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En attendant le SRB, le tramway, le métro...

En attendant le SRB, le tramway, le métro...
Photo Jean-François Desgagnés

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Il est pour le moins particulier que le Réseau de transport de la Capitale (RTC) présente son plan de refonte majeure alors qu’on ne sait toujours pas quelle sera la pièce maîtresse du réseau de transport structurant de Québec.

En mode préélectoral, l’administration Labeaume s’emploie à démontrer de multiples façons qu’elle s’occupe du dossier du transport en commun. On veut certainement aussi faire oublier un peu le cafouillage dans le dossier du service rapide par bus (SRB).

Ainsi, le RTC a convoqué la presse demain pour présenter les détails sur le Sommet sur la mobilité internationale. En plus des consultations publiques sur la mobilité durable qui se dérouleront de jeudi à samedi, le RTC a senti le besoin de présenter hier ce plan de développement, qui fera lui aussi l’objet de consultations la semaine prochaine. Qui pourra venir dire ensuite qu’on n’a pas consulté la population?

Je me questionne sur le fait que la Ville et le RTC mènent deux démarches en parallèle, alors que le développement du réseau de transport en commun et le choix d’un moyen lourd (tramway, SRB, métro ou autre) devraient être intimement liés.  Serait-ce que le choix du moyen en question est déjà bien arrêté? Plusieurs le croient.

Le maire Labeaume a rétorqué que le RTC ne pouvait attendre la suite, qui prendra plusieurs années, et devait bouger. Le tout pourra ensuite s’arrimer selon lui.

«On prépare l’arrivée d’un mode lourd plus tard, a pour sa part expliqué Rémy Normand, président du RTC. Tout ce qu’on a comme résultat sera mis à profit dans l’exercice de la mobilité intégrée.» Le RTC ne propose pas de tests, notamment en ajoutant des Métrobus, a-t-il précisé. On répond plutôt à des besoins en terme de déplacements.

Moyen nécessaire

Le directeur général du RTC, Alain Mercier, a par ailleurs reconnu hier qu’un mode lourd sera nécessaire et s’avère un incontournable pour décongestionner le réseau routier de Québec. Il a aussi mentionné que la nouvelle mouture du réseau ne changera pas selon le moyen choisi par la Ville.

Certes, une grande part du plan pour l’avenir du RTC pourra être récupérée et arrimée avec le nouveau moyen de transport lourd. Le RTC devra toutefois revoir ses priorités afin de les adapter à ce moyen selon qu’il s’agisse d’un SRB, d’un tramway, d’un métro ou autre.

On peut se demander si on n’est pas encore en train de perdre du temps et de l’argent, comme on l’a trop fait depuis 10 ans.

Pour la cheffe de l’opposition, Anne Guérette, il n’est pas normal d’être encore dans les grands principes et l’architecture de base, après avoir dépensé 15 M$ d’argent public depuis 2007. Il est vrai qu’on a l’impression de tourner en rond et de recommencer sans cesse les processus de consultation.

Il ne faudrait pas que Québec passe son tour alors que des possibilités de financement sont présentement disponibles. «Le gouvernement fédéral a de l’argent et n’accepte pas de financer les projets d’autobus seulement», rappelait hier Christian Savard, directeur de Vivre en ville et porte-parole d’un collectif de groupes environnementaux qui suggère de creuser un tunnel entre la basse-ville et la colline parlementaire afin d’y implanter un tramway.

M. Savard rappelle que plusieurs autres grandes villes au Canada sont en train de développer un projet de transport collectif. Montréal a son REM, Ottawa son train léger sur rail, Toronto travaille sur différents fronts. Même Waterloo, qui compte à peine 100 000 habitants, a son projet de train léger sur rail. «Le prochain coup il faudra faire vite, car une idée qui traîne finit par se salir, illustre-t-il. Les gens finissent par ne plus y croire.»