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Les employés de la SAQ veulent vendre du pot

Le commerce du vin et de la marijuana se feraient dans des succursales distinctes dans la province

Bloc SAQ
Photo d'archives Stevens LeBlanc Les syndicats croient qu’il est impossible de créer une nouvelle société d’État pour le cannabis d’ici juillet 2018. Mais le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, ne veut pas que la drogue et l’alcool soient vendus aux mêmes endroits.

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Deux syndicats de la SAQ veulent que la société d’État obtienne le monopole de la vente de cannabis au Québec.

Les deux groupes proposent d’utiliser le réseau de distribution de la Société des alcools du Québec (SAQ), mais avec des employés qui travailleraient dans des boutiques distinctes.

Ils présenteront cette position à l’occasion des consultations publiques sur l’encadrement du cannabis, qui se dérouleront aujourd’hui et demain à Montréal.

« On parle de créer un département ou même une filiale de la SAQ qui utiliserait les mêmes entrepôts », explique Pierre-Guy Sylvestre, conseiller syndical au SCFP qui représente notamment les camionneurs, les agents de sécurité, les opérateurs à l’embouteillage de la SAQ.

Ce département du cannabis relèverait du ministère de la Santé, suggère le syndicat.

« Il est inutile de créer une deuxième Société d’État, on en a déjà une spécialisée dans la distribution de matière illicite », opine Katia Lelièvre, porte-parole du syndicat des employés de magasins et de bureaux, le SEMB-SAQ.

Ces employés iraient-ils dans les boutiques de cannabis ? « Ça reste à voir », poursuit Mme Lelièvre.

Tous pour un monopole

La distribution du cannabis sera abordée par plusieurs intervenants ces jours-ci. Les deux syndicats font valoir que la création d’une toute nouvelle société d’État d’ici la légalisation du cannabis, le 1er juillet 2018, est pratiquement impossible.

« La SAQ a déjà un réseau de distribution qu’on a juste à agrandir pour ouvrir de nouveaux magasins. [...] il n’y a vraiment plus de temps à perdre », insiste Mme Lelièvre.

Lors du Forum d’experts sur l’encadrement du cannabis en juin, plusieurs voix issues du milieu de la santé avaient plaidé en faveur de la création d’une nouvelle société d’État.

Le Barreau du Québec et les Fédérations des médecins spécialistes viendront également exprimer ce point de vue aux consultations.

L’association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) veut de son côté pouvoir distribuer le cannabis thérapeutique en pharmacie.

« Pour des questions de santé publique et de prévention, il est primordial de distribuer, dans des systèmes distincts, le cannabis thérapeutique et le cannabis récréatif », a expliqué Rafaëlle Perron, aux affaires publiques de l’AQPP.

En mai, le président de la SAQ, Alain Brunet, affirmait qu’il n’avait jamais étudié la possibilité de vendre du cannabis puisque le gouvernement ne lui avait tout simplement pas confié ce mandat.

Pas de réflexion à la SAQ

Le ministre des Finances Carlos Leitao a confirmé hier qu’aucun chantier de réflexion n’a été amorcé à la SAQ depuis, puisqu’il ne veut rien entendre de la vente de cannabis aux côtés de l’alcool.

Quant à savoir si une autre branche de la même société pouvait voir le jour, il n’a pas fermé la porte.

Le gouvernement du Québec déposera cet automne son projet de loi sur l’encadrement du cannabis. La distribution du cannabis sera un enjeu important.

La Fédération des policiers du Québec, qui a dénoncé le fait que seulement 1 % des policiers ont reçu une formation pour détecter le cannabis au volant, a déploré hier le fait que les enjeux de sécurité publique occupent peu de place dans le débat public.