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Une 100e pour Sagan au Grand Prix Cycliste de Québec

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Le double champion du monde Peter Sagan a laissé son empreinte sur les pavés de la Grande Allée en raflant de brillante façon sa 100e victoire professionnelle en carrière lors du 8e Grand Prix Cycliste de Québec.

Le favori de la foule n’a pas eu besoin de jouer la comédie pour remporter un deuxième titre consécutif dans la capitale. Le Slovaque de 27 ans était simplement trop fort en lançant lui-même le sprint.

« 100 est un chiffre très spécial. C’est peut-être mieux de vivre 100 ans ! Ce n’est jamais assez. Je pense que je vais continuer pour en gagner 200 ! », a badiné le cycliste avant de recevoir plusieurs cadeaux pour souligner cette nouvelle marque.

Au bout de 201,6 km, Sagan (Bora-Hansgrohe) a levé les bras en vainqueur avec un chrono 5 h 32 s pour une vitesse moyenne de 40,25 km/h et 16 dures ascensions de la côte de la Montagne.

Encore au 2e rang

Sous un soleil inespéré, il a devancé le Belge Greg Van Avermaet (BMC) et l’Australien Michael Matthews (Sunweb), un podium attendu par des experts et possiblement souhaité par les milliers de spectateurs.

Sagan se trouvait dans la roue du Français Alexis Vuillermoz (AG2R) lorsqu’il est apparu au centre de la chaussée à la ligne de 150 mètres, traversant de gauche à droite telle une Formule 1 trop puissante.

Malgré l’appui de sa formation, Van Avermaet ne pouvait que s’avouer vaincu, lui qui termine au 2e rang pour la troisième fois à Québec depuis 2013.

« Je prends le même résultat à Montréal avec dans l’ordre inverse », a-t-il commenté, espérant lui aussi réussir le doublé dimanche.

Le Colombien Rigoberto Uran (Cannondale), 2e du dernier Tour de France, a bien tenté le coup de la flamme rouge qui lui avait permis de gagner dans le dernier kilomètre en 2015, mais ses adversaires ont refusé de le laisser filer seul près du Château Frontenac.

Un scénario connu

Dès le premier tour, à peine quatre coureurs moins menaçants ont rapidement pris le large avec l’accord du peloton qui n’avait pas envie de gaspiller des cartouches trop tôt dans la journée.

Pier-André Côté (Équipe Canada), Tyler Williams (Cycling Academy) et Tosh Van Der Sande (Lotto-Soudal) se sont forgé une confortable avance de plus de neuf minutes, mais leurs efforts n’ont jamais inquiété les ténors. Le scénario semblait tracé d’avance et dans un dernier tour explosif, un groupe passablement réduit s’est présenté au pied de la bosse pour l’explication finale.

Sagan, qui a déjà gagné à Montréal en 2013, a refusé de prédire un second triomphe sur l’avenue du Parc. La météo s’annonce parfaite pour cette 2e épreuve autour du mont Royal. « À Montréal, la course est toujours imprévisible et il faut de la chance », a terminé le champion.

Une journée de rêve pour Côté

Le jeune cycliste de Lévis a passé trois heures en tête de course

À sa première expérience sur le circuit mondial, Pier-André Côté a passé plus de trois heures et 130 kilomètres en tête de course dans l’échappée du jour.

Âgé de 20 ans seulement, le jeune cycliste ne pouvait espérer mieux pour se faire connaître, même s’il n’a pas été en mesure de terminer l’épreuve. Au sein de l’équipe canadienne, on voulait absolument placer un jeune en développement dans le groupe de fuyards, et les circonstances ont voulu que le coureur local se distingue.

« C’était une super journée. Je me suis donné l’occasion de me démarquer. J’ai eu quelques petits pépins avec mon vélo, mais ce n’est pas une défaite. Je n’étais pas le plus costaud dans l’échappée. J’aurais probablement fait deux tours de moins si je n’avais pas eu la foule pour m’encourager. Je veux remercier tout le monde. C’était incroyable. »

Avec environ 70 kilomètres à faire, le cœur ne suffisait plus pour tenir le rythme et le jeune homme a passé la ligne en solitaire, sous les applaudissements de la foule.

Seule ombre au tableau, la mère du coureur, qui venait à peine de s’entretenir avec Le Journal quelques minutes plus tôt, a fait une chute sur le trottoir parmi les spectateurs, près de l’arrivée. « Elle s’est fracturé la cheville. Elle a un bon sang-froid. Je pense que c’est l’excitation », a ajouté l’athlète pendant que les secouristes stabilisaient la blessure.

Boivin déçu

De son côté, Guillaume Boivin semblait un peu déçu de sa performance minée par des ennuis mécaniques. Il rafle tout de même le titre de meilleur canadien.

« J’ai donné mon 110 %, mais j’ai manqué de jambes un peu à la fin. J’ai dû changer deux fois de bike dans les quatre derniers tours. Mon dérailleur a cessé de fonctionner. Ça m’a coûté cher. J’ai fait de mon mieux », a-t-il résumé.

À sa 7e participation, le vétéran de 38 ans Bruno Langlois était toujours présent dans le dernier tour.

« J’étais trop peureux et je n’ai pas été capable de me placer à la fin. J’ai voulu aider Antoine du mieux que je pouvais, mais ce n’était pas évident. Je sors quand même assez satisfait de la course. Les équipes sont vraiment bien organisées et ça va vite. C’est une course d’élimination et tout le monde a mal aux jambes. »

L’olympien Antoine Duchesne aurait également souhaité un meilleur résultat.

« Dans un final comme ça, quand ça arrive en gros peloton, je n’ai pas ce genre de puissance-là. C’est quand même une belle course pour l’équipe nationale », a expliqué celui qui a complété le Tour de France en 2016.

Grand Prix cycliste de Québec

  • Distance : 201,6 kilomètres
  • Vitesse moyenne : 40,25 km/h

Résultats :

1. Peter Sagan (SVK) Bora-Hansgrohe 5 :00 :31

2. Greg Van Avermaet (BEL) BMC Racing

3. Michael Matthews (AUS) Sunweb

4. Alexis Vuillermoz (FRA) AG2R

5. Tim Wellens (BEL) Lotto-Soudal

6. Tom-Jelte Slagter (NED) Cannondale-Drapac

7. Petr Vakoc (CZE) Quick-Step

8. Sep Vanmarcke (BEL) Cannondale-Drapac

9. Tony Gallopin (FRA) Lotto-Soudal

10. Sonny Colbrelli (ITA) Bahrain-Merida

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29. Guillaume Boivin (CAN) Cycling Academy

52. Bruno Langlois (CAN) Équipe Canada, à 17 secondes

56. Antoine Duchesne (CAN) Équipe Canada, à 25 secondes

Classement de la montagne :

Lukas Postlberger (AUT) Bora-Hansgrohe