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Les vieux succès passent le K.O. aux nouveautés

Arcade Fire a eu besoin de ses classiques pour satisfaire ses fans au Centre Vidéotron

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Le premier round de la tournée nord-américaine d’Arcade Fire n’a enflammé le Centre Vidéotron qu’à moitié, mardi soir, et les bancs vides en trop grand nombre, contrairement à ce qu’on craignait, n’étaient pas la cause de cette soirée en dents de scie.

Devant une foule annoncée de plus de 5 000 personnes, le collectif montréalais a plutôt frappé un mur avec ses nouvelles chansons.

Ce n’est pas compliqué, chaque fois qu’Arcade Fire pigeait dans le répertoire d’Everything Now, leur nouvel album paru en juillet, l’atmosphère tombait à plat. Voilà qui est inhabituel pour la troupe montréalaise. À son premier passage à Québec, avant la sortie de The Suburbs, en 2010, les nouvelles pièces avaient fait un tabac. Reflektor, il y a quatre ans, avait aussi séduit d’emblée les foules.

Les classiques font mouche

À l’inverse, le public affichait un enthousiasme débordant dès que le groupe ressortait les classiques de ses premiers albums, en particulier les hymnes rassembleurs de Funeral et Neon Bible. L’ovation et la participation vocale spontanée du public pour les Tunnels, No Cars Go et l’électrisante Power Out ne mentaient pas. Leur pouvoir d’attraction est toujours aussi élevé.

C’est justement Rebellion (Lies) qui a mis le feu aux poudres après un début de concert timide. Arrivés par une extrémité de la patinoire à la façon de champions poids lourds de boxe, les musiciens évoluaient sur une scène centrale transformée en ring de boxe.

Or, même si le coup d’œil était joli avec les écrans géants qui surplombaient la structure, on a très vite senti les neuf musiciens à l’étroit. Le fringant Will Butler n’a d’ailleurs pas tardé à quitter l’arène pour aller voir les fans de plus près.

Plus tard, les câbles ont disparu mais on aurait quand même aimé que le groupe, anormalement statique par moments, dispose d’un plus vaste espace pour s’éclater.

Humour douteux

Par contre, Arcade Fire a poussé le bouchon trop loin en diffusant des capsules vidéo à l’humour douteux parodiant des info-publicités avant de monter sur scène.

Un personnage au visage argenté – on reconnaissait la silhouette de Win Butler – exhortait les fans à se procurer des souvenirs de la tournée en plus de leur demander de « faire du bruit pour le hockey junior », rappelant une déclaration malheureuse de Guy A. Lepage.

Butler a été beaucoup plus pertinent quand il a livré un message pro-immigration avant que sa femme Régine ne se lance dans Haïti, son hommage à la terre de ses parents.

Les fans canadiens se font tirer l’oreille

Québec n’est pas le seul endroit où Arcade Fire peine à vendre les billets de sa tournée Infinite Content. À quelques heures de son retour sur scène à Montréal, il reste encore beaucoup de très bons billets à vendre au Centre Bell.

Il y a trois ans, alors qu’il était au sommet de sa popularité, le groupe montréalais avait pourtant conclu la tournée Reflektor devant une foule évaluée à au moins 20 000 personnes (et même plus selon les estimations des médias) au parc Jean-Drapeau. Or, tout indique qu’Arcade Fire ne fera pas salle comble ce soir.

Lent à Montréal

En consultant le plan de l’amphithéâtre de la billetterie en ligne du promoteur evenko, on peut voir que des places sont disponibles en bonne quantité dans plusieurs sections entourant la scène centrale sur laquelle Arcade Fire s’exécutera. On pouvait même, hier, en acheter huit collés tout près du parterre, qui affiche pour sa part complet.

À Québec, où la tournée prenait son envol mardi soir, la vente de billets a rapidement stagné. Au point où Gestev a dû émettre une nouvelle série de billets à 35 $, au cours des derniers jours, afin de stimuler l’intérêt pour le spectacle.

Le Canada réticent aussi

Comment expliquer la retenue des mélomanes envers un groupe qui a fait sensation partout sur la planète? Est-ce que leur plus récent album Everything Now, qui a divisé les critiques, a refroidi l’ardeur des fans?

Chose certaine, le phénomène s’observe aussi hors du Québec, car d’autres villes canadiennes se font tirer l’oreille. À Ottawa, des milliers de places sont encore disponibles pour le concert prévu samedi auCentre Canadian Tire. Idem à Calgary et Edmonton. Dans tous ces cas, les concerts sont prévus dans des arénas pouvant contenir plus de 17 000 personnes, comme à Montréal et Québec.

À Toronto, le Centre Air Canada sera le théâtre de deux concerts d’Arcade Fire. Si le premier s’est fort bien vendu, des billets par milliers demeurent invendus pour le second.