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Projet de minicroisières à la chute Montmorency: inquiétude quant aux impacts environnementaux

Projet de minicroisières à la chute Montmorency: inquiétude quant aux impacts environnementaux
PHOTO DIDIER DEBUSSCHERE

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Le projet de Croisières AML de minicroisières au pied de la Chute Montmorency préoccupe l’organisme de bassins versants Charlevoix-Montmorency (OBV-CM), qui estime que le projet, s’il est retenu, devra être soumis à une enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

«C’est pas demain la veille qu’on va voir des bateaux dans le bassin, croit le directeur de l’OBV-CM, Jean Landry. Il y a plusieurs étapes qui devront être franchies avec succès et pour nous, c’est clair qu’il y va y avoir un BAPE là-dessus, parce que ça a trop d’impact sur l’environnement.»

L’organisme se questionne notamment sur les travaux qui devraient être faits pour permettre à un catamaran de se rendre jusqu’au pied de la chute.

Selon M. Landry, la construction d’une digue – pour contrôler le niveau d’eau – et le creusage d’un chenal dans le lit du bassin seraient inévitables.

Travaux d’excavation

«Quelle va être l’ampleur des travaux et comment ils vont faire pour creuser leur lit sachant qu’il y a une rivière qui coule juste en arrière, et qu’on ne peut pas arrêter l’eau de s’écouler plus que quelques heures?», s’interroge M. Landry.

«Selon moi, je ne suis pas ingénieur, mais on parle de plusieurs mois de travail de creusage et de dynamitage du lit, donc il faut que ça se fasse à sec. Comment ils vont faire? Et s’ils le font, quel va être l’impact sur la faune et la flore locale?», poursuit le directeur, spécifiant qu’une importante frayère à esturgeons se situe à l’embouchure du bassin.

«S’ils construisent un barrage, j’imagine qu’ils vont prendre les mesures pour protéger cette frayère-là.»

Inondations

Si le projet à l’étude voyait le jour, l’impact lors des crues soudaines inquiète aussi l’organisme.

«On parle de reproduire le niveau des hautes marées en tout temps; ça va avoir quoi comme impact lors des crues qu’on connaît quand il y a des orages importants? [...] Dans le bassin, l’eau monte assez rapidement, et s’il y a un 40, 60, 100 mètres cubes seconde qui provient de la rivière, elle va aller où cette eau-là? Il va falloir qu’elle déborde quelque part», souligne M. Landry.

Étude de risques

Le Journal a par ailleurs appris que l’expert Michel Leclerc, professeur honoraire de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), a été recruté par la SÉPAQ pour effectuer une étude de risques sur le projet en question.

Celui qui est aussi président de l’OBV-CM – mais qui n’a pas été mandaté sous ce chapeau par la SÉPAQ – serait sur le point de remettre son rapport.

Jointe par Le Journal mercredi, Croisières AML n’a pas souhaité donner davantage de détails sur le projet qui soulève de nombreux questionnements.

La SÉPAQ, de son côté, refuse de commenter, indiquant que le projet fait partie des projets évalués pour permettre aux visiteurs de s’approcher du pied de la chute.