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Bombardier contre Boeing: Theresa May appelle Trump... et rencontrera Trudeau

Bombardier contre Boeing: Theresa May appelle Trump... et rencontrera Trudeau
Photo AFP

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Attaqué devant la justice américaine par Boeing, Bombardier récolte des appuis jusqu’au Royaume-Uni. La première ministre britannique Theresa May est intervenue auprès du président Trump pour convaincre Boeing de laisser tomber sa plainte contre les avions C Series. Et elle rencontrera son homologue canadien Justin Trudeau, la semaine prochaine à Ottawa, pour la même raison.

C’est la course contre la montre chez les alliés de Bombardier, à deux semaines d’une décision du département du commerce des États-Unis.

La première ministre de Grande-Bretagne a demandé au président Donald Trump de s’impliquer afin d’en arriver à une entente entre Boeing et la québécoise Bombardier. Les composantes du C Series sont assemblées un peu partout dans le monde, notamment à Belfast, et c’est pourquoi Mme May a donné un coup de fil à son homologue américain.

May rencontrera Trudeau

Mais ce n'est pas tout. Mme May doit se rendre à Ottawa le 18 septembre, la semaine prochaine, où il sera notamment question du recours de Boeing, a confirmé le bureau de M. Trudeau au Journal.

L’entreprise emploie près de 4500 personnes dans cette région de l’Irlande du Nord, et en représente près de 10 % des exportations. Les conséquences pourraient être majeures pour l’économie locale, a fait valoir Mme May.

«Il s’agit d’un différent commercial, mais le gouvernement britannique travaille sans relâche pour protéger les activités de Bombardier et ses travailleurs spécialisés à Belfast», a indiqué un porte-parole du gouvernement.

«Des ministres de tout le gouvernement se sont engagés rapidement avec Boeing, Bombardier, les gouvernements américains et canadiens dans ce dossier. Notre priorité est d’encourager Boeing à laisser tomber sa plainte et à en arriver à une entente négociée avec Bombardier.»

Bombardier réagit

Bombardier, qui a sollicité des appuis partout, autant de la part de l'industrie que de leaders politiques dans sa lutte contre Boeing, s'est dit «encouragé» par les interventions de Mme May.

«Ce n’est pas étonnant que le gouvernement britannique se manifeste, compte tenu des milliers d’emplois et fournisseurs liés à Bombardier dans ce pays», a souligné le directeur des relations publiques de Bombardier Avions commerciaux, Bryan Tucker, en entrevue.

«L’implication de Mme May démontre l’importance de la situation. C’est une procédure non fondée et frivole de la part de Boeing, c’est une attaque de front envers l’innovation dans un secteur important pour l’économie du Canada et du Royaume-Uni, mais aussi aux États-Unis», a-t-il ajouté.

Rappel des faits

Pour rappel, Boeing reproche à Bombardier la vente de 75 avions C Series à Delta Airlines. L’avionneur américain affirme que le fabricant d’aéronefs québécois a vendu ses appareils sur le marché américain à des «prix absurdement bas», et affirme que Bombardier est en mesure de le faire en raison de subventions des gouvernements canadiens, britanniques et du Québec, ce qui violerait certaines lois.

Boeing s’est jusqu’à maintenant montré déterminé à poursuivre les procédures contre Bombardier. Le département du Commerce doit rendre une décision le 25 septembre. Elle pourrait condamner Bombardier à verser des droits compensatoires représentant jusqu'à 80 % du prix payé pour les avions par Delta.

L’industrie québécoise pourrait y goûter

La décision est une source de préoccupation majeure pour l’industrie aéronautique québécoise, qui est concentrée dans la région de Montréal. C’est non seulement Bombardier qui pourrait subir des conséquences néfastes de cette décision, mais aussi toute sa chaîne d’approvisionnement.

«L’industrie québécoise risque fort de sortir perdante de tout ça. L’imposition de droits compensatoires et une condamnation pour dumping (ventre à prix dérisoires), ce serait majeur ici», souligne Suzanne Benoît, présidente d’Aéro Montréal, la grappe aérospatiale québécoise.