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Un premier rôle de mère pour Karine Vanasse

Karine Vanasse
Photo courtoisie Pour la première fois de sa carrière, Karine Vanasse joue une mère dans le film Et au pire, on se mariera.

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Dix-huit ans après que Léa Pool lui eut confié son tout premier rôle au cinéma, dans le drame Emporte-moi, Karine Vanasse a retrouvé avec bonheur et émotion la cinéaste d’origine suisse sur le plateau de tournage du film Et au pire, on se mariera, dans lequel elle joue une mère pour la première fois de sa carrière.

« Ce qui est touchant, c’est que c’est Léa qui m’a donné naissance dans ce milieu-là en me donnant mon premier rôle au cinéma quand j’avais 13 ans. Et là, avec Et au pire, on se mariera, elle contribue à lancer un autre début de parcours en me confiant mon premier rôle de mère, souligne l’actrice de 33 ans.

« Je ne dis pas que je vais toujours jouer des mères à partir de maintenant. Mais c’est une nouvelle étape dans ma carrière. »

Dans Et au pire, on se mariera, Karine Vanasse se glisse donc dans la peau d’Isabelle, une mère monoparentale qui tente du mieux qu’elle peut d’élever sa fille Aïcha (Sophie Nélisse), une adolescente de 14 ans avec qui elle est toujours à couteaux tirés.

« Quand on joue un personnage, il y a forcément un travail de compréhension à faire, explique Karine Vanasse. Dans ce cas-ci, le défi pour moi était de comprendre cette femme avec son vécu et les choix qu’elle a faits dans sa vie. Et comme je ne suis pas mère, c’était aussi un travail de compréhension du rôle de parent en général.

« Pour ce personnage, j’ai beaucoup été portée par la volonté de ne pas juger ses choix. Il y a des choses qu’elle aurait pu faire pour aider sa fille, mais elle n’avait pas les ressources pour le faire. Il n’y avait pas de mauvaises intentions de sa part. On voit dans le film qu’elle fait tout ce qu’elle peut pour s’occuper de sa fille, mais en même temps elle est peu présente parce qu’elle doit travailler beaucoup pour ramener de l’argent à la maison. Il fallait que je me mette dans une position où je pouvais la comprendre de l’intérieur. »

Retrouvailles émouvantes

La cinéaste Léa Pool entourée de Sophie Nélisse et Karine Vanasse, les deux comédiennes principales de son film <i>Et au pire, on se mariera</i>.
Photo Ben Pelosse
La cinéaste Léa Pool entourée de Sophie Nélisse et Karine Vanasse, les deux comédiennes principales de son film Et au pire, on se mariera.

 

Karine Vanasse avoue qu’elle souhaitait depuis longtemps retravailler avec Léa Pool. « Je le pensais au fond de moi, mais je ne voulais pas avoir l’impression de téter une job non plus, lance-t-elle en riant.

« Donc, quand l’occasion s’est présentée, on a sauté dessus. J’étais à la fois intimidée et émue de retrouver Léa. C’était un mélange d’émotions. Léa, c’est elle qui m’a inconsciemment appris le langage cinématographique. L’importance de la vérité, le fait de ne pas forcer les scènes : toutes ces choses que j’ai apprises jeune proviennent d’elle. Elle a une façon de travailler à laquelle je réponds bien. »

Après avoir beaucoup travaillé à la télévision américaine au cours des dernières années, Karine Vanasse a effectué depuis quelques mois un retour au cinéma québécois. On l’a d’abord vue jouer la comédie cet été dans le film à succès De père en flic 2. Puis, dans quelques mois, on la retrouvera dans le drame Mr. Roach, du cinéaste Guy Édoin.

« Ce qui est le fun, c’est que ce sont tous des rôles très différents les uns des autres, observe-t-elle. Alors oui, je reviens au cinéma québécois, mais je n’ai pas l’impression que je vais être partout. Ce sont des projets différents et qui ont chacun des énergies différentes. J’aime aussi le fait que ce ne sont pas tous des personnages centraux. La pression est moins grande pour moi et ça me permet de jouer des rôles différents. »

► Le film Et au pire, on se mariera prend l’affiche vendredi 15 septembre.

Trois questions à Léa Pool

Karine Vanasse
Photo Ben Pelosse

1. Comment avez-vous découvert le roman Et au pire, on se mariera?

« C’est ma fille qui me l’a fait découvrir. Elle était sur le comité de lecture du prix des collégiens et elle avait cinq livres à lire. J’avais décidé de les lire aussi parce que je trouve que c’est une belle façon de communiquer avec son enfant. Après avoir lu Et au pire, on se mariera, elle m’a dit : lis celui-là, tu vas aimer. Je l’ai lu et je me suis tout de suite demandé comment ça pourrait faire un film. Je l’ai donc lu une seconde fois pour voir comment je pourrais l’adapter et j’ai senti que c’était quelque chose que je pouvais faire. J’ai donc décidé d’appeler l’auteure Sophie Bienvenu pour essayer de la convaincre. Elle a accepté de coscénariser le film avec moi. »

2. Pourquoi avoir confié le rôle principal du film à Sophie Nélisse?

« Je trouvais qu’elle avait en elle ce côté ado qui dit ce qu’elle pense qui correspondait bien au personnage. Elle avait aussi le profil physique du rôle : c’est une blonde aux yeux bleus comme le personnage du roman. Et puis, il faut le dire, la caméra l’aime. Mais il y avait des défis pour elle dans ce film. Je pense que c’est la première fois qu’elle a un rôle avec une si grosse gamme d’émotions. Ce n’est plus un rôle de petite fille. Je trouve que c’est une belle transition pour elle. »

3. Vous avez dirigé Karine Vanasse quand elle avait 13 ans pour le film Emporte-moi (sorti en 1999). Comment se sont déroulées les retrouvailles avec elle?

« J’avais très hâte de retravailler avec Karine. Je lui ai fait passer une audition, mais c’était pour la forme. Elle m’a persuadé en 30 secondes. C’est un rôle plus dramatique pour elle. D’abord, elle joue une mère pour la première fois, mais c’est aussi un rôle plus effacé pour elle. C’était intéressant de voir Karine dans un rôle qui n’est pas la star du film. Elle joue une femme et une mère ordinaire, d’une classe sociale un peu défavorisée. C’est quelque chose qu’elle n’avait pas souvent joué avant. »