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Statu quo sur les demandes d’accommodements, déplore la FQMS

«Pour nous, la façon de régler la situation et de permettre aux gens de travailler, c’est la laïcité. Le fait qu’on ait une neutralité religieuse fait en sorte qu’il reste encore du mou et du flou», estime Diane Francoeur, la présidente de la FMSQ.
Photo d'archives Simon Clark «Pour nous, la façon de régler la situation et de permettre aux gens de travailler, c’est la laïcité. Le fait qu’on ait une neutralité religieuse fait en sorte qu’il reste encore du mou et du flou», estime Diane Francoeur, la présidente de la FMSQ.

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Le projet de loi sur la neutralité religieuse risque fort de ne rien changer à la problématique des nombreuses demandes d’accommodements raisonnables dans les hôpitaux, s’inquiète la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

«Pour nous, la façon de régler la situation et de permettre aux gens de travailler, c’est la laïcité. Le fait qu’on ait une neutralité religieuse fait en sorte qu’il reste encore du mou et du flou», estime Diane Francoeur, la présidente de la FMSQ.

La ministre Stéphanie Vallée a présenté le mois dernier ses amendements au projet de loi 62, qui revient pour son étude détaillée jeudi, à l’Assemblée nationale. Le document prône les échanges de services publics à visage découvert et affirme la neutralité religieuse de l’État. Il s’agit là d’un «premier pas», aux yeux de Dre Francoeur, qui aurait toutefois souhaiter davantage.

Discrimination

Quotidiennement, des patients refusent d’être pris en charge par des membres du personnel hospitalier en raison de leur sexe, leur religion, leur orientation sexuelle ou même leur apparence, expose-t-elle. La laïcité dans les établissements permettrait de pallier à ces problématiques, «dans le sens que la religion ne sera pas un enjeu, point final», soutient la présidente de la FMSQ.

«Ça devrait être la seule valeur qui est prônée, plaide-t-elle. On est là pour soigner les gens. On ne devrait pas à s’embêter avec les valeurs religieuses de part et d’autre.»

Accommodements

Le projet de loi 62 prévoit des critères afin de traiter les demandes d’accommodements raisonnables pour des motifs religieux, en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne. La requête, «sérieuse», doit notamment respecter le droit à l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que le principe de neutralité religieuse de l’État, peut-on lire.

«Pour moi, c’est des beaux grands principes qui ne règlent pas les problèmes à deux heures du matin dans les établissements», déplore Dre Francoeur, qui militait pour des balises plus précises au moment des consultations sur le projet de loi, en 2016.

Surtout qu’en situation d’urgence, c’est le personnel qui traite la demande. «On aurait souhaité que notre ministre de la Justice ait plus de courage pour nous enlever ça de notre assiette parce que malheureusement, quand les responsables ne sont pas là, c’est le personnel, au front, qui doit gérer ça», ajoute-t-elle.