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De «nerd» à globe-trotter

Charles V. Lemieux souhaite atteindre la Terre de Feu en vélo d’ici Noël

Au parc national de Yosemite, toujours chez l’Oncle Sam.
Photos courtoisie Au parc national de Yosemite, toujours chez l’Oncle Sam.

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Un géologue de Québec ayant troqué sa vie sédentaire pour les longs voyages à vélo a parcouru 26 500 kilomètres sur deux roues au cours des 15 derniers mois, un périple qui l’a mené de Limoilou au Pérou. Et ce n’est pas fini.

Armé de sa bicyclette, sa tente et quelques pièces de vêtements, Charles V. Lemieux a quitté la capitale le 15 avril 2016 dans l’objectif de rejoindre la Terre de Feu, à l’extrême sud du continent sud-américain.

Après avoir pédalé à travers 18 États américains, le Mexique, les pays d’Amérique centrale et la Colombie, le jeune homme de 29 ans a atteint il y a un mois le Pérou, où Le Journal l’a joint. Le cycliste compte rouler au moins jusqu’à Noël pour relever son défi.

 Le Québécois Charles V. Lemieux avec une famille, en Iran, il y a quelques années.
Photos courtoisie
Le Québécois Charles V. Lemieux avec une famille, en Iran, il y a quelques années.

« En toute liberté »

« Je prends mon temps. En vélo, c’est le meilleur moment de découvrir un pays ou une région, en toute liberté. Je campe n’importe où. Ici, j’ai pris un hôtel pour 5 $ la nuit. Je ne dépense pas beaucoup et j’ai toujours avec moi de l’eau, de la nourriture », lance le jeune homme, qui apprécie ce mode de vie.

S’il voyage principalement solo, Charles V. Lemieux a tout de même pu compter sur quelques partenaires improvisés en cours de route.

« Je rencontre beaucoup d’autres cyclistes par hasard qui font un peu comme moi. J’ai roulé les deux derniers jours avec un couple de Vancouver. En Amérique centrale, j’avais fait deux semaines avec un Américain », illustre-t-il.

Au Pérou.
Photos courtoisie
Au Pérou.

Un premier voyage à Vancouver

C’est un peu par hasard que le voyageur en est venu à se mettre au vélo. « Je ne faisais aucun sport quand j’étais jeune. Je faisais du Génie en herbes, le monde riait un peu de moi, j’étais le nerd qui apprenait les capitales », se souvient-il en riant.

À l’été 2009, alors qu’il termine le cégep, un ami lui propose d’aller à Vancouver. Sans le sou, le duo opte naïvement pour un moyen de transport économique : le vélo.

« Je n’avais pas monté sur mon bicycle depuis genre quatre ans. Je ne savais pas changer un flat », se souvient-il.

Une troisième personne se joint à eux. Sans préparation particulière, les camarades prennent la route et atteignent leur destination en 45 jours, à raison de quelque 120 kilomètres quotidiennement, « le vent dans la face ».

Au Mont Evans, aux États-Unis.
Photos courtoisie
Au Mont Evans, aux États-Unis.

Lancer son jonc

L’expérience, rocambolesque, a toutefois éveillé quelque chose en Charles V. Lemieux qui, dès la fin de ses études en génie géologique à l’Université Laval en 2013, a entrepris un second voyage à vélo. Son objectif ? Lancer son jonc d’ingénieur dans un cratère de gaz naturel en feu nommé « Les Portes de l’enfer » situé au Turkménistan, en Asie Centrale.

« Je voulais recréer l’histoire du Seigneur des Anneaux », pouffe-t-il. Le géologue atterrit à Lisbonne, au Portugal, et entame sa route. Il accomplit sa mission sept mois plus tard, après avoir roulé 11 000 kilomètres à travers 19 pays, dont l’Azerbaïdjan, l’Iran et l’Ouzbékistan.

Le retour à Limoilou, en avril 2014, s’est avéré plus difficile que prévu. « Après deux jours, je voulais repartir », confie-t-il. Il a plutôt cumulé les contrats de travail comme géologue durant deux années afin d’amasser des sous, avant de se lancer dans son actuel voyage.

Qu’en est-il du retour ? Charles V. Lemieux n’a pas de plan pour le moment. Il songe cependant déjà à revenir à la maison... en vélo. « Ça ajouterait un an à mon voyage par contre. On va voir ! », termine-t-il.