/news/green
Navigation

Coincées dans le hall de l’hôtel

Deux Québécoises ont vécu une fin de voyage qu’elles n’oublieront pas en raison de l’important ouragan

Des débris à perte de vue jonchent les rues de La Havane après qu’elles ont été inondées. Des Cubains s’affairent à ramasser les dégâts et tentent de dégager la chaussée.
Photo AFP Des débris à perte de vue jonchent les rues de La Havane après qu’elles ont été inondées. Des Cubains s’affairent à ramasser les dégâts et tentent de dégager la chaussée.

Coup d'oeil sur cet article

Une mère et sa fille, de Québec, se sentent abandonnées par leur compagnie aérienne à Varadero et elles ont vécu de longues heures d’angoisse confinées dans le hall d’entrée de leur hôtel à seulement 60 km de l’œil de l’ouragan Irma.

« L’angoisse de ne rien savoir de ce qui se passait à l’extérieur était présente dans le regard de tout le monde. On avait tous peur que quelque chose de pire se produise, mais nous avions des enfants avec nous. Personne ne voulait qu’ils s’inquiètent », raconte Mélina Dufour.

La femme de 20 ans est partie en voyage depuis deux semaines avec sa mère, France Thibault, avant l’apparition d’Irma. Elles devaient rentrer lundi.

Toutes deux étaient loin de se douter que leurs vacances au Bella Costa de Varadero allaient tourner au cauchemar, dit-elle.

Incapables d’embarquer à bord

Les deux femmes ont voulu se trouver un vol de retour vers Québec avec leur compagnie aérienne, Sunwing, lorsqu’elles ont entendu parler de la menace de l’ouragan Irma, mais il leur a été impossible de le faire.

« Au début, on nous disait de ne pas nous inquiéter et qu’Irma ne frapperait pas Varadero. [...] Après, il y a eu des vols, mais il fallait être sur une liste pour entrer dans l’avion. Nous avons tout essayé pour nous retrouver sur une liste, mais les vols étaient tous pleins et ils allaient à Toronto ou à Montréal », raconte Mélina, déçue la tournure des événements.

Lorsqu’elles ont appris qu’un dernier vol partait de Cuba pour Montréal samedi, elles ont tout tenté pour quitter l’île, sans succès.

12 heures dans le hall

« On a demandé si on pouvait embarquer. Ils ont dit non puisque l’avion allait à Montréal et nous à Québec. On leur a répondu que ce n’était pas grave, que nous allions nous arranger avec un autobus. L’avion est parti quand même », déplore la jeune femme, qui affirme que sa mère a même proposé de payer un montant supplémentaire pour s’assurer une place sur l’appareil.

La mère et sa fille se sont donc résignées à affronter l’ouragan.

Tous les clients de l’hôtel ont été confinés durant de longues heures dans le hall d’entrée, l’endroit le plus sécuritaire. Les employés de l’hôtel ont fourni des jeux pour passer le temps.

« Nous avons été secoués par les vents durant 36 heures. À cause du danger, nous n’avons pas pu sortir de l’hôtel durant une journée. Et pendant 12 heures nous sommes restés dans le hall sans pouvoir accéder à nos chambres », raconte Mélina Dufour.

L’hôtel Bella Costa de Varadero, où séjournait Mélina Dufour et France Thibault, a subi des dommages après le passage destructeur de l’ouragan.
Photo courtoisie, Mélina Dufour
L’hôtel Bella Costa de Varadero, où séjournait Mélina Dufour et France Thibault, a subi des dommages après le passage destructeur de l’ouragan.

Pouvant enfin sortir de leur hôtel après le passage destructeur de l’ouragan, qui était en catégorie 4, elles n’ont pu que constater les dégâts.

« Ce n’est plus un paysage de rêve, se désole la jeune femme. La structure de l’hôtel est en béton alors rien n’a bougé, mais des toits en tôle ont été arrachés, des infiltrations d’eau ont détruit des plafonds dans l’hôtel. Des palmiers et des arbres ont été déracinés, il y a des débris partout. »

Maintenant, elles espèrent seulement pouvoir revenir au Québec le plus rapidement possible.

L’aéroport de Varadero ouvrira brièvement aujourd’hui, ce qui permettra à Sunwing d’envoyer six vols de secours afin de rapatrier des voyageurs. L’un ira à Montréal et l’autre à Québec.

« Nous avons la confirmation que ces clientes [France Thibault et Mélina Dufour] sont prévues sur le vol de demain pour le retour à Québec », a indiqué par courriel hier soir Marie-Josée Carrière, directrice régionale marketing pour Sunwing.

Il a été impossible pour Sunwing de commenter la situation précise vécue par les deux femmes de Québec.

Ces dernières ne pensent pas rester clientes de cette compagnie aérienne à l’avenir.