/news/provincial
Navigation

Des commerçants n’en peuvent plus des travaux

Un épicier songe à fermer temporairement et une résidente a déménagé

DM travaux couillard-01
Photo Agence QMI, Daniel Mallard En cours depuis le 1er mai, les travaux de réfection qui devaient se terminer en juillet s’étirent maintenant jusqu’à la fin du mois d’octobre. Une situation qui exaspère les commerçants et les résidents de la rue Couillard.

Coup d'oeil sur cet article

Touristes, commerçants et résidents de la rue Couillard, dans le Vieux-Québec, n’en peuvent plus des travaux de réfection qui s’étirent depuis plusieurs semaines. Essuyant des pertes financières d’au moins 25 000 $ depuis le début de la saison estivale, l’épicier du coin songe même à fermer temporairement, alors qu’une résidente a quitté le quartier.

« Je ne sais pas ce que je vais faire, c’est décourageant », mentionne le propriétaire de l’Épicerie de la Rue Couillard, Hai Feng, qui a dû « couper » l’équivalent d’un employé et demi pour pouvoir payer ses comptes. « Je ne suis pas contre ces travaux, il faut les faire, mais ce n’est pas normal que ce soit aussi long », a-t-il indiqué, déplorant par ailleurs le manque d’information par l’administration municipale.

Le propriétaire de l’Épicerie de la Rue Couillard, Hai Feng, a dû «couper» l’équivalent d’un employé et demi pour payer ses factures.
Photo Agence QMI, Daniel Mallard
Le propriétaire de l’Épicerie de la Rue Couillard, Hai Feng, a dû «couper» l’équivalent d’un employé et demi pour payer ses factures.

« Pour moi, c’était vraiment trop, j’ai décidé de déménager », mentionne Nesrine Kaci, qui ne pouvait plus exploiter sa garderie en milieu familial. « Si ce n’était pas de la garderie, j’aurais quand même changé de secteur », précise-t-elle.

Ils n’étaient pas les seuls à en avoir gros sur le cœur, lors du passage du Journal, hier. Et, personne n’est encore au bout de ses peines, alors que la Ville a annoncé le prolongement des travaux jusqu’à la fin du mois d’octobre.

À l’Auberge de la Paix, certains touristes ne sont même pas arrivés à trouver l’endroit cet été, selon le responsable Nicolas Binette. « Encore ce matin, j’avais un groupe de huit personnes qui partait pour l’aéroport, mais le taxi ne pouvait pas venir les chercher », a-t-il indiqué.

Découvertes archéologiques

« Ça n’en finit plus. Mon conjoint est même allé leur demander ce qu’il se passait et on lui a répondu qu’on n’avait pas posé les tuyaux de Gaz Métro du bon bord ! » déplore Johanne Bouffard, visiblement découragée. « C’est certain que c’est difficile quand on reçoit des gens, on ne sait plus trop où les envoyer », mentionne pour sa part Karine Déry.

La porte-parole de Gaz Métro a toutefois tenu à préciser que la conduite avait effectivement été changé de côté, à la demande de la Ville. « Nous avons effectivement déplacé une conduite présente sur la rue Couillard afin de l’installer de l’autre côté de la rue pour laisser place aux nouvelles infrastructures. Par contre, il est à noter que cette dernière était installée depuis le début des années 1980 sur la rue Couillard. Nous recevons à l’occasion ce genre de demande lorsque des villes souhaitent réaliser des travaux à des emplacements où se trouvent des conduites appartenant à Gaz Métro », a mentionné Maude-Hélène Chaput.

Selon Wendy Whittom, porte-parole à la Ville de Québec, des découvertes archéologiques ont ralenti les travaux, qui devaient initialement se terminer en juillet.

Ainsi depuis le 1er mai, une partie de la rue Couillard, à l’angle de la rue Christie, est totalement inaccessible. Les automobilistes qui s’y aventurent, lorsque la rue n’est pas complètement barrée, doivent rebrousser chemin à reculons, pour regagner la rue Saint-Jean.

Au café Temporel, la propriétaire estime avoir subi « une baisse », mais elle espère pouvoir rester ouverte lors des prochains travaux, qui se déplaceront directement devant son restaurant au cours des prochains jours.

Aucun dédommagement

Malgré les maux de tête que causent les travaux de réfection des conduites souterraines – dont certaines datent des années 1900 – aux citoyens et commerçants, la Ville de Québec ne prévoit pas de dédommagement pour les accommoder.

« Il n’existe pas de programme de ce genre. Il est à noter que, en 2017, 580 chantiers touchent le réseau routier et que plusieurs d’entre eux sont réalisés à proximité de commerces », a indiqué Mme Whittom, précisant que les travaux étaient « nécessaires pour maintenir un état fonctionnel et optimal des infrastructures de surfaces et souterraines ».

Une situation qui dérange

« Hier, j’ai dû laisser les trucs plus lourds de mon épicerie dans l’auto puisque je ne pouvais pas venir avec la voiture ! »

– Johanne Bouffard, résidente de la rue Couillard

« Pour moi c’était trop, j’ai décidé de déménager »

– Nesrine Kaci, qui demeure maintenant dans le secteur de Beauport

« Pour les touristes qui arrivent ici, c’est très compliqué, surtout ceux qui sont en voiture »

– Nicolas Binette, responsable de l’Auberge de la Paix

« Leurs demandes d’accommo­dation ont reçu des réponses positives, notamment l’installation d’une pancarte de direction annonçant que les commerces sont ouverts »

– Wendy Whittom, porte-parole à la Ville de Québec