis dit que j’écrirais des romans qui se passent là-bas et que ça changerait ma vie. Du coup, ça a marché! Sitôt que j’ai un petit peu d’argent, la première chose que je fais, c’est d’aller à New York. Je suis bien là-bas et c’est vraiment ma source d’inspiration. New York, c’est ce qui m’a fait écrire.»

Pour Miss Cyclone, un roman superbe, inspirant, elle avait envie de faire quatre photographies de la vie d’une femme, en décrivant quatre périodes de vie. «Je ne voulais pas raconter une histoire linéaire, mais que ce soit assez heurté : ce qu’est à une femme à 16 ans, à 25 ans, à 35 et à 40 ans. Je voulais photographier ces étapes, et que ça corresponde à des événements qui se sont vraiment passés et qui ont marqué les gens.»

Pas comme elle

Angela, son héroïne, n’est pas elle du tout. «C’est toujours compliqué quand vous êtes une écrivaine et que vous écrivez sur une femme. Beaucoup de gens s’imaginent que c’est autobiographique. Ça me fait un peu peur parce que c’est pas vrai. Angela, je l’ai dessinée, mais c’est pas moi. Elle a une vite toute tracée et le contrepoids, c’est June, son amie.

«C’était pratique de l’avoir parce qu’elle était la femme libérée, même quand elle a 16 ans. Je n’aurais pas pu écrire Angela sans June. Il fallait un contrepoids à cette idée de la vie qu’on a d’être une femme parfaite, d’être mariée, de passer toute sa vie d’une manière linéaire, de ne pas déborder des cadres.»

«J’imagine que dans chaque femme, il y a ces deux personnes. Celle comme Angela qui veut construire quelque chose de solide et l’autre aussi, qui de temps en temps, veut tout envoyer bouler, qui a envie d’être libre. Entre les deux, il n’y a pas d’idéal.»

Les deux femmes sont témoins d’événements qui ont marqué la vie de millions de gens. «Le 11 septembre 2001, j’ai vu, en direct à la télé, le deuxième avion qui est rentré dans la deuxième tour. J’ai un regret dans ma vie: je n’ai pas connu les tours. J’ai dû écrire ce chapitre en ne sachant pas comment c’était avant. J’ai voulu que ce soit respectueux. »

EXTRAIT

 

«Il semblait qu’en voyant la photo de la femme de John Lennon, effondrée à la sortie du Roosevelt Hospital, le monde entier lui avait pardonné d’avoir contribué à la séparation des Beatles, dix ans auparavant. Sauf Irene qui lui en gardait une rancune tenace.

«Yoko Ono demande à ce qu’on se rassemble tous ensemble à Central Park, annonça Nick comme s’il venait juste de s’entretenir avec la veuve.

Yoko Ono, cracha Irene en lui servant son café. C’est une mygale, cette femme.

Arrête, maman», frissonna Angela.

Elle était vautrée sur le canapé, avalant les programmes du soi qui ressassaient toujours la même chose. On était mercredi, et depuis deux jours l’Assassinat monopolisait les médias.»

 - Laurence Peyrin, Miss Cyclone, Éditions Calmann-Levy