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Dégâts moins importants que prévu

Les habitants de la Floride sont soulagés de constater que l’horreur annoncée ne s’est pas matérialisée

STORM-IRMA/
Photo Reuters Un pompier constate les dommages d’une résidence de la région de Vilano Beach, en Floride, après le passage de l’ouragan Irma.

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La vie reprend peu à peu son cours en Floride après le passage de l’ouragan Irma où la population se dit soulagée, malgré le paysage de « fin du monde » et l’absence d’électricité dans plusieurs secteurs.

Un peu partout sur la Côte Est, les arbres couchés, les feux tricolores hors service, les routes fermées ou les bateaux sous l’eau trahissaient le passage de la tempête lundi. Près de six millions de Floridiens étaient aussi encore sans électricité.

« Et il n’y a presque personne sur les routes, pas d’essence, et tout est fermé. C’est comme la fin du monde, même s’il n’y a pas de destruction massive, comme on pensait voir », lance Louise Gaudreault, au bout du fil.

La Québécoise et son mari, Bill Miller, avaient décidé de fuir leur maison du sud de la Floride, près de Miami, pour se réfugier à Atlanta, à plus de 1000 km au nord.

« Ça nous avait pris le triple de temps pour se rendre tellement il y avait du trafic », dit-elle.

C’est pourquoi ils ont décidé de rentrer à la maison avant tout le monde dès dimanche, équipés de six bidons d’essence. Lundi, ils ont parcouru plus de 800 km entre Charleston et Lake Worth, où ils demeurent.

« Partout, ils disent : “Ne vous déplacez pas, restez où vous êtes”... Mais quand ils vont donner le go, ça va faire du monde sur la route et ce sera la cohue dans les postes d’essence ».

Le couple n’a trouvé qu’une seule station d’essence fonctionnelle sur toute leur route, une fois rendu près de chez lui.

Les Floridiens qui tentaient de retourner chez eux ont aussi fait face à une circulation lourde en sens inverse, comme ici sur la I-4 près de Lake Buena Vista.
Photo AFP
Les Floridiens qui tentaient de retourner chez eux ont aussi fait face à une circulation lourde en sens inverse, comme ici sur la I-4 près de Lake Buena Vista.

35 heures enfermées

Plus au sud, à Lauderhill, trois amies québécoises en vacances ont paradoxalement passé la journée à profiter de la piscine et du soleil lundi, après avoir été 35 heures enfermées dans leur condo pendant le passage d’Irma.

« C’est surtout le bruit du vent qui est stressant, et les fenêtres qui cognent. C’était impossible de dormir. C’est agressant et vraiment intense », raconte Lyne Donahue.

Autour de leur demeure, de gros arbres ont été déracinés et des lampadaires sont tombés, mais rien de majeur, dit la femme.

Lundi, les gens se promenaient déjà dans les rues en auto, d’autres s’affairaient à ramasser les débris.

« La vie semble reprendre son cours », dit Mme Donahue.

Irma, désormais rétrogradée au rang de tempête tropicale, a touché terre tôt dimanche dans l’archipel des Keys en tant qu’ouragan de catégorie 4 sur une échelle de 5, laissant craindre le pire pour Miami. Mais en plus de s’être affaiblie et d’avoir frappé la péninsule floridienne en catégorie 3, Irma a viré vers l’ouest, se dirigeant vers le nord-ouest de la Floride.

« C’est spectaculaire, mais pas catastrophique », témoigne à l’AFP Roberto Cuneo, un habitant de Miami Beach de 41 ans, qui a fait le choix de rester sur place malgré les appels à évacuer des autorités locales.

Comme lui, d’autres habitants restés chez eux évaluent avec curiosité et un certain soulagement les dégâts, alors que l’eau commence à se retirer de cette mégapole du sud-est de la Floride.

Les équipes de nettoyage étaient quant à elles à l’œuvre depuis les premières heures de la journée pour débarrasser les rues des arbres, des postes d’électricité ou des panneaux de signalisation arrachés. Des vents allant jusqu’à 145 km/h ont balayé la ville.

Un résident constate les dommages à un bateau de la marina Dinner Key de Miami.
Photo AFP
Un résident constate les dommages à un bateau de la marina Dinner Key de Miami.

Moins de dégâts que prévu

Les prévisions établies vendredi par la firme Enki Research évaluaient les dégâts potentiels à quelque 100 milliards de dollars.

Lundi, Enki Research a réduit son estimation de la moitié, soit à 50 milliards de dollars.

De son côté, l’entreprise de modélisation des catastrophes Air Worldwide évaluait les coûts à environ 20 à 40 milliards de dollars, comparativement à 65 milliards initialement.

— Avec l’Agence France-Presse

L’eau passe à travers les murs

Des Québécois qui possèdent un condo situé à quelques mètres de la mer à Miami sont très inquiets de l’état dans lequel ils vont retrouver leur demeure.

« Comme il n’y a pas d’électricité dans le secteur, on a encore très peu de nouvelles », lance Pierre Mireault, qui réside en Floride quelques mois par année avec son épouse.

Selon lui, des voisins auraient eu des problèmes d’infiltration d’eau en raison des fortes pluies et des inondations qui ont ravagé le secteur.

« Il paraît que l’eau passait même à travers les murs », dit le retraité.

Sa sœur Solaya, qui habite les Keys depuis plusieurs années, a fui au Québec avant la tempête. Elle n’a aucune idée de ce qui reste de sa maison, puisqu’il n’y a pas moyen de joindre les gens sur place en raison des pannes d’électricité.

L’archipel situé au sud de la Floride a été durement frappé par le passage d’Irma. Des ponts qui relient les îles entre elles ont été endommagés.

« Nous avons vu des photos sur Facebook de bateaux écrasés sur les routes », raconte M. Mireault.

Les Keys sont fermées jusqu’à nouvel ordre et les résidents ne peuvent retourner chez eux.

« On se sent impuissant »

Malgré les arbres déracinés, les accumulations d’eau et les pannes d’électricité, un Québécois de Tampa est soulagé que la tempête n’ait pas causé plus de dommage.

« C’est la première fois que je vis ça. Maintenant, je sais c’est quoi un ouragan de force 2... et je n’ai pas vraiment envie de savoir ce que fait un ouragan de force 4 », assure Luc Langevin, qui vit en Floride depuis 3 ans.

L’ouragan Irma s’est affaibli avant de se rendre à Tampa, où les habitants ont finalement pu éviter la catastrophe.

« Ça reste une force de la nature incroyable... on se sent impuissant. Ça siffle dans les fenêtres, dans les portes et, au moindre petit soubresaut, on espère que tout va tenir en place, raconte l’homme, au bout du fil. C’est un stress énorme, qui commence bien avant l’arrivée de la tempête. »

Selon M. Langevein, Tampa a été épargnée d’inondations majeures, comme à Miami, grâce aux forts vents vers l’ouest qui ont repoussé l’eau en direction de l’océan.