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La légalisation du pot embête l'Université Laval

Un casse-tête pour la nouvelle rectrice

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Carmine Marinelli/Postmedia Netw Il sera « très difficile » d’interdire complètement la consommation de cannabis sur le campus.

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La légalisation du cannabis représente un casse-tête pour les universités québécoises, qui ont commencé à réfléchir aux règles à mettre en place pour encadrer « de façon responsable » la consommation de marijuana sur les campus.

La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, ne cache pas que le défi est grand. « On va devoir se poser des questions et apporter des réponses, mais on ne les a pas aujourd’hui. Tout le pays va devoir apprendre à en faire un usage de façon responsable », a-t-elle affirmé au Journal.

Les discussions à ce sujet ont commencé dans le réseau universitaire, indique la secrétaire générale, Monique Richer. « Je reçois des courriels provenant d’autres secrétaires généraux qui me demandent : qu’est-ce que vous allez faire ? Tout le monde se regarde. C’est un sujet très sensible », dit-elle.

Les enjeux sont nombreux puisque la tranche d’âge de 20 à 25 ans représente une « période critique pour laquelle on a besoin de balises », poursuit Mme D’Amours qui prône une action concertée. « Il y a toutes sortes d’éléments à saisir. Si chaque établissement commence à établir des périmètres et des règles... Je pense qu’on devrait avoir une perspective plus globale, particulièrement pour cette tranche d’âge là », affirme-t-elle.

La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours.
Photo Stevens LeBlanc
La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours.

Encadrer plutôt qu’interdire

Il serait par ailleurs « très difficile » d’interdire complètement la consommation de cannabis sur le campus, « surtout si c’est accepté socialement », ajoute Mme D’Amours. « On travaille avec des adultes, on vit avec des adultes. Si les lois permettent, il faudra se poser la question de la limite de cet usage sur le campus », affirme-t-elle. L’Université Laval est l’hôte chaque année de plusieurs événements, comme les rassemblements qui précèdent les matchs du Rouge et Or. Plusieurs étudiants vivent aussi sur le campus, dans les résidences.

La réflexion est aussi en cours dans d’autres universités québécoises. L’Université McGill « explore la possibilité de faire du campus un environnement sans fumée » et tiendra compte de la consommation de cannabis dans ce contexte, a indiqué le responsable des relations avec les médias, Justin Dupuis. De son côté, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) attend les directives du gouvernement à ce sujet, indique-t-on.

Encore plus complexe dans les cégeps

La situation pourrait être encore plus complexe dans les cégeps, qui accueillent aussi des mineurs à qui le cannabis sera interdit. La Fédération des cégeps consulte présentement ses membres afin de prendre position sur ces enjeux. De son côté, le directeur du cégep Limoilou prône l’interdiction totale du cannabis dans son établissement. « Nous, jusqu’à preuve du contraire, ça va être tolérance zéro », a-t-il récemment affirmé au Journal.

Lors d’un récent entretien avec Le Journal, la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a refusé d’interdire d’emblée la consommation de marijuana sur les campus des cégeps et universités de la province.

5 enjeux importants

  1. Doit-on interdire totalement ou partiellement la consommation de cannabis ?
  2. Si la consommation est tolérée à certains endroits ou moments, quelles seront les règles à mettre en place ?
  3. Comment encadrer la consommation de cannabis dans la nourriture ?
  4. Quelles seront les règles qui encadreront la possession, la vente et la distribution ?
  5. Comment encadrer la consommation chez les employés ?