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Matelas René ne s’endort pas sur ses lauriers

Fondée par Jean-Louis René, l’entreprise est toujours dans le giron familial

Matelas René
Photo Amélie St-Yves Mathieu et Marie-Pierre René prendront un jour les rênes de Matelas René. On les voit ici avec leur oncle Jacques René, dans l’usine de Nicolet.

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NICOLET | L’entreprise familiale Matelas René célèbre cette année sa 70e année d’existence. Tout a commencé par l’idée un peu folle de vendre des matelas au porte-à-porte sur les routes de campagne du Québec.

En 1947, la mode était de vendre des matelas qui avaient le plus de ressorts possible. Pour Jean-Louis René, ça n’avait aucun sens. Il croyait plutôt qu’un bon matelas devait avoir des ressorts plus résistants, mais pas nécessairement plus nombreux.

Avec cette idée d’avoir des ressorts plus durs, il s’est associé à Albert Comeau pour fonder Atelier Comeau et René enr., qui allait devenir Matelas René dans les années 1950.

« À cette époque, les matelas étaient durs comme de la roche. Avoir des ressorts plus résistants, c’était parfait pour les cultivateurs », raconte Jacques René, le fils du fondateur et directeur des opérations pour les Boutiques AuLit, qui appartiennent à Matelas René.

Sur l’auto

Jean-Louis René a eu l’idée de remplir un camion et d’aller frapper aux portes. « Quand j’y repense aujourd’hui, je me dis que ça n’avait aucun sens. Il a eu jusqu’à 25 camions qui faisaient le tour des campagnes du Québec », raconte Jacques René.

Jean-Louis René était un travailleur acharné. Le père de sept enfants changeait de voiture tous les deux ou trois ans, et, chaque fois, il disait qu’il n’attacherait jamais un matelas dessus. Mais quand un client avait besoin d’une livraison, il finissait toujours par le faire.

« Dans le temps, c’étaient des gros véhicules et, une fois, il est allé à Montréal avec quelque chose comme quatre matelas attachés sur le toit de l’auto, et il en avait aussi attaché un sur la valise », raconte en riant son fils.

En 1985, deux fils de Jean-Louis René ont racheté la société, au grand soulagement du père, qui commençait à être fatigué de pousser l’entreprise.

Un artiste

Dans ses années de retraite, il était très fier de voir, depuis la cour arrière de sa résidence, les camions de matelas sortir de l’usine de Nicolet. Il est décédé il y a maintenant une vingtaine d’années.

« Mon père était un artiste avant tout. Ce n’était pas le meilleur administrateur, mais il avait une imagination extraordinaire et il voulait le bien-être des gens », raconte Jacques René.

En 2014, les Boutiques Matelas René ont changé de nom pour les Boutiques AuLit, qui appartiennent toujours à Matelas René, afin de favoriser la vente de produits connexes comme des oreillers et des housses de couette.

Une troisième génération de René se prépare maintenant à reprendre l’entreprise. Matelas René vend aujourd’hui 50 000 matelas par année et emploie 80 personnes, dont environ 25 dans les Boutiques AuLit.

 

L’évolution du matelas

Années 1950 : Plus le matelas était ferme, plus il était considéré comme bon. Ils étaient composés de couches de feutre compressées et de ressorts.

Années 1970 : Les gens commencent à rechercher un confort moelleux. Différentes sortes de mousses sont de plus en plus utilisées, elles finiront par éclipser le feutre.

Années 1980 : On commence à travailler à la manière européenne, c’est-à-dire avoir une partie du matelas qui constitue un bon support, avec un autre coussin différent sur la partie supérieure, pour un meilleur confort.

Années 2000 : Des sommes importantes sont investies en recherche et développement pour toujours améliorer le produit et répondre aux différents besoins, que ce soit pour les hôpitaux ou les jets privés. Différentes gammes apparaissent, jusqu’au matelas entièrement biodégradable.