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La France grande puissance

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À l’époque du Général de Gaulle, peu de gens doutaient du statut de grande puissance de la France. Sous François Hollande, le qualificatif portait à sourire. Emmanuel Macron revendique haut et fort le statut de grande puissance.

Il cherche à faire de la France une grande puissance du 21e siècle. Une France assise sur les épaules de l’Europe. Si le président français y parvient, il aidera indirectement le Québec à ressourcer son identité nationale.

1. Quel est le rang actuel de la France ?

La France d’aujourd’hui est une grande puissance. Son armée est la cinquième au monde, après celles des États-Unis, de la Chine, de la Russie et de l’Inde. Son économie est la cinquième plus grande au monde. Le français est la sixième langue la plus parlée, avec 264 millions de locuteurs. Elle est aussi la quatrième langue étrangère la plus apprise sur la planète, derrière l’anglais, l’arabe et le mandarin. La France est une grande puissance diplomatique, entre autres parce qu’elle est un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

2. Pourquoi la France a-t-elle besoin de l’Europe pour rester une grande puissance ?

La puissance militaire et économique de plusieurs pays augmente rapidement. Des États comme l’Indonésie, le Brésil, l’Inde ou le Pakistan pourraient gagner des places dans le classement mondial. D’ici vingt ou trente ans, la France risque d’être reléguée au rang de puissance moyenne. La solution la plus simple pour la France consiste à consolider l’Europe autour d’elle. Mais il faut pour cela que les autres pays européens veuillent d’un leadership de la France et de quelques autres pays. Ce leadership est loin d’être accepté. Cependant, la France de Macron et l’Allemagne de Merkel forcent le pas. Par exemple, les deux pays viennent de se mettre d’accord pour des achats conjoints d’avions militaires.

3. Que veut faire Macron ?

Dans une entrevue cette semaine au magazine Le Point, Macron explique qu’il veut faire sortir la France de « l’esprit de défaite ». Il propose aux Français de « réinvestir un imaginaire de conquête » et de « reconstruire un héroïsme politique ». Il désire une économie plus souple, une armée plus forte et un système d’éducation plus solide. Mais selon Macron, toutes ces ambitions ne peuvent aboutir qu’à condition de libérer l’entrepreneuriat. Il propose donc des baisses d’impôts aux entreprises et un assouplissement du Code du travail. Par exemple, plus d’heures de travail par semaine ou plus de latitude aux employeurs pour embaucher ou renvoyer des employés.

4. Quels obstacles Macron va-t-il rencontrer ?

La France est très divisée. Heureusement pour Macron, une partie des syndicats est en faveur des réformes du Code travail qu’il propose. Mais il est loin d’être acquis que les baisses d’impôt des entreprises se traduiront par davantage d’investissements en France. Le plus grand obstacle de Macron est probablement l’Europe, dont le modèle actuel a atteint ses limites. Tout l’avenir de l’Europe va se jouer dans le dosage de nationalisme et de fédéralisme qui sera proposé aux peuples européens.

5. En quoi une France redevenue pleinement une grande puissance aide-t-elle le Québec ?

Le Québec a deux soleils. L’un est américain, l’autre est français. Si le Québec se rapproche ou s’éloigne trop de l’un ou de l’autre, il se brûle ou il gèle. Ces dernières décennies, il s’est beaucoup trop rapproché du soleil américain. Si le soleil français brille à nouveau, le Québec sera naturellement attiré par lui.