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On lui diagnostique la maladie de Lyme après 16 ans de souffrance

Elle croyait qu’elle avait la sclérose en plaques et prenait les mauvais médicaments

Depuis le mois de juin, Sophie Legault prend des produits naturels et deux antibiotiques pour traiter la maladie de Lyme et elle se sent beaucoup mieux.
Photo courtoisie, Jérémy Legault-Pelletier Depuis le mois de juin, Sophie Legault prend des produits naturels et deux antibiotiques pour traiter la maladie de Lyme et elle se sent beaucoup mieux.

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MONT-TREMBLANT | Une femme de 35 ans qui croyait avoir la sclérose en plaques depuis 16 ans aurait plutôt été atteinte de la maladie de Lyme.

Le 20 juin, Sophie Legault a appris qu’elle avait la maladie de Lyme, un syndrome transmis par la piqûre d’une tique. La maladie a évolué vers le nord dans les dernières années, favorisée par les changements climatiques.

En 2001, des médecins québécois ont annoncé à Mme Legault qu’elle souffrait de la sclérose en plaques, dont les symptômes sont semblables à la maladie de Lyme. Pendant 16 ans, elle a pris différents médicaments contre cette maladie, mais ils ne fonctionnaient pas, selon elle. Elle a donc perdu graduellement de la force dans ses jambes, ce qui l’a obligée à quitter son emploi de technicienne en laboratoire en 2016.

Plattsburgh

Après avoir visionné un documentaire sur la maladie de Lyme en décembre dernier, Mme Legault est allée consulter la Dre Maureen McShane, à sa clinique de Plattsburgh aux États-Unis, qui a diagnostiqué la maladie.

La spécialiste américaine n’a pas voulu se prononcer quant à une erreur du diagnostic de sclérose en plaques pour Mme Legault, mais selon elle, il n’est pas rare de voir de faux diagnostics.

« C’est plus que probable, j’ai déjà eu une patiente qui n’avait pas la sclérose en plaques malgré un diagnostic dans ce sens. Elle avait plutôt la maladie de Lyme », a expliqué la Dre Maureen McShane. Elle estime que le fait que les médicaments contre la sclérose en plaques ne fonctionnaient pas est un bon indicateur.

Monter les escaliers

Depuis deux mois, Mme Legault prend un cocktail d’antibiotiques, des produits naturels et suit un régime alimentaire sévère pour lutter contre la maladie de Lyme. Son état de santé s’est grandement amélioré en l’espace de quelques semaines, elle qui est maintenant capable de monter les escaliers de sa demeure sans devoir s’arrêter, ce qu’elle n’avait pas fait depuis trois ans.

« Le traitement fonctionne vraiment bien. J’étais environ à 30 % de mes capacités quand j’ai eu le diagnostic, alors qu’aujourd’hui je me retrouve à 60 %. C’est magique », a-t-elle ajouté.

La Dre McShane assure que la maladie de Lyme sévit depuis longtemps au Québec, mais qu’elle était inconnue des spécialistes.

« J’ai moi-même contracté la maladie de Lyme en 2003 au Québec, donc elle existait dans le secteur. Aujourd’hui, on en retrouve même dans les régions du nord du Québec », a expliqué celle qui a reçu une patiente de Sept-Îles récemment.

Sophie Legault ne sait pas trop comment elle a contracté la maladie de Lyme. Elle vivait à Farnham, près de la frontière américaine en 2001. Les premiers cas au Québec ont été répertoriés dans cette région en 2002-2003.

« Je demeurais dans une région avec de longues herbes et beaucoup de boisés. L’environnement parfait comme habitat pour une tique qui m’a sûrement piquée », dit-elle.

Maladie de Lyme

  • De 2011 à 2016, le nombre de cas de maladie de Lyme est passé de 34 à 179
  • Les régions les plus touchées sont l’Outaouais, la Montérégie, l’Estrie et la Mauricie
  • 2158 tiques ont étéanalysées en 2016

source : Institut national de santé publique